Régions Centre : TIZI OUZOU
“La fièvre aviaire médiatique est en train de tuer les éleveurs”


Baisse drastique des ventes de 70%, d’après certaines estimations, chute des prix, encombrement du marché, durée de vie prolongée de 60 à 90 jours sur site parfois sans alimentation, saisies de la production des éleveurs non agréés, anarchie totale d’un bout à l’autre de la filière où l’on compte, entre autres, 90% d’éleveurs non agréés, des producteurs d’aliments dans la même situation, un marché entre les mains des trabendistes qui imposent leur loi...
La filière aviaire traverse une crise grave qui n’a pas l’air d’inquiéter les pouvoirs publics laissant tout le poids de la grippe aviaire annoncée comme inéluctable, par l’inspecteur vétérinaire de Tizi-Ouzou, tomber sur le dos des éleveurs qui ne savent pas quoi faire avec leur production avant même que la maladie ne soit déclarée. Ils menaceraient même de jeter la volaille dans la rue d’après deux médecins vétérinaires, les docteurs Aït El Hadj et Lakhal, qui dénoncent “l’instrumentalisation de la peur pour mettre en place une réglementation absente depuis des décennies”. Celle-ci doit être “repensée et mise en adéquation avec le progrès scientifiques et les réalités du terrain de sorte que les éleveurs puissent la vivre dans la souplesse”, ajoutent nos deux interlocuteurs. Les progrès scientifiques permettent de réduire les délais de désinfection des poulaillers de 15 à 30 jours, signalent à titre d’exemple d’adaptation, les deux vétérinaires qui soulignent la nécessité pour l’Etat de mettre en place les moyens matériels, humains et financiers capables de juguler la crise et de régulariser les éleveurs. Dans cette optique et devant l’impossibilité pour les vétérinaires fonctionnaires de faire face à l’ampleur de la tâche, ils suggèrent un conventionnement des vétérinaires installés à titre privé. Il faut, disent-ils, par ailleurs, un plan de lutte contre la grippe aviaire, à savoir des groupements de défense sanitaire, des incinérateurs, des abattoirs ambulants pour gazage des volailles, les moyens pour récupérer les déchets. Et par-dessus tout rendre tous les moyens de cette lutte sans frontière de sorte à ce que les pays pauvres puissent en bénéficier sachant que la menace est planétaire. Un fonds de solidarité destiné, dans l’immédiat, à alléger les pertes qui pourraient être occasionnées aux éleveurs, à les soutenir dans la mise en place des installations répondant aux normes, à protéger les emplois directs et indirects, est préconisé par nos deux interlocuteurs qui proposent, par ailleurs, un fonds de régulation ayant pour mission d’agir sur la mercuriale du poulet, intervenant à chaque fois que les prix dérivent vers une chute dangereuse ou une hausse vertigineuse. Faisant allusion à la grève de la faim des éleveurs promoteurs dan le cadre du financement triangulaire Ansej-banques et apport personnel suite aux difficultés que rencontrent les jeunes promoteurs dans le cadre du FNDA. Les vétérinaires affirment que l’environnement administratif et sanitaire actuel compromet la rentabilité des investissements.
B. T.

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