Actualités : INTERPELLATIONS, AUDITIONS ET PERQUISITIONS CHEZ DES MILITANTS DU PT A AIN-TEMOUCHENT
Louisa Hanoune pointe du doigt «un centre occulte»


Le Parti des travailleurs (PT) a informé, hier, la presse d’une «provocation politique» dont il fait l’objet, depuis samedi dernier. Une provocation que la secrétaire générale du parti, Louisa Hanoune, a qualifiée de «très grave» et qui, selon elle, est orchestrée par «un centre occulte ». De quoi s’agit-il ?
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Tout a commencé samedi dernier dans la commune d’El Mallah, à Aïn-Témouchent lorsque des militants du PT, qui organisaient la vente de l’organe central du parti et récoltaient des signatures dans le cadre de l’opération «un million de signatures», ont été interpellés par la police. Ces militants se sont vu demander, entre autres, de décliner l’identité du responsable de wilaya de son parti. Ce dernier sera, donc, à son tour, interpellé, le jour même. Le lendemain, soit dimanche, il sera entendu sur procès-verbal pendant plus de 5 heures. «Il a été brutalisé et s’est vu confisquer son téléphone portable. Il a été jeté par terre par le commissaire lui-même », a affirmé, outrée au plus haut point, Louisa Hanoune. La mésaventure de Bakhit Noreddine, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne s’arrêtera pas là, étant donné que son domicile a été perquisitionné lundi, suite à un mandat délivré par le procureur de la République. «Des copies de l’organe central du parti et des listes de signatures ont été saisies », a indiqué Louisa Hanoune. Mais avant que n’intervienne cette perquisition, la direction nationale du Parti des travailleurs a saisi le ministre de l’Intérieur. En Vain. «Dimanche, nous avons informé le ministère de l’Intérieur de la gravité de la situation. Nous sommes rentrés en contact avec le secrétaire général du ministère, le ministre étant absent. Il nous a promis d’agir diligemment. Il nous a informé qu’il a instruit le wali et le chef de daïra de faire cesser le harcèlement contre notre responsable de wilaya et le reste des militants qui ont fait eux aussi l’objet d’une interpellation. La police est restée sourde à cette instruction. La preuve est que le lundi, non seulement le domicile de Bakhit a été perquisitionné mais aussi d’autres militants ont été interpellés», a fait savoir la secrétaire générale du PT. Des membres du secrétariat national du parti se sont rendus à Aïn-Temouchent. Ces derniers, qui se sont rapprochés, dira Hanoune, du procureur de la République pour savoir à quoi obéissait toute cette opération, se sont vu répliquer que «c’est une procédure ordinaire». Lundi, le Parti des travailleurs a alerté plus haut : le chef du gouvernement en personne. «Le chef du gouvernement que nous avons contacté lundi a reconnu la gravité de la situation qu’il a, au demeurant, estimée anormale. Il a promis de prendre les mesures qui s’imposent», a ajouté Louisa Hanoune. Mais en attendant que Belkhadem agisse, le Parti des travailleurs a déjà retenu de se constituer partie civile dans une plainte qui sera portée par le responsable de wilaya du parti auprès de la cour de Bel Abbes. Pourquoi Bel Abbes et non pas Temouchent ? «Le procureur de la République à Aïn- Temouchent a refusé de recevoir notre plainte», a accusé Hanoune. Quelle interprétation le PT fait-il de ce qui vient de se produire à Aïn-Temouchent ? «C’est une provocation politique. Et comme en politique il n’y a pas de hasard, il y a sûrement un centre occulte derrière cela», a soutenu Louisa Hanoune qui, par ailleurs, n’accuse nul corps constitué en tant que tel. «Nous n’accusons nul corps constitué. Nous dirons seulement que c’est une dérive localisée.» Interrogée pour en savoir davantage, la secrétaire générale du PT ne dira rien de précis. «J’ai des noms et des visages mais je ne veux pas le dire. On n’ignore rien de ces gens qui roulent en Mégane et qui se sont rendus à Bouira. On connaît leur obédience politique», a-t- elle dit, ajoutant que «les centres d’intérêt traversent les institutions. Ils ne sont pas homogènes». Le Parti des travailleurs, cela dit, alerte l’opinion publique et interpelle le président de la République et le reste des institutions concernées. Il met en garde aussi le «centre occulte» contre ces provocations. Pour le parti, la dislocation des syndicats et des partis amènera inéluctablement à la désintégration de l’Etat. Louisa Hanoune a qualifié de gravissime la décision de justice rendue lundi contre le président d’El Islah.
S. A. I.

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