Mardi 06 Juin 2006
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MEME A GHAZA Y EN A !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

« Où voir la Coupe du monde ? »

En Allemagne !

Journal télévisé de 20 heures, hier, sur France 2. Des images du Proche-Orient. Des plans tournés à Ghaza. Pour une fois, ce ne sont pas des scènes de douleur atroce à la suite d’un tir ciblé israélien sur une voiture palestinienne qui attirent mon attention. Ce ne sont pas non plus des scènes déchirantes du corps d’un enfant ensanglanté que l’on transporte toutes sirènes hurlantes à l’hôpital qui me scotchent devant ma télé. Ce ne sont pas non plus ces scènes insoutenables de mères étreignant les portraits de leurs gosses transformés trop vite en adultes bardés d’explosifs qui me figent d’effroi. Ce ne sont pas non plus ces scènes d’une grande surface dévastée par la ceinture bourrée de TNT d’un kamikaze du Djihad qui me glacent. Je ne réagis pas non plus à ces défilés où des barbus bedonnants se passent une main gourmande dans la barbe, l’air satisfait de voir du haut de leur tribune protégée des adolescents déguisés en «combattants» et prêts à aller se faire éclater en mille morceaux afin de mieux mériter le paradis et ses vierges. Non ! Rien de tout cela ! Ce qui m’a fait bondir hier, ce sont les images de Palestiniens, civils et militaires mélangés, tout heureux d’aller percevoir leur paie après des semaines d’attente. Ces Palestiniens étaient filmés en train de retirer leur argent à des distributeurs automatiques de billets installés aux quatre coins de la minuscule Ghaza. Là, je l’avoue, j’étais plutôt perplexe : dans un pays pas tout à fait constitué, déchiré par la guerre contre l’occupant israélien, ensanglanté par une guerre interne entre Fatah et Hamas, miné par la corruption, pas sûr pour un sou et dont le quotidien est rythmé par les enlèvements, les attentats, les représailles aux attentats, les représailles aux représailles des attentats, je voyais là, devant moi, sur l’écran de ma télé des Palestoches retirant de l’argent à un distributeur. Un distributeur qui fonctionnait le plus normalement du monde. Il faut être algérien pour comprendre ma douleur, n’est-ce pas mes frères ? Allez, consolons-nous en fumant du thé pour rester éveillé, notre cauchemar continue.

H. L.

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