Actualités : VIANDE HALLAL
IRLANDE, FRANCE, ALLEMAGNE, BELGIQUE,... PAYS MUSULMANS
Magouilles et tromperies (III)
Enquête de Amine-Marouane BOULANOUAR


“L’islam est ce que nous avons de plus cher. Quels qu’ils soient bouchers, fabricants, commerçants, grandes surfaces, tôt ou tard ils paieront ce qu’ils nous font manger. Du haram. De la provocation. Plus grave encore, certains mettent du porc dans des saucisses présentées comme hallal, cela s’est produit récemment à Farbus... Nous n’allons pas nous laisser faire...”

Le jeune homme dont les propos ressemblent à un avertissement n’est ni intégriste ni islamiste. Un simple musulman, un citoyen français d’origine tunisienne qui sort d’une des salles de prière de la banlieue marseillaise. A traiter de hallal, cela le provoque et l’excède, le cœur est gros : “Pourquoi il n’y a aucun problème de kascher chez les juifs ? C’est simple, ils sont organisés. Pour les musulmans, on ne veut pas qu’ils s’organisent... Bof, le Conseil français du culte musulman, c’est une mascarade... Ils roulent tous en Mercedes ceux qui parlent de hallal...” Quel que soit le pays européen, l’abattage des animaux est soumis à une réglementation afin de protéger la santé du consommateur et de minimiser la souffrance de l’animal. Rien d’autre. En ce qui concerne le rite hallal, il ne relève pas de la compétence des pouvoirs publics. Selon les termes de la loi et de nombreux décrets, l’abattage doit se faire soit par un choc mécanique, soit par un choc électrique. Toutefois les abattoirs sont autorisés à pratiquer l’abattage rituel, par un couteau, s’ils bénéficient d’une dérogation accordée par les pouvoirs publics. Cependant, ces abattoirs doivent s’adapter à l’abattage rituel par l’installation de “pièges” (appareils sous forme de cuve dans laquelle l’animal est introduit avant d’être retourné afin que sa gorge soit offerte au sacrificateur et afin qu’il se débatte à l’intérieur de cette cuve), des pièges qui reviennent chers, c’est-à-dire un investissement coûteux. Il est utile de préciser pour bien comprendre les dessous de cette maffia du faux hallal, que l’abattage rituel hallal entraîne un ralentissement de la production. Entre égorger un animal au couteau et le mettre à mort par assommage ou électronarcose, il y a un gain considérable en temps et en argent. Une entreprise belge — en l’occurrence Van Hoey — prétend abattre selon le rite hallal 9 500 poulets par jour, alors que 24h sur 24h, 6 jours sur 7, c’est un disque circulaire qui tranche le cou des poulets... derrière le dos des employés musulmans qui y travaillent depuis plusieurs années. (Nous y reviendrons).
Faux contrôleurs “officiels”
Dans notre précédente édition, l’implication des abattoirs, des producteurs et des distributeurs dans les réseaux et filières de cette maffia du faux hallal a été abordée en citant des exemples précis. Cependant, aucune opération frauduleuse, aucune tromperie ne peut avoir lieu sans le concours des sacrificateurs, et surtout des contrôleurs qui fournissent les fameux certificats dits de viande hallal.
Les sacrificateurs
La qualité de sacrificateur est accordée, en France, par l’une des trois mosquées (Paris, Evry, Lyon) et, en Europe, soit par des mosquée, soit par des associations culturelles, cultuelles ou même par des individus autoproclamés imams. Les sacrificateurs — en majorité des Marocains et des Turcs —, sont employés par les abattoirs qui les rémunèrent (au mois ou à la journée en fonction du nombre d’animaux à abattre). Donc ces sacrificateurs sont soumis aux desiderata de l’employeur et deviennent donc juge et partie. Leur signature figure sur le “certificat de viande hallal” sans pour autant qu’ils aient procédé à l’abattage hallal. Ceci est flagrant et connu. Partout, nous l’avons constaté et relevé sauf dans des abattoirs qui n’obligent pas au rendez- vous pour les visiter. Des rendez-vous qui leur permettent d’organiser une mise en scène pour convaincre qu’ils pratiquent réellement l’abattage hallal. Cassettes de Coran, inscriptions coraniques et puis quelques musulmans de service, c’est-à-dire les sacrificateurs, qui expliquent sans rien leur demander, comment ils effectuent l’abattage hallal. Tout y passe. L’importance croissante du marché hallal, bouée de sauvetage pour un grand nombre d’entreprises à la faillite qui ont trouvé le filon dans l’exportation vers les pays musulmans et arabes, constitue le prétexte à tous les abus, à toutes les fraudes et tromperies... Au moment de notre passage dans l’abattoir Brada (Hollande), le “sacrificateur” turc prenait son café au moment même où l’assommage des dizaines de bœufs et veaux s’effectuait avec le pistolet pneumatique avant que les bêtes mortes ne soient traînées sur une quinzaine pour procéder au découpage de sa tête. Ils appellent cela le hallal avec “certificat” à l’appui. Un faux évidemment... Ils sont des centaines de sacrificateurs à avoir apposé leur signature sur des “certificats de viande hallal”, alors qu’il s’agissait d’animaux assommés. Récemment, un consommateur musulman a été surpris de trouver à l’intérieur d’un carton “hallal” des dindes aux cous même pas égratignés, l’abusé a déposé plainte...
Les contrôleurs

Sans compétence académique sans diplôme, ils se sont autoproclamé contrôleurs de viande hallal, c’est-à-dire qu’ils contrôlent VISUELLEMENT si l’abattage est conforme au rite. D’après ces termes, ils sont présents au moment de l’abattage. Tout à fait faux. La majorité de ces “contrôleurs” s’ils ne contrôlent pas par fax en envoyant leurs “certificats” le font en délivrant des paquets de “certificats” vierges portant l’en-tête de leur société, de leur association ou autres. N’importe qui peut s’investir contrôleur, il suffit d’abord de se constituer en association (pourtant censée être à but non lucratif), ensuite de se faire établir une estampille — de préférence composée d’un minaret car cela fait plus sérieux et plus vrai — “hallal” qui sera apposée sur les principales parties de chaque carcasse, et enfin de trouver des abattoirs preneurs. C’est ce qu’attendent justement ces derniers qui acceptent de recruter un sacrificateur qui sera en même temps contrôleur. Ainsi, les allées et venues sont évitées... Evidemment ces associations de contrôle ou ces “contrôleurs” sont rétribués par l’abattoir soit à l’année (taxe forfaitaire), soit à la journée, ou par carcasse ou aussi par kilogramme. A vrai dire, l’abattoir ne débourse rien puisque cette taxe hallal est payée par le consommateur musulman via le boucher. De prime abord, on peut évidemment croire que la viande hallal coûte plus cher, absolument pas puisque cette viande dite hallal est en vérité de la viande d’importation de Hollande, de Belgique, etc., à laquelle il est joint un faux certificat hallal. Les gains sont faramineux ; rien que dans un seul abattoir belge, un “contrôleur” qui certifie “hallal” 46 tonnes de poulet par semaine à destination d’un pays musulman empoche quelque 5520 euros (à raison de 0,03 euro). Une mine d’or lorsqu’on sait qu’un “contrôleur” a plusieurs abattoirs sous la main... Selon une enquête d’un magazine parisien, cette taxe “religieuse islamique” ou “impôt révolutionnaire” est évaluée à... 150 millions d’euros. Rien ne sert de généraliser puisqu’il existe des bénévoles qui ont créé des associations pour veiller réellement à la pratique conforme à la licéité, ils ne reçoivent aucun sou sauf qu’ils imposent aux abattoirs de recruter des sacrificateurs en contrepartie du service gratuit qui leur est rendu. Ces mêmes abattoirs n’imposent aucune taxe hallal aux bouchers. Certains de ces “contrôleurs”, pour mieux faire passer la pilule, se sont fait agréer par des mosquées, des consommateurs musulmans se demandent si ces dernières sont complices à travers la signature de leurs imams, ou bien abusées par leurs “soustraitants” (nous y reviendrons dans la troisième partie de cette enquête). En matière de contrôle de viande hallal, ce contrôle doit s’effectuer VISUELLEMENT. C’est d’abord et avant tout un témoignage OCULAIRE. La certification hallal n’est pas un document anodin mais un témoignage sur les lieux qui autorise, ensuite, à certifier en bonne conscience que la viande est licite, est hallal. Que se passe-t-il dans la pratique quotidienne ? Le “contrôleur” installé à des centaines de kilomètres de l’abattoir délivre des quantités astronomiques de “certificats hallal”, vierges que signeront et le sacrificateur et le directeur de l’abattoir... Des patrons d’abattoir n’ont pas trouvé mieux que d’établir eux-mêmes des “certificats” (lire précédentes éditions). C’est exact qu’on n’est jamais mieux servi que par soimême. L’entreprise Corico qui a créé sa propre marque Médine Hallal va jusqu’à prétendre qu’elle est la “seule entreprise française qui nous garantit le strict respect du rite musulman en volailles, découpes et charcuteries”. Tiens, tiens ! Pas un mot sur l’origine de ses produits... Partout, les exemples foisonnent. A Marseille, rapporte une publication, un “imam” autoproclamé “vend 600 euros à un abattoir le droit d’utiliser son tampon hallal...” Même que ces associations ou sociétés sont devenues des “entreprises” familiales, un pseudo- “président” avec son épouse, son fils... tel que rapporté par la même publication. Plus même, certains de ces “contrôleurs” se comportent tels des rabatteurs : “Si vous ne vendez pas la viande qui porte notre label, nous dirons dans le quartier que vous ne vendez pas hallal”, menacent-ils des bouchers tel celui du boulevard Rochechouart à la boucherie désertée par des clients qui préféraient acheter du... vrai faux hallal chez le boucher d’en face moins enclin à être honnête... Rien moins que du racket... association culturelle, société de contrôle, là où priment le mercantilisme et le lucratif, ce n’est en vérité qu’une façade pour s’adonner au commerce incontrôlable... Elles obtiennent même des commissions dans les activités d’exportation ô combien juteuses surtout pour ce qui concerne le poulet. Les unes “travaillent” pour leurs propres poches, les autres pour des organisations islamiques influentes telle l’Union des organisations islamiques de France dont le contrôleur Baraka (une association) a été impliqué dans un marché douteux en direction du Yémen. Les magouilles et tromperies vont de la justification du hallal par des... ouvrages écrits par des individus qui non seulement baignent dans la fraude mais sont arrivés à se hisser au niveau du CFCM, jusqu’à la délivrance à des producteurs de “certificats hallal” valables une année. Un abattoir italien n’a pas trouvé mieux que d’exhiber un livre consacré à l’islam pour prouver que ses carcasses sont hallal. En Allemagne, on évoque le cas d’un contrôleur de France qui aurait trouvé en un “acolyte” libanais en vue de s’associer (si ce n’est pas déjà fait dans une perspective de faux hallal). En Espagne, le nom du même “contrôleur” est évoqué... C’est essentiellement par ces faux “certificats de viande hallal” que se consomme la fraude. Partout, en France, en Hollande, en Belgique, en Allemagne, en Irlande, etc., ils sont disponibles à satiété. Comme la misère qui s’abat sur le monde, les fraudeurs fondent sur les consommateurs musulmans en usant de tous les subterfuges. Même de la corruption comme nous l’a révélé un fonctionnaire du ministère français de l’Intérieur (évidemment en insistant sur le sceau de l’anonymat). La tromperie n’a aucune limite, elle dépasse le hallal jusqu’à faire manger par le consommateur musulman du porc précisément du sang de porc. Jouissant de toutes les prérogatives cette fois, les services français de la répression des fraudes ont été jusqu’au bout de leurs prérogatives. Les établissements, Routhiau qui produisent du jambon de dinde, de la cuisse de dinde traitée en salaison de la roulade de volaille aux olives et de la roulade de volailles aux pistaches ont été surpris la main dans la fraude, la tromperie et l’escroquerie suite à un contrôle inopiné des services de la répression des fraudes de Vannes. Ces dernières ont relevé la “mise en œuvre de sang de porc... et de matières premières carnées non hallal”, résultant “d’une décision délivrée des dirigeants de l’entreprise”. “Les consommateurs musulmans des produits sur lesquels les établissements Routhiau ont apposé délibérément et à tort le sigle hallal (...) ont manifestement été trompés”, souligne l’inspecteur qui poussa ses investigations jusqu’au fournisseur même des établissements Routhiau. Il indique que l’enquête réalisée chez Nutrinal (le fournisseur) a permis de savoir “que le sang mis en œuvre dans la préparation du jambon volaille SR est un mélange de sang de bœuf et de sang de porc et que les établissements Routhiau n’ont jamais conformé Nutrinal de la destination hallal de ce produit ni formulé une quelconque restriction quant à sa composition”... A remarquer qu’aucune personnalité religieuse, en son nom propre ou en celui d’une quelconque organisation n’a osé se constituer partie civile lors du procès à la suite duquel le premier responsable de la société a été condamné (par la cour d’appel de Poitiers) à... 4 500 euros d’amende. Il est vrai que ces personnalités préfèrent se consacrer à autre chose de plus rentable comme par exemple signer des contrats tel celui qui lie la mosquée d’Evry à la société Corico pour à peine... 6 000 euros. Plutôt une simple recette au lieu d’un authentique contrôle. C’est Abou Ali, employé de Corico et de sa filiale Médina Hallal qui certifie le hallal... C’est vrai que le recteur marocain est très occupé à faire de la propagande contre l’Algérie.
(A suivre)
* Lire les éditions des 18 et 19 février 2006.

