Régions Centre : YAKOUREN
Un lycée dans tous ses états


En attendant de prendre possession du nouveau lycée dès la prochaine rentrée scolaire, la communauté scolaire de la commune de Yakouren souffre le martyre dans ce qui lui sert d’établissement depuis quinze ans. Les 800 élèves répartis à 45 par classe et les 32 professeurs de ce lycée, doté d’un internat filles, vivent dans des conditions impossibles faisant contre mauvaise fortune bon cœur ; en témoigne l’ambiance de travail jugée tout de même “exceptionnelle” par les enseignants.
Ce qui leur sert de salles de classe n’est épargné ni par l’hiver ni par l’été. Les 10 salles en préfabriqué, dans lesquelles on suffoque de chaleur et on gèle de froid, témoignent les professeurs, ont failli céder sous le poids de la neige l’hiver dernier n’était l’intervention des citoyens qui ont déneigé à temps la toiture. La situation des 10 autres salles de classe, arrachées à une ancienne structure coloniale ayant servi d’auberge de jeunesse qualifiée et de “grotte” par un professeur, allusion à l’ouverture percée dans la muraille en guise d’entrée, n’est guère plus reluisante. “La pluie tombe comme si on était dehors”, soutient un jeune professeur qui cite l’exemple d’une collègue qui aurait chopé une maladie chronique suite au froid glacial qui règne dans ces classes non épargnées par les pannes de chauffage. “Eternel chantier”, l’infrastructure contraint le personnel, dont le chef d’établissement, à des tâches d’hommes à tout faire pour parer au plus pressé, affirment nos interlocuteurs. Dangereuse pour la pratique sportive, l’aire de jeux est la cause de nombreux accidents survenus aux élèves. D’ailleurs le sport est aléatoire de novembre à mars, confient-ils. Avec seulement deux sanitaires pour 130 filles, l’internat fait aussi figure de parent pauvre de la structure ! Yakouren étant réputée pour ses pénuries d’eau, les jeunes filles ont droit à un bidon de 5l d’eau le soir et un autre le matin, le lycée étant alimenté par citerne. Seule éclaircie pour cet établissement, 34 PC et la connexion au réseau Internet. La satisfaction vient également des résultats jugés relativement bons par les professeurs compte tenu des conditions de travail. La direction se plient en quatre pour se mettre au diapason s’agissant des programmes et du volet pédagogique. En sus de toutes ces tribulations, les professeurs se plaignent du retard dans le payement des arriérés et des salaires pour certains d’entre eux (quatre stagiaires et une dizaine de vacataires dont certains ne sont pas en poste), allant de 2 mois à 4 ans, soutiennent-ils. Vivement la rentrée prochaine, entonnent- ils alors à l’unisson.
S. H.

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable