Actualités : Viande hallal
HOLLANDE, ESPAGNE, FRANCE,... ET PAYS ARABES
Escroqueries et fraudes au nom de l’islam
De notre envoyé spécial à La Haye, Amine Boulanouar


Comment réagiraient les musulmans d’Europe quand ils sauront que ce qu’ils consomment en guise de viandes dites “hallal” est une pure tromperie, une vaste escroquerie dont sont aussi victimes les populations d’autres pays arabes et/ou musulmans ?

En ces temps de tensions et de crise, quelle serait la réaction des musulmans de France s’ils découvraient que les viandes qu’ils consomment n’ont rien de hallal et sont très loin de constituer une alimentation saine ? Sachant l’embrasement qu’ont connu les banlieues, ces deux questions permettent de toucher du doigt une réalité amère qui n’augure pas de lendemains sereins partout où la viande est cédée au nom du hallal. Des observateurs avertis estiment que cette question du hallal n’est rien moins qu’un cadeau en forme de bâton de dynamite offert aux intégristes et aux extrémistes. De la dynamite dont aucune autorité vétérinaire, de contrôle ou autre, que ce soit en Hollande, en Espagne ou en France n’a conscience. Selon certains, ces dernières seraient des complices passifs dont l’alimentation consommée par les musulmans est le dernier de leurs soucis. Amer et douloureux constat. Des millions de Musulmans — nous écrivons bien des millions de musulmans puisque plusieurs pays arabes et/ou musulmans sont concernés — sont abusés et trompés jusqu’à l’os par de grands distributeurs (supermarchés...) qui leur vendent des viandes (bovine, ovine, volailles...) et des produits surgelés (steaks hachés, etc.) et par des fournisseurs hollandais et espagnols — (il en existe dans d’autres pays sur lesquels nous reviendrons prochainement) — qui soutiennent mordicus, en exhibant de faux certificats (fournis par des sociétés dites de contrôle complices), que les bœufs et moutons sont abattus selon le rite musulman mais qui — nous l’avons constaté de visu — sont bel et bien tués en usant de pistolets pneumatiques. Ensuite les carcasses sont estampillées hallal. Aucun scrupule, aucune retenue, aucun respect ou considération non seulement pour le consommateur musulman mais aussi pour tous les consommateurs floués, car il faut savoir que la plupart des viandes prétendument et abusivement déclarées “production de France” proviennent des abattoirs d’Espagne et de Hollande où le prix d’achat est beaucoup plus bas qu’en France. Ce n’est pas seulement le profit, le gain et l’enrichissement qui sont à la base de la démarche frauduleuse et de l’escroquerie à large échelle mais aussi la fourniture, indirectement, de l’argent sale à des officines, à des partis politiques extrémistes, qui ont besoin de fric. Dès que des investigations sérieuses seront effectuées pour découvrir “qui manipule ceux qui brûlent les banlieues”, il ne faudrait pas s’étonner de savoir que l’argent qui est attribué aux pyromanes a pour source les abattoirs. D’abord des chiffres (fournis par le bureau de contrôle hollandais Hallal correct) : la consommation mondiale de viande hallal ou dite hallal dépasse les 150 milliards de dollars, celle du marché européen avoisine les 18 milliards de dollars. En France, 3 milliards d’euros de consommation pour environ 5 millions de musulmans. En Hollande où résident presque 1 million de musulmans, le chiffre de la consommation excède le 1,5 milliard d’euros, (la moitié comparativement à la France où résident cinq fois plus de musulmans. Il faut surtout préciser, pour bien saisir l’enjeu, qu’il s’agit surtout de viandes destinées à l’exportation tant vers la France, essentiellement, que vers les pays arabes et/ou musulmans perméables à souhait qui font ainsi ingurgiter à leurs populations des produits non seulement illicites mais aussi dont ne voudraient ni les chiens ni les chats. Une supercherie. Une fraude qui n’épargne ni le consommateur ni le petit boucher du quartier d’à-côté. Une super-tromperie planifiée, organisée et exécutée au nom de l’Islam. Comment ? L’astuce est très simple. L’entreprise française qui produit, par exemple, des steaks hachés se fournit en matière première, c’est-à-dire en viande, auprès d’un fournisseur hollandais ou espagnol (le coût d’achat est plus bas qu’en France). Mais comment faire pour certifier au consommateur musulman d’Italie, de France, de Dubaï, ou d’Arabie Saoudite que cette viande est hallal (c’est-à-dire que l’animal est sacrifié par un musulman qui prononce le nom d’Allah en orientant la bête en direction de la kaâba, en utilisant un couteau nettoyé et aiguisé pour éviter la souffrance de l’animal, et en veillant aussi que cet animal soit sain, non porteur de maladies). Comment agir pour user et abuser de la confiance du consommateur ? Très simple. S’allier à un bureau de contrôle de viande hallal. Et le tour est joué. Une convention est établie. Ce bureau délivre une carte de sacrificateur à n’importe quel individu qui se prétend musulman, lequel est recruté par le fournisseur (donc il se soumet à ses desiderata). Ensuite, ce même bureau désigne un contrôleur qui devra se déplacer dans les abattoirs du fournisseur (mais qui le fait très rarement sinon jamais, tel que nous l’avons constaté au nord d’Amsterdam) et attribue des certificats de viande hallal absolument vierges cachés en très grande quantité chez le fournisseur. Une fois la marchandise prête à l’exportation, le même fournisseur complète le certificat que le pseudo-sacrificateur signe et transmet à l’industriel producteur de produits élaborés qui dispose ainsi de toutes les preuves que la marchandise vendue dans les supermarchés est bel et bien hallal. Mais la réalité est tout autre. Nous l’avons constaté chez Brada qui est l’un des plus grands fournisseurs en viande d’industriels français lesquels à leur tour alimentent les grands distributeurs. Réseau de fraudeurs, filières de la tromperie qui ne sont motivés que par le profit, pire “les produits commercialisés sont de qualité défaillante et représentent un risque potentiel pour le consommateur”. La preuve de l’absence de hallal est contenue dans les propos de Bastian Otthrloo, le responsable commercial, qui nous fait visiter l’abattoir en déclarant : “(...) Pour éviter que l’animal ne se débatte et pour alléger ses souffrances, nous l’abattons à l’aide d’un pistolet pneumatique, et quelques instants après, il est accroché à des rails et poussé en direction du Turc qui, lui, découpe la tête...”