M. ABDELLAH ZEKRI (MEMBRE DU CONSEIL SUPERIEUR DES MOSQUEES DE FRANCE)
“Un panier à crabes...”

Connu pour son franc-parler, M. Abdellah Zekri ne choisit pas les mots pour s’exprimer ouvertement sur les thèmes brûlants d’actualité. A titre de membre du Conseil supérieur des mosquées de France, il a bien voulu nous accorder une interview (dont nous reproduisons une partie ci-dessous), au cours de laquelle il lui était difficile de se départir de ses différentes responsabilités. Par exemple, il ne s’empêche pas de souligner que “beaucoup de gens ouvrent des salles de prière. Pourquoi ? Parce que cela rapporte beaucoup d’argent pour certains...”. L’homme est très connu, notamment pour sa participation en Irak, à la libération des ex-otages français. Cependant le thème de cette partie de l’entretien concerne le marché de la viande dite hallal qu’il connaît bien.
Quel constat faites-vous en ce qui concerne le marché relatif aux viandes dites hallal ?
La situation en France de ce marché me pousse à dire en toute honnêteté que c’est un panier à crabes. Le Conseil français du culte musulman, le CFCM, aurait dû prendre en charge le dossier des sacrificateurs... La mosquée de Paris délivre des cartes de sacrificateurs, comme celle de Lyon et comme la mosquée d’Ivry, et entre ces trois Mosquées, il n’existe pas de coordination. Donc, n’importe qui délivre des cartes de sacrificateur. J’affirme que c’est un panier à crabes pour plusieurs raisons, entre autres, il existe des sacrificateurs qui bénéficient de cartes de sacrificateurs délivrés par la Mosquée de Paris. Normalement pour obtenir cette carte de sacrificateur, l’intéressé devra se présenter devant deux imams et procéder, devant eux, à un abattage rituel selon la loi musulmane. S’il répond aux conditions, les deux imams lui signent un document prouvant son aptitude à sacrifier les bêtes ovines, bovines ou volailles. Partant de ce test, il obtient une carte de sacrificateur qui est payante, donc cela permet de renflouer les caisses des mosquées qui attribuent cette carte. Mais, des sacrificateurs confient leurs cachets aux abattoirs lesquels apposent le cachet sur les carcasses sans que les bêtes soient abattues selon le rite musulman. Ce sont des complicités. Il y a des individus qui n’ont rien de musulman qui usent de l’Islam pour percevoir de l’argent de la part des abattoirs. Ces pseudo-sacrificateurs laissent l’abattoir faire ce qu’il veut.
Pouvez-vous être plus explicite ?
Je précise que le sacrificateur n’est pas rémunéré par la mosquée. C’est un employé payé par l’abattoir. Il est donc juge et partie. Evidemment, il se soumet à la volonté de son employeur. L’abattoir paie une taxe, dite taxe hallal, à la mosquée avec laquelle il a signé une convention ou un contrat. Cette taxe varie selon le tonnage des viandes. Les mosquées de Paris, d’Ivry et de Lyon perçoivent, chacune pour ce qui la concerne, des taxes selon le poids des bêtes abattues. Ces trois mosquées ont des représentants dans les différentes régions qui sont chargées de contrôler les sacrificateurs. Mais, je l’affirme haut et fort, j’affirme que l’on trompe les musulmans, c’est clair, net et précis. Personnellement, j’ai observé des sacrificateurs dans des abattoirs qui, au lieu d’égorger les bêtes, vaquèrent à autre chose et abandonnaient le patron de l’abattoir à abattre autrement, illicitement, les bêtes. Le cachet hallal est apposé en toute complicité. Ainsi, les musulmans sont trompés mais vis-à-vis d’Allah ils sont sincères et purs car ils sont convaincus que c’est de la viande hallal ... C’est un panier à crabes où l’argent circule énormément.
A qui est destiné cet argent ?

