Actualités : VIANDE HALLAL
IRLANDE, FRANCE, ALLEMAGNE, BELGIQUE,... PAYS MUSULMANS
La mafia du faux hallal (I)
Enquête de Amine-Marouane BOULANOUAR


En l’absence d’une réglementation, des individus qui se sont autoproclamés contrôleurs de viande hallal, sans scrupules et sans respect pour des millions de musulmans d’Europe et d’ailleurs, entretiennent une vaste tromperie qui leur rapporte des milliards d’euros depuis des années. Ces fraudeurs et escrocs ont créé des associations ou des sociétés arborant tantôt le logo d’un minaret, tantôt le nom de l’islam puis délivrent contre une “taxe hallal” de vrais faux certificats de viande hallal sans contrôle d’abattage qui a lieu souvent à des centaines de kilomètres de leurs bureaux. Cette entreprise de tromperie au nom de l’islam est constituée de filières, de réseaux et de connexions qui agissent au vu et au su des pouvoirs publics de France et d’ailleurs ligotés par la loi de la laïcité.

Au cours de cette enquête, nous avons trouvé dans des abattoirs de Hollande, de Belgique... des centaines de ces “certificats de viande hallal” signés à blanc, avant même les abattages et prêts à l’emploi. L’Algérie qui importe d’Allemagne, d’Irlande et de France des viandes ovine et bovine, des produits élaborés (pâtés et cachir) est-elle concernée par cette tromperie ? Nous publions à partir d’aujourd’hui les chapitres de la deuxième partie de cette enquête (la première partie ayant été publiée le 12 décembre dernier) qui en comporte trois. La dernière partie sera publiée prochainement.

