Actualités : L'ACTE SERAIT D'ORIGINE CRIMINELLE
Le marché de Réghaïa incendié


Le marché de la ville de Réghaïa (est de la wilaya d’Alger) a été, en partie, incendié dans la nuit de mardi à mercredi derniers. “Les incendiaires ont arrosé les alentours de nos échoppes avec de l’essence avant de mettre le feu. Trois ou quatre repris de justice ont été vus juste avant l’incendie qui a commencé vers 00h”, ont affirmé plusieurs victimes de ce désastre.
“Il y a une main derrière tout cela”, criait un homme d’une cinquantaine d’années devant le premier magistrat de la municipalité venu tenter de dialoguer avec les victimes. Plusieurs officiers de police étaient également présents devant la porte du cinéma de la ville où devait se tenir une réunion d’urgence. Les désormais anciens locataires des espaces réservés aux commerces, se sont d’ailleurs inquiétés vers 10 heures du matin de l’absence de la police scientifique. Ces accusation émanent, rappelons-le, des victimes de cette catastrophe qui aurait pu tourner au drame si elle était survenue dans la journée. Tôt le matin, les commerçants qui ont découvert leurs biens partis en fumée ont déversé leur colère en la ville en fermant les principaux accès par des pneus brûlés et tout ce qui leur est tombé sous la main. Fort heureusement l’intervention des forces de l’ordre dépêchés sur les lieux ont très rapidement pu maîtriser la situation. Ce marché, devenu avec les années et l’extension démographique de la ville, trop exigu, est fréquenté quotidiennement par une foule très nombreuse. Il y a lieu de rappeler qu’avant cet incendie, aucune norme de sécurité n’est observée. Il est devenu un vivier pour les pickpockets. Selon les témoignages recueillis sur place, trois personnes dont le gardien de nuit qui se trouvait au moment de notre arrivée à Reghaïa à l’hôpital pour les soins nécessaires auraient été légèrement blessées. Les marchands évaluent les dégâts entre 5 et 7 milliards de centimes. “J’ai perdu 270 millions de centimes de marchandises, mon voisin a subi des dommages estimés à environ 170 millions de centimes”, nous a déclaré l’une de ces victimes. Selon le maire, 47 échoppes qui ont été installées depuis des années sur l’esplanade de l’ancien marché couvert ont été décimées par le feu. Effectivement les anciennes échoppes construites en tôle de zinc fumaient toujours. Les marchandises majoritairement made in Taïwan ont été transformées en cendres. “Une douzaine de propriétaires de carreaux se trouvait à l’intérieur du marché. Si le feu avait pris dans cet endroit ils auraient péri”. Les marchands installés à l’entrée principale du marché par où transitent journellement des milliers de clients, sont détenteurs uniquement d’autorisations de commerce que leur avait délivrée à l’époque de Chérif Rahmani quand il présidait aux destinées de l’ex-gouvernorat d’Alger. Ils ne possèdent donc par de registre de commerce .“Les documents en notre possession ne nous permettent de régulariser notre situation administrative”, nous a confié l’un d’eux. Il est de notoriété publique que la plupart des marchands sont des sous-locataires. Ce marché est un véritable imbroglio politico-judiciaire et financier, néanmoins très convoité au vu des milliards qu’il génère annuellement et dont une partie change de main dans l’opacité. L’organisation, la disposition des places de 6 à 9 mètres carrées et la sécurité échappent depuis longtemps aux autorités locales. Plusieurs parties et des responsables avec qui nous avions abordé ce sujet en 2002 se sucrent sur le dos de ces commerçants. Les autorités policières auraient à engager sans doute une enquête qui ne manquerait certainement pas de dévoiler pas mal de choses pas très jolies autour de ce marché.
Abachi L.

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