Sports : MSN
ALORS QUE LES STATUTS DES BENEVOLES ONT ETE PROMULGUES
A quand l’application ?


La confection, puis la promulgation des statuts régissant le bénévolat y ont introduit des conditions non sans aucune incidence au sein du mouvement associatif sportif, théoriquement s’entend. Mais, qu’en est-il dans la réalité ?
Aggoune Azzedine - Alger (Le Soir)- Du club à la fédération, les conditions pour y accéder sont subordonnées à une qualification. Cette qualification ne relève plus du seul domaine sportif. Le niveau d’instruction figure, désormais, dans le registre des obligations. Dans ce cadre, pour présider aux destinées d’un club ou d’une ligue, il faut «justifier d’un niveau d’enseignement secondaire au moins». Et en ce qui concerne les fédérations, le postulant doit «justifier d’un enseignement ou d’une formation supérieure ». Ces dispositions sont ancrées dans l’article 13 du décret exécutif n°05-502 du 29 décembre 2005, fixant le statut des dirigeants sportifs bénévoles élus (JORA 84). Depuis, aucune remise à niveau n’a été opérée. Ce qui revient à dire que tous les clubs, toutes les ligues et enfin toutes les fédérations sont gérés par des présidents remplissant ces conditions. Y a-t-il, pour cela, un fichier national contenant toutes les informations liées aux dirigeants sportifs bénévoles à tous les paliers de la pratique ? Si, aucune mesure n’a été prise à ce jour dans le sens d’exiger une stricte application du contenu dudit décret, la réponse par l’affirmative serait la mieux indiquée. Tous les dirigeants ont un niveau d’enseignement ou de formation, serions-nous tentés de conclure. Et pourtant, la réalité dément ce silence, à la limite de l’obstruction. Au niveau des clubs et des ligues de wilayas, nombreux sont les dirigeants qui sont loin de posséder un quelconque niveau d’instruction. Idem pour les fédérations. A ce titre d’ailleurs, la question de savoir si toutes les fédérations sportives ont élu à leur tête des universitaires paraît hors sujet. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yahia Guidoum, l’avait dénoncé et s’est même permis de pointer du doigt la fédération en question. Il se questionnait «comment était-il possible qu’un analphabète et chômeur de surcroît puisse présider aux destinées d’une fédération» ? Déduction. Toutes les fédérations ne sont pas gérées par des universitaires. Donc, la nouvelle réglementation en vigueurs régissant les bénévoles élus doit être applicable dès sa parution sur le JORA. Puisque, le décret 05-502 ne s’est pas fixé de date d’effet. Si au niveau des fédérations, le recensement de cas non conformes au-dit statut peut aisément s’effectuer, c’est au niveau des clubs et ligues que des retards risqueraient d’être observés. Les DJS ne se sont pas, jusque-là, exécutés. Aucune lisibilité n’est permise à ce niveau là. Ce qui amène à dire qu’aucune cartographie renseignant sur les effectifs sur le plan local n’est tenue à jour. Force est de constater que le vide juridique en la matière a été comblé, mais si des textes promulgués s’ajoutent à ceux garnissant les étagères des bibliothèques ministérielles, vaut mieux pas s’empresser d’en adopter d’autres. Et pourtant, la multitude de textes d’application découlant de la loi 04-10 en souffrance est attendue avant octobre prochain, sinon ladite loi tomberait sous l’effet de la nullité. Il va sans dire que l’article 17 du décret 05-502 stipule «les dispositions du présent décret ne sont pas applicables aux dirigeants élus des clubs sportifs semi-professionnels et des clubs sportifs professionnels». Et comme et à ce jour, aucun club semi- professionnel, professionnel encore moins, n’a été constitué, donc tous les clubs existants sont tenus de s’y conformer immédiatement. Les ligues et fédérations, également. Qui doit ordonner cette application ? Comme toujours, chacun attendra des ordres d’en… haut. Comme dirait l’autre «ce n’est pas moi, c’est l’autre».
A. A.

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