En l’absence d’une réglementation, des individus, qui se sont autoproclamés contrôleurs de viande hallal, sans scrupules et sans respect pour des millions de musulmans d’Europe et d’ailleurs, entretiennent une vaste tromperie qui leur rapporte des milliards d’euros depuis des années. Ces fraudeurs et escrocs ont créé des associations ou des sociétés arborant tantôt le logo d’un minaret, tantôt le nom de l’islam puis délivrent contre une “taxe hallal” de vrais faux certificats de viande hallal sans contrôle d’abattage qui a lieu souvent à des centaines de kilomètres de leurs bureaux. Cette entreprise de tromperie au nom de l’islam est constituée de filières, de réseaux et de connexions qui agissent au vu et au su des pouvoirs publics de France et d’ailleurs ligotés par la loi de la laïcité. Au cours de cette enquête, nous avons trouvé dans des abattoirs de Hollande, de Belgique... des centaines de ces “certificats de viande hallal” signés à blanc, avant même les abattages et prêts à l’emploi. L’Algérie qui importe d’Allemagne, d’Irlande et de France des viandes ovine et bovine, des produits élaborés (pâtés et cachir) est-elle concernée par cette tromperie ? Nous publions à partir d’aujourd’hui les chapitres de la deuxième partie de cette enquête (la première partie ayant été publiée le 12 décembre dernier) qui en comporte trois. La dernière partie sera publiée prochainement. “D’accord pour le prix. Mais pour le certificat hallal, débrouillez-vous avec le gars qui est en face... Mais je ne veux pas que vous apposiez le tampon dans mon frigo. Je ne veux pas avoir de problèmes, je n’ai rien vu...”, affirme, à voix basse, ce grossiste en viandes du marché de gros de Rungis, “la plus grande plate-forme alimentaire d’Europe”. Il est 5 heures. Un froid glacial. Mohamed B. ex-caméraman à l’ENTV, aujourd’hui boucher à Paris grâce à l’héritage de son épouse, nous accompagne pour nous faire découvrir comment se pratiquent depuis plusieurs années la tromperie, la fraude en ce qui concerne les viandes faux hallal. L’interlocuteur du grossiste, un boucher marocain, installé à Barbès, semble réfléchir. Nous, nous faisons mine de choisir les carcasses de veau à perte de vue. “Que voulez-vous ? Des bovins ou des ovins ?”, demande ce grossiste qui lance tout de go “C’est de la viande d’excellente qualité. Il y en a d’Espagne, de Hollande et d’Irlande”. Devinant l’origine de Mohamed, trahi par la couleur de sa peau, il poursuit : “La majorité des boucheries musulmanes de Paris s’approvisionnent chez moi”, quelques instants puis il demande à Mohamed : “Etes-vous boucher ?” En dix ans de présence à Paris, c’est “la deuxième venue” ici de Mohamed qui a l’habitude de se faire ravitailler chaque semaine par un abattoir rouennais. Peu connu dans les parages, le grossiste français craignait une mauvaise surprise de la brigade de répression des fraudes. “Non, non. je suis un démarcheur pour des sociétés algériennes. Je cherche de la viande de qualité mais elle doit être hallal...”. Le grossiste esquisse un sourire avant de répondre : — Pour l’exportation, il faut plutôt de la viande française. C’est moins contraignant. Je connais bien la procédure, il faut plusieurs certificats. Des certificats d’analyse sanitaire... qu’il est plus facile d’obtenir lorsque la viande est française. Pour le hallal, nous trouverons une solution. Venez dans mon bureau. Mohamed sera “sauvé” in extremis par le boucher marocain de retour. A quelques mètres, il s’entretenait avec le “gars”. La quarantaine, barbe très fournie, caban noir très large, il est en compagnie de trois personnes. Il n’est pas aisé de saisir leurs propos mais nous les comprendrons quelques instants après. — Je prends deux carcasses de veau. Dites-moi leur poids et échangez-moi 500 euros en petites coupures. Merci, tout est réglé, affirme-t-il au grossiste qui abandonne Mohamed. (En un clin d’œil, Mohamed sort de l’entrepôt frigorifique et susurre : — Nous allons le suivre. Quelques instants après, les carcasses son mises à l’intérieur d’une camionnette frigorifique à demi-pleine de viande ovine. A la lueur des premiers maigres rayons de soleil qui embellissent l’une de ces dernières journées de décembre, le “barbu” s’amène au niveau de la porte arrière du véhicule. Quelques mots échangés avec le Marocain, il se courbe en sortant de sa poche droite une estampe qu’il applique plusieurs fois sur la chaire bovine... Puis, de sa poche gauche il tire un document qu’il remet à son compère lequel lui glisse, le regard tendu, des billets de banque. Ils se séparent. L’opération a duré quelques minutes. Dans son véhicule, Mohamed précise : — C’est de la viande de faux hallal. Dans l’entrepôt, il n’y avait pas une carcasse portant le label hallal. La viande vient de l’étranger, elle n’est pas chère, le boucher a trouvé quelqu’un qui lui procure un certificat hallal dont le prix varie en fonction du poids de la carcasse... De toutes les façons cette fausse viande hallal coûtera moins cher que la vraie viande hallal. Nous allons le suivre jusqu’à son magasin puis on verra ensuite. Impossible ici d’utiliser l’appareil photo dans ce vaste espace où l’étranger subit des regards obliques et même inquisiteurs. Là, tous se connaissent et se reconnaissent. Des dizaines de grossistes en viande, des centaines de bouchers, de restaurateurs, des commerçants en tous genres alimentaires, mais surtout des Maghrébins, des Orientaux aussi mais surtout, de prime abord, de confession musulmane dont la plupart de tendance islamiste. A un moment, le marché Rungis, subitement, se vide. Au café où nous observons s’échanger des sommes considérables à même les tables, soudain tous les clients sortent. “C’est la prière d’el fedjr”, rassure Mohamed en joignant ses pas à ceux du boucher marocain qui abandonne sa table où il dégustait un thé, l’esprit tranquille discutaillant avec un jeune, le chauffeur qui conduira la camionnette jusqu’à Barbès. Dans les entrepôts et espaces de vente, il ne reste que les grossistes. Pas un seul ne dispose d’une carcasse portant le label “hallal”. Bovins ou ovins, tous abattus autrement que par l’abattage rituel musulman. Pourtant c’est là que se ravitaillent en gros “80% des boucheries musulmanes de la région parisienne”. Visiblement, les grossistes ne font pas dans la tromperie puisque aucune carcasse n’est estampillée hallal. Mais comme par miracle, cette viande devient hallal dès qu’elle sort de l’entrepôt... A les voir prier, s’agenouiller devant le Sublime Créateur, on