. Bastian, Brada, les industriels et distributeurs appellent cela du hallal !!! Dans quelques instants, il sera aisé de constater qu’il n’existe aucun hallal chez Brada. Plutôt qu’une bête vivante soumise à l’égorgement, ici ce sont des bêtes abattues au pistolet pneumatique — donc des bêtes mortes — auxquelles on coupe la tête et ensuite les autres parties de la carcasse. Pratiques contraires aux préceptes de l’Islam et donc illicites. Mais Brada et ses complices industriels de la viande et distributeurs trouveront la parade en s’alliant à d’autres complices que sont des pseudo-sociétés de contrôle de la viande hallal qui leur délivrent à gogo des certificats de hallal moyennant ristourne. Il faut savoir qu’il ne s’agit pas dans ce genre d’“affaires” de quelques centaines d’euros mais de millions d’euros comme enjeu. Tout sera fait pour nous éviter de nous entretenir avec ce Turc. Cela sera même inutile puisque les propos de Otthrloo constituent une révélation de taille puisqu’il affirme que la tête de l’animal est découpée (il ne s’agit pas dégorgement conforme au rite islamique) après qu’il soit abattu, c’est-à-dire mort, c’est-à-dire loin d’être hallal. L’entreprise Brada est implantée dans la ville de Damwoude, à 150 kilomètres au nord d’Amsterdam. Nous y entrons comme dans un moulin grâce à l’aide d’un compatriote qui arguait venir y effectuer des commandes. On y verra tout, sauf le lieu exact d’abattage. Caché, préservé, protégé. On se croirait dans un espace de nucléaire. Des centaines de carcasses sont alignées côte à côte. Des demi-carcasses qui permettent de constater une chair flasque qui n’invite pas à la consommation. Des quarts de carcasses qui ne cachent pas l’âge de l’animal. “1 an, 15 ans, tiens celle-là a mis bas plusieurs fois”, confie notre accompagnateur. Il n’a pas besoin de s’étaler en explications. La chaîne d’abattage en ellemême est une preuve flagrante de l’escroquerie. Des animaux carrément non destinés à la consommation humaine. Que font les services vétérinaires hollandais ? “Le patron a le bras long”, confie-t-on à demimot. Les frigos, les rails suspendus, les tables, les bassines métalliques débordent de viande. Une puanteur suffocante. Sur environ 60 travailleurs, “pas un seul musulman”. Nous escaladons des escaliers en colimaçon. Et là, on domine la fraude, la supercherie, la tromperie dans sa grandeur, l’abus de confiance dont sont victimes des millions de musulmans. Là, tout se fait par hasard, nous assistons à l’abattage. Bastian est sous tension, il devient rouge, il veut détourner nos regards des bœufs que l’on tue. Bel et bien une tuerie. Rien d’un égorgement hallal. Il tourne et se retourne. Il étouffe de rage. On croirait même qu’il désire nous balancer à travers la rampe d’escalier afin de ne rien voir. Mais on voit tout : un bœuf est ramené de quelque part. Vite, un employé lui place un matador (c’est le nom exact du pistolet pneumatique) entre les yeux. Une détonation. L’animal s’affale. Mort. Puis accroché à des rails suspendus. Il ne bouge plus. Environ 20 mètres et le fameux Turc lui coupe la tête. Puis au bout de quelques instants l’animal est transformé en quartiers de chair. De tels propos sont déjà tenus à La Haye, dans deux mosquées, où la viande dite hallal fait l’objet non seulement de controverses mais surtout de réactions virulentes qui n’excluent pas de prochaines violences. Ces deux espaces sont étroitement surveillés par les services de sécurité hollandais qui ne quittent ni des yeux ni des oreilles un certain prédicateur salafiste du nom de Fawaz Jneid lequel ne manque pas de chauffer les esprits. Par leur passivité, face à ce qui se passe dans les abattoirs hollandais, les différents services (vétérinaires, répression des fraudes, ...) hollandais lui donnent matière à enflammer la foule. Une aubaine pour lui. Un cadeau aussi. Même si la communauté musulmane a tous les droits de réagir, de ne pas se laisser abuser, il serait préférable pour éviter d’autres amalgames, qu’elle le fasse par ses propres soins... Au nom du hallal, c’est la tromperie et la fraude généralisées. Et au nom du hallal, il n’est pas à exclure un embrasement généralisé. Marginalisés, exclus, les jeunes musulmans d’Europe, qui ont tant vu leurs parents exploités et usés, ne supportent pas d’être leurrés dans leur religion. Le faux hallal est bel et bien une étincelle. En quelques mots, des jeunes sans espoir, sans avenir qui se réfugient dans la religion peuvent devenir un jour des kamikazes. Pour certains, c’est déjà un djihad à l’encontre des entreprises qui fraudent et escroquent au nom de l’islam. Pour d’autres, c’est une façon de se faire justice soi-même car “ces escrocs et ces fraudeurs sont soutenus par le pouvoir”. De telles pratiques constituent un catalyseur à des réactions incontournables, si les autorités de Hollande, de France, d’Espagne..., ne prennent pas le... bœuf par les cornes. Qui contrôle qui ? Quelle est l’origine de la viande vendue en France ou ailleurs ? Où va l’argent du “hallal” ?... Des questions sans réponses qui interpellent les services de contrôle, du fisc...
A. B.

FAOUAZ JNEIDI (PREDICATEUR SALAFISTE ET IMAM A LA HAYE)
“Ce n’est pas hallal”

Installé depuis 13 ans en Hollande, l’homme s’est construit une réputation bâtie sur la virulence. Il est un tribun hors-pair formé en Arabie Saoudite. Pour ce qui est de la viande hallal ses propos ne laissent pas indifférents.
Quel commentaire faites-vous à propos de la viande hallal ?

Pour que la viande soit hallal, le sacrificateur doit être obligatoirement un croyant en Allah. Qu’il soit musulman, chrétien ou juif, cela n’est pas important. L’essentiel est qu’il croit en Allah. Je sais que pour ce qui concerne l’abattage des bœufs, il est utilisé un pistolet pneumatique. Là, en Hollande, pays laïque, il n’existe pas de conditions se rapportant à la religion en matière d’abattage, la conviction religieuse de celui qui procède à l’abattage n’importe pas. En ce qui concerne la viande hallal, l’abattage est licite lorsque après utilisation du pistolet pneumatique, ou de l’électronarcose, l’animal est toujours vivant avant d’être égorgé. Mais si l’animal meurt après utilisation du pistolet pneumatique ou de l’électronarcose avant d’être égorgé alors sa viande est illicite pour sa consommation. Donc le contrôle doit s’effectuer au sein même de l’abattoir. Je confirme que toute viande est illicite à la consommation si elle provient d’un animal mort avant son égorgement. Cela est très clair dans le Coran. Allah interdit entre autres la consommation de la viande d’un animal mort. La yadjouz de consommer la viande d’un animal mort que l’on égorge.
Vous ne dites pas si le sacrificateur doit prononcer bismi Allah au moment de l’égorgement.
Si le sacrificateur est musulman, il doit dire bismi Allah avant l’égorgement sauf s’il a oublié. Mais si le sacrificateur est chrétien ou juif, bismi Allah ne devient pas une obligation mais la viande est quand même hallal.
Et en ce qui concerne l’orientation de l’animal en direction de La Mecque avant son égorgement ?

Ce n’est pas une obligation. Des spécialistes l’on évoquée, mais sans preuves. L’orientation de l’animal vers la kaâba n’est pas une obligation.
Propos recueillis par A. B.





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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2005/12/12/article.php?sid=31763&cid=2