Actualités : LES FEMMES DANS LES INSTITUTIONS POLITIQUES ET PUBLIQUES
Un mémorandum pour une représentation égalitaire


Un mémorandum pour une représentation égalitaire des femmes dans les institutions politiques et publiques a été présenté hier par le CCIDEF en présence de représentantes d’associations et de partis politiques. Le centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme a ainsi initié à l’Institut national de la santé publique une discussion sur le mémorandum en question résultant d’une enquête maghrébine réalisée auparavant et présentée le 26 mars dernier.
Les présentes noteront en premier lieu les déséquilibres que connaît la participation politique des femmes en Algérie et préciseront «qu’elle choque par son anachronisme alors que quarante ans après l’indépendance, les femmes algériennes demeurent l’objet d’une discrimination dans l’accès aux mandats électoraux et aux fonctions électives et aux postes de décision». Selon les chiffres avancés hier, l’Algérie est classée à la 120e position concernant la représentation politique loin derrière beaucoup de pays arabes et du Maghreb. Selon les intervenantes, le déséquilibre entre hommes et femmes est flagrant dans les deux chambres du Parlement. Ainsi, l’Assemblée populaire nationale est aujourd’hui masculine à 94 %, seulement 6 % de femmes siègent au Parlement. Le déséquilibre, selon l’étude, est plus grand dans la seconde chambre, le Conseil de la nation avec 4 femmes siégeant parmi 144 membres soit un taux de moins de 3%. Comme au niveau des assemblées électives locales, les Algériennes demeurent également largement minoritaires. Ceci alors que depuis l’indépendance les candidatures féminines aux élections territoriales n’ont pas connu de progression notable. Résultat : aucune Assemblée populaire communale n’est détenue aujourd’hui par une femme, contrairement aux mandats précédents. Il est également précisé dans le mémorandum que la situation est identique concernant l’accès aux postes de responsabilité. Il s’agit, selon les femmes présentes hier à l’INSP, ni plus ni moins qu’un constat d’exclusion des femmes algériennes de la représentation politique. Ceci, d’autant que comparée à d’autres pays africains, l’Algérie est également à la traîne. Selon le mémorandum, des pays comme l’Afrique du Sud, le Mozambique, le Rwanda et la Tanzanie comptent plus de 30 % de députées femmes. Les représentantes de partis politiques et d’associations ont donc encore une fois tiré, hier, la sonnette d’alarme en martelant que les gouvernants ont la responsabilité et l’obligation juridique de rendre effectif le principe d’égalité politique et publique entre hommes et femmes. Il sera notamment proposé la création d’un observatoire national de lutte contre les discrimination de la femme, la mise en place effective du conseil national de la femme déjà créé depuis 1997, de confier à ces organes la mission de contrôler l’application effective de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes tous les quatre ans.
F. Zohra B.

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