leur donnerait la prunelle des yeux. Mais quelques instants après, des comportements sataniques. Toute une communauté qu’ils trompent ! qu’ils trompent en gros, en long et en large en toute impunité. Les services français ou même européens sont impuissants au nom de la loi. Le licite et l’illicite relevant de la... communauté musulmane qui doit s’organiser en conséquence, nous dira-t-on. Même le Conseil français du culte musulman, tiraillé, n’a rien pu faire depuis sa création, précise un imam de Rouen. “C’est la loi de la jungle. Des associations culturelles, des mosquées, des centres culturels, des imams, chacun a sa smala, chacun fait ce qui l’arrange. C’est le dernier souci des pouvoirs publics qui jouissent de voir la communauté musulmane divisée...”, confie un boucher, lui aussi de Barbès, mais dont le commerce est déserté malgré qu’il vende du vrai hallal. (Une visite sur les lieux mêmes de l’abattoir fournisseur permettra de constater qu’il s’agit effectivement d’abattage rituel hallal sur lequel nous reviendrons). Il explique : — Je suis livré par l’abattoir Socopa de Neubourg. Tout le monde peut assister à l’abattage. C’est du vrai hallal, assuré par une association qui assure le contrôle. Elle est bénévole et donc je ne paie aucune taxe hallal. Malgré cela, je vends plus cher que chez les autres boucheries. C’est normal, ma viande est française. Chez les autres, c’est une viande d’importation qui est cédée à un prix plus bas. Certains prétendent que la viande hallal est plus chère. C’est faux. La cherté est liée à l’origine de la viande et non au label hallal. En face de moi, la boucherie hallal comme la mienne est pleine de clients, qui sont trompés. Ils croient acheter du hallal. Ce n’est pas du hallal car son propriétaire achète en gros à Rungis. Or, à Rungis, il n’y a pas une carcasse hallal qui est livrée aux grossistes. Toutes ces carcasses proviennent de Belgique, d’Allemagne, de Hollande, d’Italie. Une fois arrivées dans les boucheries, elles sont vendues hallal. Les consommateurs musulmans ne se posent pas de questions... (Long réquisitoire et juste réalité des choses). Plutôt gravité des choses, car nul ne sait comment réagira cette communauté lorsqu’elle prendra conscience de la fraude, de la tromperie, de l’escroquerie et de l’abus de confiance auxquels elle est soumise depuis des années. Livré à elle-même dans les cités ghettos, abandonnée, écartée, écartelée même, que lui reste-t-il de cher, d’intime ? Sa conviction religieuse dans laquelle l’intégrisme extrémiste tente de la manipuler. A l’évidence, tout est fait — directement ou indirectement ?— pour l’y encourager.
95 000 poulets “égorgés” par jour (!!!)
En ce qui concerne la volaille, Rungis c’est la chienlit... Près de la moitié des poulets portent des tampons émanant de dizaines d’organismes dits de contrôle de viande hallal. Comme des champignons, ils poussent... sur le dos du consommateur. Certains, tel Antoine Bonnel, patron d’Algodoal et compagnie, qui se déclare “leader en Europe pour le marketing et la promotion des produits du monde”, qui innove en organisant son 3e salon international de l’alimentation hallal (en juin 2006) et qui ainsi, fournit la preuve que cette alimentation hallal est source de grands bénéfices, de gros gains et de profits substantiels, Antoine Bonnel, donc, attribue à ces contrôleurs la qualité d’organismes OFFICIELS. Rien de tout cela. Il s’agit d’associations, de sociétés, ou d’individus qui se sont autoproclamés contrôleurs en jouissant le plus souvent de bénédiction de quelque imam qui reçoit sa part du gâteau. De quelle OFFICIALITE peuvent-ils jouir dans un Etat laïque qui ne s’embarrasse d’aucun contrôle religieux. A bien analyser les choses, Antoine Bonnel défend d’abord ses propres intérêts, exactement comme le font des contrôleurs mercantilistes sous-traitants de mosquées que des observateurs estiment abusées (nous y reviendrons). On confie bien à Rungis que le poulet labellisé hallal n’a rien de limite. “Il est haram. Illicite à la consommation par des musulmans”, estime Mohamed, toujours les yeux rivés sur la camionnette frigorifique qui “traîne” sur la ceinture périphérique. En majorité, le poulet cédé en gros à Rungis provient de Belgique et de Hollande. Six jours sur sept, sans arrêt, 24 heures durant, l’entreprise Van Hoey déclare procéder à l’abattage rituel hallal de 95 000 à 100 000 poulets par jour !!! Du hallal, nous a-t-on assuré lors de notre passage (nous y reviendrons dans la troisième partie de cette enquête) sans nous permettre d’assister à l’abattage. Deux jeunes employés maliens nous révéleront n’avoir jamais assisté à l’abattage, n’avoir jamais vu de sacrificateurs procéder à l’égorgement conforme au rite, et ce, malgré cinq ans d’ancienneté dans cette entreprise qui dispose elle aussi de “certificats de viande hallal” vierges et signés .... 95 000 poulets abattus par jour ? Oui, c’est possible grâce au système d’électronarcose auquel certains mercantilistes ont attribué le caractère licite grâce au concours de religieux adeptes du wahabisme lesquels, au secours de leurs complices bienfaiteurs ont décrété des fetwas. Contraires même à l’islam. Qu’est-ce que l’électronarcose sinon que de soumettre les volailles plongées dans l’eau électrifiée, soi-disant pour les étourdir, avant de leur trancher les têtes à l’aide d’une scie circulaire. Pour la mascarade, au moment où vous désirez visiter les lieux, le metteur en scène accrochera une inscription “Bismillah”, disposera 3 ou 4 employés “musulmans” qui joueront le rôle de sacrificateurs, prétendre que l’ampérage  utilisé préserve les volailles de l’arrêt cardiaque et tutti quanti. Les volailles sont déjà mortes avant le passage à la scie circulaire. Du pur illicite. Cheikh Abou Abdeslam du ministère des Affaires religieuses est formel : “Avant leur abattage rituel, les ovins, les bovins et les volailles doivent être dans leur état naturel. Ni assommage, ni électronarcose qui empêche l’animal de se débattre et donc d’expulser le sang, ce qui est le propre de l’égorgement rituel” (nous publierons son interview au cours de la publication de cette deuxième partie de l’enquête). Seul le gain faible, le profit, la cupidité motivent des pseudos exégètes, encore imberbes, en mal d’imamat, originaires pour la plupart de Syrie ou du Liban, appelés à la rescousse par la faune de fraudeurs associés à des producteurs de volailles, essentiellement en Belgique, qui ont trouvé le filon dans le faux hallal.
Vrai faux-hallal

