Régions Centre : BOUMERDES
600 familles abandonnées à leur sort dans le chalet de Ouled-Haddadj


Les sinistrés du site de Ouled-Haddadj, dans l’ouest de la wilaya de Boumerdès, fustigent leur APC pour avoir délaissé les 600 chalets de ce site et les familles qui y habitent dans des problèmes d'hygiène, sans eau et sans éclairage. Un résidant des lieux n’a pas hésité à nous faire faire des dizaines de kilomètres pour nous montrer les lieux qui sont dans une situation déplorable.

Tout le site est cerné par de nombreuses décharges d’ordures : “C’est parce que les services communaux ne les enlèvent pas”, s’indigne l’un des sinistrés, qui précise : “Les habitants qui occupent les premiers chalets vivent le calvaire. Mouches, moustiques et odeurs nauséabondes sont leurs lots quotidiens.” Les ruelles du site sont par contre relativement propres mais la chaussée commence à ce détériorer à cause du manque d’entretien. A l’école en préfabriqué, les 470 élèves n’utilisent plus les sanitaires. “Par crainte de maladie parce que l’établissement comme les chalets d’ailleurs sont sans eau depuis longtemps. De même que les ordures sont brûlées sur place à l’intérieur de la cour”, nous confie un enseignant. Les 470 enfants s’entassent dans 6 salles seulement. La cinquième année compte 56 élèves, dit le maître. Effectivement, à certaines tables, les élèves sont à trois. Cela dénote si besoin est les mauvaises prévisions avant la construction de cette école. Alors que nous sortions de l’école, un chauffard, à la mine qui terrorisera même un adolescent, passe en trombe au volant de sa Fiat Punto devant l’école. Il passe à toute vitesse sur une mare d’eau et la boue que son véhicule a giclée a éclaboussé deux petites filles qui étaient obligées de rentrer chez elles pour se changer. De même qu’il a “raté” de peu de faucher deux fillettes et un père de famille accompagné de son enfant de deux ans. Ce sinistre personnage qui occupe un chalet sur ce site a été, selon le gardien, averti plusieurs fois : “Il finira par commettre l’irréparable si les services de sécurité ne font rien”, ajoute un enseignant. Les occupants de ce camp provisoire sont des sinistrés des communes de Ouled-Heddadj, Ouled- Moussa, Corso et Boumerdès ainsi que des cas sociaux. Pour certains, selon nos hôtes, leurs anciens logements, classés orange 4, n’ont pas été réparés à ce jour. En tout cas, le passager constatera sans difficulté que les hébergés de ces chalets vivent quotidiennement des difficultés de salubrité qui se répercuteront fatalement sur leur santé et celle de leur progéniture si rien n’est fait rapidement.

Où sont les bienfaiteurs ?
Mis à part l’initiative du promoteur immobilier, M. Ysref, en l’occurrence, qui a ouvert un restaurant à Chabet El- Ameur, il semblerait, selon les informations recueillies auprès du Croissant-Rouge algérien et la Direction de l’assistance sociale de Boumerdès (DAS), qu’a priori, cette année en ce mois de rahma et de ferveur religieuse, les bienfaiteurs se font rares. Le mouvement associatif marque le pas et l’administration, qui dispose de l’argent du budget de l’Etat, est pour ainsi dire seule cette année à essayer de colmater un tant soit peu la brèche béante de la pauvreté particulièrement durant le mois sacré du Ramadhan. Il semblerait en outre que certaines APC, qui ont été, selon nos informations, rappelées à l’ordre par deux fois par le wali, se désintéressent des cas des familles démunies. Et pour cause, au quatorzième jour du mois de jeûne, seuls 4737 couffins du Ramadhan, moins de 50 % du chiffre prévu, ont été remis aux familles nécessiteuses. Le coût serait de 10.046.985 DA. En la matière, il est loisible aux collectivités locales de convenir de la composition de ce couffin. De son côté, la direction des affaires religieuses, toujours dans le cadre de la solidarité du mois sacré, a remis un chèque de 4000 DA à chacune des 847 familles. Cet argent provient, rappelons-le, du fonds de la zakat. Concernant les restaurants Rahma, 6 sont ouverts en collaboration avec l’administration et le Croissant-Rouge algérien. Les principales villes de la wilaya sont ciblées. A cela, s’ajoute celui de Chabet pris en charge par le promoteur cité plus haut et un deuxième ouvert au chef-lieu de la wilaya par l’association, réputée proche du HMS, El Islah. Ces restaurants ont servi au 13e jours du jeûne 18 537 repas sur place et 17 229 emportés par les familles dans le besoin. Selon le président du CRA, l’année passée 11 restaurants avaient été ouverts et avaient servi 298 000 repas durant tout le mois. Donc pour cette année, une diminution est à prévoir et ce n’est pourtant pas le besoin qui s’amoindrit : “Nous n’arrivons pas à satisfaire tout le monde”, nous ont affirmé les responsables du CRA. Plus inquiétant encore les dons réceptionnés au niveau de ces restaurants sont insignifiants laissant perplexes les responsables de la DAS et ceux du CRA. Or, nous avions eu à le constater, les années précédentes, ces dons étaient plus importants. Les riches promoteurs immobiliers et entrepreneurs, les industriels de la région, les entreprises publiques et privées n’ont jusqu’à présent pas été d’un grand secours. Pourtant, la majorité d’entre eux s’enrichissent grâce aux marchés que leur confie l’administration de la wilaya et les collectivités locales.
Abachi L.

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable