Culture : LILIANE RASPAIL A LA LIBRAIRIE INTERNATIONALE CHIHAB
Du pays des volcans au mont des Aurès


Liliane Raspail ressemble à ces villes cosmopolites : elle est chaouia de cœur, française de langue et algérofrançaise dans l’âme. Ecrivaine aux heures tardives de sa vie, Liliane Raspail aime se balader dans sa vie comme elle aime à visiter La Chemora, son village natal, situé à 50 kilomètres de Batna.

“J’ai beaucoup souffert d’avoir quitté l’Algérie après les années de terreur qu’a vécues ce pays”, a-t-elle indiqué avant-hier lors de la rencontre organisée à la librairie internationale Chihab. Ses souffrances et ses nostalgies comme ses souvenirs, elle les raconte dans son roman autobiographique Fille de Chemora,paru récemment à Casbah Editions. Avec ce livre, “j’ai vraiment retrouvé mon enfance et mon bled”, a-t-elle souligné. S’agissant de son roman, Liliane Raspail raconte son histoire qui a commencé avec ses grands-parents Pauline et Michel, venus de leur Auvergne natale chercher fortune dans les Aurès en 1919. C’est aussi la vie de sa mère Jeanne, qui est arrivée dans ce pays à l’âge de 9 ans. Elle y a grandi, s’y est mariée et vit un amour impossible. Cette histoire d’amour “maudite”, Liliane la raconte dans La Chaouia d’Auvergne, un autre roman autobiographique. Dans Fille de Chemora, c’est surtout l’histoire de Sylviane Rescot (baptisée Liamna) que Liliane dévoile. D’ailleurs ce personnage lui ressemble trait par trait. Cette Liliane, aujourd’hui reconvertie en écrivaine, est née sous le signe du Poissons dans les Aurès. Elle connaîtra très jeune un double déchirement. A douze ans, elle assiste au divorce de ses parents et quitte l’Algérie pour l’Auvergne en compagnie de sa mère, sa grand-mère et sa sœur, pour y revenir ensuite en 1958. Ce retour a été effectué dans le dessein de sauver son couple. Néanmoins, elle fait aussi son choix et contrairement à Albert Camus qui choisit sa mère à la justice, Liliane choisit d’embrasser la cause des Algériens. Actuellement Liliane continue de vivre comme écartelée, entre la France, le pays de ses grands-parents, et l’Algérie, son pays natal. Avec cette matière brute, Liliane Raspail envisage de réaliser un film. Pour ce faire, elle lance d’ores et déjà un appel à tous les producteurs intéressés par ce projet.
Hakim C

Liliane Raspail, autrice de Fille de Chemora,
prix : 450 DA paru à Casbah Editions (2005),
présentera son ouvrage, mercredi 14 décembre à 17h,
à la bibliothèque du Palais de la culture.





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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2005/12/08/article.php?sid=31631&cid=16