A 7h30, Barbès grouille déjà... Mohamed gare dans une ruelle après avoir dépassé la camionnette d’où le boucher marocain (précisons que des bouchers algériens, tunisiens ou autres s’adonnent à la même pratique) aidé par un jeune employé, dirige les carcasses à l’intérieur de la boucherie où elles sont accrochées là où elles doivent... accrocher le regard du client. Juste en face, une brasserie. Nous nous y installons pour observer cet authentique manège. Les consommateurs, à 8h10, commencent à affluer. A environ 15 mètres, une autre boucherie hallal. Bien achalandée, mais sans client. Celle de l’interlocuteur dont les propos sont rapportés plus haut. La découpe est entamée. Le boucher, le chauffeur et l’employé ont la main dans la pâte. Difficile d’en connaître le prix de vente au risque d’être reconnus. Mohamed explique l’astuce : si je lui demande si la viande est hallal, il va montrer le label sur les carcasses et même produire de faux certificats qu’il a cachetés ce matin. Normalement, le cachet “hallal” doit être apposé dans l’abattoir, quelques instants après l’abattage. Cela n’a pas été fait parce que ce n’est pas une viande hallal... Il suffit d’acheter les services d’un imam, d’une association et le tour est joué... C’est une mafia bien organisée, elle a les bras longs. Soit on marche avec elle, alors on s’enrichit, grâce au faux hallal, sinon on s’appauvrit à cause du vrai hallal.
A. M. B. (A suivre)

