Spécial Coupe du Monde 2006 : MALGRÉ L'EXPLOIT DES BLACK STARS
L'Afrique marque le pas


Cinq représentants pour finalement un seul qualifié en huitièmes de finale du Mondial-2006 de football avec le surprenant et inattendu Ghana : l'Afrique, que l'on croyait monter en régime ces dernières années, a déçu, et n'est toujours pas la puissance annoncée. Le bilan est sans appel. Certes, parmi les cinq candidats du 1er tour, quatre d'entre eux participaient à leur première Coupe du monde, le Ghana, le Togo, l'Angola et la Côte d'Ivoire, et seule la Tunisie (4e participation) faisait figure de “vieux sage” au milieu de ces novices.

Mais le fait d'avoir réussi à se débarrasser des grands d'Afrique comme le Cameroun, le Nigeria, le Maroc, l'Egypte ou l'Afrique du Sud lors des qualifications en faisait des candidats tout à fait légitimes à la succession du Sénégal, quart de finaliste lors du Mondial asiatique. Raté ! Avec les seules “Black Stars” ghanéennes rescapées, qui vont de surcroît devoir affronter l'”ultra-favori” Brésil en 8e, c'est évidemment bien trop mince pour ce continent dont le roi Pelé avait estimé qu'un de ses représentants serait “champion du monde (...) avant la fin du XXe siècle”. Infrastructures défaillantes, manque d'expérience, fédérations incompétentes : ce cocktail explique en partie ces résultats décevants.

Tirage au sort fatal
Nul ne sait ce qui serait advenu du Togo si son problème de primes ne l'avait pas englué avant même que l'épreuve ne débute. La saga des coéquipiers d'Adebayor, qui ont dû bricoler un semblant d'unité quelques heures avant leur premier match face à la Corée-du-Sud, avec le retour surprise de leur sélectionneur allemand Otto Pfister, parti en raison de l'interminable crise, leur a coûté cher. Car les Eperviers furent à deux doigts de l'exploit face à la Corée-du-Sud (1-2) et face à la Suisse (0-2), malgré ce contexte surréaliste. La Fifa, qui a finalement elle-même dû verser une partie des primes aux joueurs, a décidé de saisir la commission de discipline après cette affaire. Nul ne peut savoir non plus ce que la Côte d'Ivoire aurait pu faire mieux si elle n'était pas tombée dans le “groupe de la mort” aux côtés de l'Argentine et des Pays-Bas. Un tirage au sort fatal pour ces Eléphants, tombés logiquement mais avec les honneurs face aux “Oranje” et à l'Albiceleste, et qui ont de surcroît manqué de chance.

“L'Afrique a un nom à défendre”
“C'est l'équipe qui a produit le jeu le plus séduisant des équipes africaines, a même estimé le président de la Fifa, Joseph Blatter. Une équipe forte mais qui n'a pas été servie par les décisions du corps arbitral lors de certaines phases capitales du match contre les Pays-Bas”. Si la Côte d'Ivoire n'a pas déçu dans le jeu, la Tunisie est en revanche passée complètement à côté de sa Coupe du monde. Les Aigles de Carthage ont sans doute scellé leur destin dès leur match nul face à l'Arabie saoudite (2-2), incapables de s'en relever ensuite face à l'Espagne (1-3) et à l'Ukraine (0-1). En revanche, l'élimination de l'Angola, défait non sans mal par le Portugal (0-1), leur ancienne puissance colonisatrice, a ensuite enchaîné deux matches nuls pleins de promesses face au Mexique (0-0) et à l'Iran (1-1). “Ce résultat va j'espère faire progresser le football africain. Un jour, le monde réalisera que l'Afrique a un nom à défendre et qu'elle défendra sa réputation”, a estimé le sélectionneur angolais Luis Goncalves de Oliveira. Quant au Ghana, porteur de tous les espoirs déçus, sa nette victoire sur la République tchèque (2-0) après avoir fait souffrir l'Italie (0-2), confirmée par son succès contre les Etats-Unis (2-1), peut lui laisser croire que les Brésiliens ne sont pas si intouchables. Un mince espoir, mais un espoir tout de même.

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