Actualités : BEDJAOUI FAIT PART DE SA PREOCCUPATION
«Les conditions d’attribution des visas aux Algériens sont discriminatoires»


Le traitement réservé aux Algériens demandeurs de visas n’est pas du goût du ministre des Affaires étrangères. A l’occasion de la tenue du premier conseil d'association, chargé de la mise en œuvre de l'accord d'association Algérie- Union européenne, Mohamed Bedjaoui a fait part de «la forte préoccupation de l'Algérie sur les conditions discriminatoires et attentatoires à la dignité, qui caractérisent l'attribution des visas européens aux ressortissants algériens».

Nawal Imès Alger (Le Soir) - Un constat que partagent les participants à l’atelier sur les relations algéro-européennes organisé par le Réseau intermaghrébin économie et société (RIMES). A l’unanimité, ils ont expliqué que l’accord d’association avec l’Union européenne constituait un tout et que la question des flux migratoires ne pouvait être dissociée. Si l’Algérie ne cache pas sa déception des résultats «mitigés» du processus de Barcelone, elle fait part de sa satisfaction de la mise en œuvre de l’accord d’association avec l’UE. Le ministre des Affaires étrangères a expliqué hier qu’il est prévu «le démantèlement des barrières tarifaires douanières pour plus de 2000 produits, matières premières et semi-produits. Cette tendance montera en cadence à partir du 1er septembre 2007 avec l'entrée en lice d'"une nouvelle liste de produits qui connaîtra une exonération progressive, sur cinq ans, des tarifs douaniers, jusqu'à démantèlement de toutes les barrières douanières en 2017». Pour le secteur de l'énergie qui n’est pas couvert par l'accord, un mémorandum d'entente est en cours d’élaboration. Réunis dernièrement, les membres au premier conseil d'association, chargé du suivi de l'accord d'association Algérie-UE, avaient mis au point un agenda politique pour donner un coup d’accélérateur au dialogue qui a longtemps souffert des a priori. Il est attendu le réchauffement des relations bilatérales et régionales. D’autant que Bédjaoui a fait savoir que «le partenaire européen a eu à nous faire part de sa satisfaction de l'évolution positive des réformes politiques et économiques en Algérie. Les deux parties ont retenu un nombre de chantiers de coopération» auxquels l'Union européenne a promis d'apporter sa contribution. Le partenaire européen a exprimé sa bonne appréciation de l'état de ses relations avec l'Algérie, qualifiant le pays de partenaire fiable. Un partenaire qui est néanmoins décidé à ne pas accéder à toutes les demandes de l’Europe. A titre d’exemple, l’Algérie s’est fortement opposée à l’implantation de camp de transit sur son territoire à l’image de ceux qui existent en Libye ou au Maroc. Refusant de faire le gendarme de l’Europe, l’Algérie propose à ses partenaires européens une stratégie basée sur un franc dialogue. Les experts pensent que seule une offensive à l’échelle maghrébine peut porter des fruits. En Algérie, 5 000 immigrés clandestins subsahariens sont arrêtés chaque année. Selon les statistiques, ils seraient entre 25 000 et 50 000 étrangers en situation irrégulière, fuyant une quarantaine de pays. N. I.

ILS ONT TRANSFERE 1,4 MILLIARD DE DOLLARS EN ALGERIE
6 000 émigrés retournent en Algérie chaque année

La structure de l’émigration est en phase de changer. C’est la conclusion à laquelle est arrivée Saïb Musette, chercheur au Centre national de recherches en économie appliquée au développement (Cread). Depuis 2000, ils sont entre 5 000 et 6 000 Algériens à reprendre le chemin qu’ils ont un jour emprunté. Le chercheur qui prenait part aux travaux de l’atelier organisé par RIMES a expliqué qu’ «entre 1987 et 1998, quelque 2 000 émigrés algériens revenaient définitivement chaque année en Algérie et la tendance s'est accélérée depuis l'année 2000, se situant actuellement entre 5 000 et 6 000. Ces chiffres brisent de faux mythes bien établis dans les esprits, dont celui de dire que les émigrés algériens partent pour ne jamais revenir». Qui sont ces Algériens qui décident de retourner en Algérie ? Une enquête est en cours et permettra de définir leur profil. Ces émigrés ont transféré 1,4 milliard de dollars en 2004 selon une étude de la Banque européenne d'investissement (BEI). Il semblerait que les nationaux ne soient pas les seuls à s’intéresser à l’Algérie. «Le nombre de Français en Algérie, dont des binationaux ayant aussi la nationalité algérienne, qui était de 8 000 en 2000, a été presque multiplié par quatre en 2004 pour atteindre environ les 30 000», a révélé le chercheur. N. I.

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