Monde : Assurance-vie refusée à la famille d'un reporter japonais tué en Irak

Un tribunal de Tokyo a refusé, hier, d'accorder le bénéfice de l'assurance-vie à la famille d'un journaliste japonais assassiné en Irak, bien qu'il ait été tué dans une zone que le gouvernement japonais ne considère pas comme un théâtre de guerre.
Shizuke Hasida, un photographe indépendant de 61 ans, avait été tué le 27 mai 2004 en même temps que son neveu journaliste lors d'une attaque à la roquette contre sa voiture près de la ville de Samawa (sud), où sont stationnés quelque 600 militaires nippons dans le cadre d'une mission humanitaire. La famille de M. Hasida réclamait en justice à l'assureur AIU, filiale du groupe américain AIG, la somme de 10 millions de yens (74.200 euros) au titre de l'assurance- vie pour laquelle le reporter avait cotisé depuis septembre 2003. La plupart des contrats d'assurance-vie ne s'appliquent pas lorsque le titulaire court volontairement un risque exceptionnel, comme le fait de se rendre dans un pays en guerre. Mais les plaignants arguaient que la zone du sud de l'Irak où avaient été tués les deux journalistes est officiellement qualifiée de "zone non-combattante" par le gouvernement japonais. Le contingent nippon en Irak est tenu d'opérer dans un cadre "non-combattant et humanitaire" en raison de la Constitution de 1947 qui stipule que le Japon renonce à l'emploi de la force et au maintien de forces armées. Le juge Hiroyuki Shibata a rejeté l'argument de la famille, estimant que l'attaque contre les deux reporters avait eu lieu dans le cadre d'une "rébellion armée" destinée à renverser le gouvernement irakien soutenu par les Etats-Unis. Cinq Japonais ont été assassinés en Irak depuis le début de la guerre, dont un jeune routard pris en otage et décapité par des islamistes. Aucun, toutefois, ne portait l'uniforme.

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