Corruptions : Les tentations des autorités algériennes

En Algérie et depuis quelques années déjà, le dossier de la biométrie, de l’introduction de cartes d’identité nationale “protégées” et de passeports “infalsifiables” est évoqué régulièrement mais avec beaucoup de discrétion. La donne sécuritaire, le crime organisé, la lutte contre le terrorisme, l’assainissement du fichier de la police et la “modernisation” de l’administration — autant de prétextes et d’alibis —, sont toujours mis en avant pour justifier le lancement de ce chantier.
C’est un marché juteux et les caisses de l’État débordent. L’aubaine est unique pour la faune des intermédiaires internationaux qui circule dans les coulisses du pouvoir et frappent à toutes les bonnes portes pour rafler l’énorme mise. Il y a quelques jours encore, un quotidien annonçait en une que les pourparlers étaient même assez avancés avec une firme américaine pour la réalisation de passeports du 3e millénaire ! Est-ce la même société que celle qu’a choisie — via le gré à gré —, le ministère marocain de l’Intérieur (voir article ci-contre) ? Le gouvernement de Busch a un sens très aigu des affaires, faisant fi de toute transparence et se servant des menaces terroristes, pour faire du lobbying pour les entreprises américaines spécialisées en biométrie. Différentes sources font état de la présence active en Algérie de grandes entreprises internationales maîtrisant ce créneau, et les “puissants du moment” au niveau du pouvoir ne cachent pas leur intérêt pour l’attribution du marché, comme beaucoup d’autres grands marchés d’ailleurs, d’autant plus que le gré à gré risque d’être la règle. Il faut bien dépenser les 55 milliards de dollars du programme dit de relance économique. Le scandale qui vient d’éclabousser le Maroc ne va pas changer grand-chose à la donne. Dossier sensible.
Djilali Hadjadj

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