 

COMMENTAIRE
Procès d’intention et silences

La première partie de l’enquête (publiée dans notre édition du 12 décembre dernier) a mis à nu les fraudes et escroqueries au nom de l’Islam dont est victime la communauté musulmane tant en France qu’en Europe ou dans les pays musulmans. Immédiatement, tandis que les investigations se poursuivaient, elle a déstabilisé des individus appartenant aux réseaux, filières et connexions de cette maffia du faux hallal qui, par ses agissements, s’identifie à celle d’Al Capone. Comme cette dernière, elle dispose de ramifications dans la haute administration, dans les services français et hollandais de la répression des fraudes dont certains inspecteurs sont instrumentalisés à des heures tardives de la nuit, et aussi dans des mosquées transformées par certains qui se sont autoproclamés “contrôleurs de viande hallal” en véritables PME (nous y revendrons en détail dans la troisième partie de cette enquête). Au lendemain même de la publication de la première partie de cette enquête, les fraudeurs et leurs complices corrompus ont réagi par la menace, l’intimidation, le procès d’intention jusqu’à prétendre que ces investigations étaient “téléguidées”. Précisons que l’auteur de cette dernière allégation soutient l’avoir récoltée dans le milieu nauséabond des colporteurs de rumeurs, ce qui donne une idée de ses fréquentations. “Téléguidées” ? Et alors ? Faudrait-il dénoncer les honnêtes gens et protéger les escrocs, les fraudeurs, les usurpateurs, les pseudo-contrôleurs et leurs acolytes de tout bord de ce gang européen du faux hallal. Ces complices ont rassuré leurs bienfaiteurs entre autres ceux corrupteurs de l’entreprise Charal, spécialisée dans la production de produits élaborés (steack haché,...) faux hallal (nous y reviendrons) en soutenant qu’ils interviendraient pour bloquer la publication de cette enquête. Des complices auteurs de coups de téléphone anonymes, d’insultes, de menaces du genre “Arrêtez, sinon vous le paierez chèrement”... Les intimidations n’ont pas manqué aussi, telle celle d’un compère des escrocs qui n’a pas trouvé mieux que d’annoncer qu’il mette “une batterie de bâtonniers aux trousses du Soir d’Algérie, s’il osait citer” son nom. Qui se sent morveux se mouche ! Ou bien ce proverbe bien de chez nous : Qui n’a pas de foin dans son ventre ne craint pas le feu.. Des intimidations de toutes sortes même contre ceux qui n’ont pas hésité à nous entretenir sur cette question du faux hallal laquelle se révèle être un panier à crabes. Des sacrificateurs, des “contrôleurs”, des producteurs, des distributeurs, des hauts fonctionnaires, des imams tous marocains, turcs, tous trouvent leurs comptes dans cette “manne céleste” qui procure un argent fou dont nul (mis à part les fraudeurs) ne sait avec précision à qui il profite. Il est évident que de gros intérêts ont été ébranlés par les informations publiées le 12 décembre dernier. Jusqu’où vont-ils ? Comment expliquer ce refus du préfet de Marseille à autoriser le directeur local des services vétérinaires à nous entretenir à propos de la viande hallal ? Un silence qui en dit long sur les implications et les complicités à un haut niveau des services de l’agriculture irrigués par un ministre pro-Chirac et donc pas du bord de Sarkozy (ministre de l’Intérieur). Un autre silence à propos d’un certain Nadjib (personnage central dans le milieu du faux hallal), un Marocain qui a vadrouillé dans plusieurs entreprises et au fameux marché de gros de Rungis, qui aurait subtilisé selon des sources sérieuses, des documents à l’APSI, lors d’une visite en Algérie. A souligner aussi : certains de ces individus ont planifié, récemment, de venir “investir en Algérie” ou tout au moins y réaliser des affaires. Revenus bredouilles, ils se sont vengés par les rumeurs et les allégations, mensongères en fustigeant les lois et le “régime” algériens : n’est-ce pas ce Bouod qui n’a pas trouvé “un partenaire algérien capable” de vendre ses produits avariés et impropres à la consommation (nous y reviendrons) ; n’est-ce pas El Kurti de Marseille et Christophe de Hoot Meat products (Belgique) qui ont tenté de faire ingurgiter aux consommateurs algériens des pâtés, cachirs et saucissons nocifs, toxiques et fabriqués à partir de VSM (viande séparée mécaniquement) composés de tout sauf de viande (nous y reviendrons aussi). Silence aussi chez Charal, dont les responsables, maintes fois sollicités, ont refusé de nous recevoir usant de subterfuges, abusant de procès d’intention (qu’ont-ils à cacher qui ne se sache déjà ?) “Brada (Hollande), Charal et Carrefour (France) constituent une des filières du faux hallal qui sera traitée dans nos prochaines éditions”. Le silence est de mise même au ministère français de l’Agriculture où Sophie Greng, attachée de presse ou responsable de la communication (?), sollicitée et par email et par téléphone, préfère se débiner pour les raisons obscures. Aucun haut fonctionnaire n’a osé s’exprimer sur ce thème, pourtant il s’en est trouvé un pour intervenir dans le sens des intérêts d’une des entreprises qui cultive la fraude. Evidemment, que derrière ces silences, se dissimulent des complicités actives ou passives. Gangréné par l’affairisme, ce milieu s’est mû en lobby qui agit sournoisement pour empêcher l’instauration d’une réglementation hallal, officiellement inexistante même si les contrôleurs autoproclamés font accroire le contraire. Chaque euro engrangé accroît encore plus les voraces appétits de ces fraudeurs qui n’atteindront jamais leur but qui consiste à mettre au pas Le Soir d’Algérie. Menaces, intimidations ou procès d’intention : et après ? Chiche pour la batterie d’avocats...

A. M. B.





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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/02/18/article.php?sid=34547&cid=2