Normalement dans les caisses des mosquées, des grandes fédérations. Je ne dis pas que ces mosquées gardent l’argent pour elles, cela leur permet de fonctionner, de payer les charges... Le problème du financement du culte en France n’est pas clair donc on va vers des dérives comme celle-ci. Hier encore, lorsque nous nous sommes rencontrés à la Mosquée de Paris, il s’est tenu une réunion du bureau du CFCM au cours de laquelle il a été soulevé le problème de l’abattage de la viande hallal. C’est devenu une manne d’argent pour certaines personnes.
A combien est évaluée cette taxe ?

A des milliards de centimes en francs. C’est une importante affaire. Beaucoup de gens se rincent la bouche avec cet argent. Je précise bien qu’il existe des mosquées qui emploient des sacrificateurs des mosquées qui emploient des contrôleurs, et il existe des mosquées qui sont en contrat avec des personnes avec lesquelles elles partagent.
Comment se pratique le trafic, la fraude ?

C’est par rapport au tonnage. Par exemple, un abattoir déclare tant de tonnes alors que le tonnage est plus important. Celui qui est chargé du contrôle prend la différence pour lui et pour la mosquée qui l’emploie. Souvent pour lui seul.
Pourquoi les mosquées ne contrôlent pas directement ?
Il faut savoir que la Mosquée de Paris n’est pas la seule sur le marché, elle a opté pour quelqu’un, disons un sous-traitant qui est chargé de cela pour que la mosquée retire sa responsabilité. Le sous-traitant encaisse l’argent dont un pourcentage est versé à la Mosquée de Paris. Personnellement, j’aurais souhaité que la mosquée de Paris ait des employés liés par un cahier des charges et qui effectuent des contrôles dans les régions.
Il y a un amalgame, une contradiction sur la carte de sacrificateur délivrée par les trois mosquées. Au recto, il est indiqué que le sacrificateur est habilité par la mosquée à pratiquer l’abattage rituel. Mais, au verso, il est précisé que cette carte ne prouve pas que la viande est hallal...
C’est précisément ce que je viens d’affirmer. Si le sacrificateur est sincère et sérieux, il procède à l’abattage rituel conformément à l’Islam. Sinon, il se suffit à apposer le cachet sur la carcasse d’une bête qui n’a pas été abattue selon le rite et qui est par conséquent illicite à la consommation par des musulmans. S’il existe de telles mentions sur les cartes de sacrificateurs, c’est que les moquées ont constaté une dérive. Les mosquées de Paris, de Lyon ou d’Evry font confiance à des personnes qui remplissent les conditions de sacrificateurs mais au niveau des abattoirs l’abattage ne se pratique pas selon le rite puisque, il est plus économique d’abattre les bêtes à la chaîne. Le sacrificateur craignant des représailles de la part de son employeur, craignant que la carte ne lui soit retirée préfère se taire et ne pas dénoncer son employeur. Ainsi, ce dernier appose le cachet “hallal” sur des carcasses qui ne le sont pas. De la sorte, les musulmans sont trahis.
Propos recueillis par A. M. B.

