Régions Centre : Le wali de Tizi-Ouzou se recueille sur la tombe de Matoub

Le wali de Tizi-Ouzou, Hocine Oudah, s’est recueilli sur la tombe de Matoub Lounès, mardi 18 octobre, au cours d’une tournée qu’il a effectuée dans la daïra de Béni Douala. Prenant prétexte d’une visite d’inspection d’une cantine scolaire de l’école, située en contrebas de la villa du chantre de l’amazighité, le wali s’est recueilli sur la tombe de Matoub après avoir passé en revue l’exposition permanente résumant la vie et l’œuvre de l’indomptable adversaire du pouvoir.
C’était une grande surprise pour beaucoup de ceux qui connaissent l’itinéraire militant de l’idole de la jeunesse kabyle, de ceux qui ont toujours en mémoire l’aversion qu’il nourrissait à l’égard des gouvernants qui, de leur côté, ne lui vouaient aucune sympathie, bien au contraire. Idem pour ceux qui n’oublient pas les accusations qui pesaient, proférées même çà et là, sur les relais du pouvoir concernant son assassinat. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, la sœur du défunt qui réclamait à cor et à cri la vérité sur l’assassinat de son frère, pointant un doigt accusateur y compris vers le pouvoir, s’est réconciliée avec les hommes au pouvoir n'hésitant pas à s’afficher aux côtés des plus hautes autorités dans des manifestations publiques. Matoub, dont l’assassinat reste une énigme en dépit et en raison de tout ce l’on a dit et écrit à ce propos, doit probablement se retourner dans sa tombe au vu du voile jeté sur son dossier et du dévoiement de son combat et de sa mémoire. Le Rebelle côtoie désormais à titre posthume par famille interposée, il est vrai, les ennemis de ses idéaux de liberté, de démocratie et surtout de l’amazighité. Les temps ont changé et les gens encore davantage. Quant aux autorités elles auraient tort de ne pas s’adapter sur le plan de la forme pour tirer le plus grand profit du nouveau contexte politique et social. N’a-t-on pas vu le chef du gouvernement, invité par ses interlocuteurs parmi les arouch, se recueillir sur la tombe de Massinissa Guermah, assassiné à l’intérieur de la brigade de la gendarmerie de Béni Douala alors pourquoi pas le wali sur la tombe de Matoub ? Ça aussi c’est la réconciliation, n’est-ce pas ? En marge de la visite d’inspection du wali dans la daïra de Béni Douala, le directeur de l’OPGI fait le point sur les dégradations enregistrées durant les évènements du Printemps noir, soit au total 118 logements, 70 à Béni Zemenzer et 20 à Aït-Mahmoud, dégradations portant sur la maçonnerie, les corps d’état secondaires et les toitures avec un coût des dégâts estimé à 42 940 000 DA. Sur les 118 logements réceptionnés entre 1998 et 2001, on compte 108 squattés jusqu’à ce jour, d’après la même source.
B. T.

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