 

CONFESSION D'UN SACRIFICATEUR :
“C’est pourri”

Il est sacrificateur dans une entreprise française de la région de Lille. A condition de ne pas livrer son nom, il a accepté de livrer la réalité de son métier : au lieu d’égorger les bêtes selon le rite musulman, il leur coupe la tête une fois assommées ou déjà mortes. “Illicite, oui, mais je suis obligé de le faire pour pouvoir nourrir une famille”, confie-t-il.

Depuis quand êtes-vous sacrificateur ?
Dix-sept ans, mais je travaille dans cette société depuis sept ans. J’ai appris ce métier au Maroc où j’étais boucher.
Comment avez-vous intégré cette entreprise ?

Grâce à l’imam de la mosquée qui a été sollicité par le directeur de la société. Il m’a fait venir du Maroc, il m’a établi une carte de sacrificateur et j’ai commencé dans cette société.
Par qui êtes-vous rémunéré ? Par la mosquée ou la société ?
Je suis payé par la société.
Dans quelles conditions travaillez-vous ?

Je fais ce que veut le directeur de l’abattoir. C’est vrai que je suis musulman. Le premier devoir du musulman est de penser à sa famille. De toutes les façons, ce sont eux les responsables.
Mais c’est vous qui signez le certificat hallal ?

Je suis forcé de le faire, je n’ai aucun choix… C’est le pain de mes enfants… Il arrive que j’égorge les bêtes comme l’exige l’Islam, mais le plus souvent je me contente de couper leur tête une fois assommées et mortes. Ce n’est pas hallal, mais que puis-je faire ?
En avez-vous parlé avec le directeur de l’abattoir ?
Oui. Il ne veut rien savoir. Pour lui, l’égorgement rituel musulman lui fait perdre du temps.
Comment procédez-vous ?
Une ou deux fois par semaine j’égorge rituellement cinq ou six bêtes. Cela lui permet d’avoir des certificats hallal pour l’ensemble des bêtes.
N’y a-t-il pas de contrôle ?

Ils sont tous complices… L’imam signe tout ce que désire le directeur. Tout est possible avec l’argent. L’imam gagne de l’argent soi-disant pour la mosquée, le directeur de l’abattoir vend cinq fois plus de carcasses en prétendant qu’elle est hallal. Quelquefois un contrôleur, désigné par la mosquée, vient assister lorsque je procède à l’abattage. C’est le cousin de l’imam. Mais ce contrôleur n’est jamais là au moment où les bêtes sont assommées. Je lui en ai parlé une fois, il n’a rien dit. C’est normal, il ne va pas cracher sur la main qui lui donne à manger ; il est payé lui aussi.
Comment est-il payé ?
Comment ? En argent liquide. Il vient chaque mois, il assiste à un abattage rituel auquel je procède à la demande du directeur de l’abattoir, puis il signe un paquet de certificats hallal vierges, il accompagne le directeur dans son bureau où il est payé… Puis il s’en va en me donnant quelques billets.
A quel titre ?
Un pourboire, me dit-il.
Mais vous disiez que vous êtes rémunéré par l’abattoir ?

Oui. Le pourboire est un plus afin que je ne parle pas. Mais à qui vais-je parler ? Je ne veux pas perdre ma place. Qui va nourrir ma famille ? Je ne suis pas le seul sacrificateur dans cette situation. Il y a des Tunisiens, des Algériens, des Turcs, des Marocains, tous les sacrificateurs sont obligés de se taire. Chez qui iront-ils se plaindre ? Chez l’imam ? Il n’osera pas réagir parce qu’il est complice dans la fraude. Chez le contrôleur ? Même chose, chez les autorités ? Lesquelles ? J’ai discuté une fois avec l’inspecteur vétérinaire en visite à l’aéroport, il ne sait pas ce que signifie le hallal… J’ai failli changer de société, c’était pire, car il fallait accepter de faire du haram en tuant des poulets déclarés hallal… 15 000 poulets par heure alors que la normale hallal est de 600 poulets par heure… La volaille n’est jamais hallal, je sais ce que j’affirme. Elle est anesthésiée ensuite, grâce à un disque les têtes des poulets sont découpées… Partout c’est pourri, il n’y a que l’argent qui compte : je suis concerné mais je ne peux rien dire. A qui le dire, d’ailleurs c’est partout pourri.
Propos recueillis par A. M. B



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