Spécial Coupe du Monde 2006 : Foi et foot : les voies impénétrables

Les voies du ciel peuventelles mener à la victoire en Coupe du Monde? Qu'ils soient musulmans ou chrétiens, de nombreux footballeurs ne font pas mystère de leur foi, qu'ils pratiquent sur les terrains, à l'hôtel ou dans des espaces de prière spécialement aménagés dans les stades.
“En 2002, nous avons prié pour que l'équipe qui loue le plus le Seigneur devienne championne du monde. Et ça nous a aidés”, explique le défenseur brésilien Lucio, qui, il y a quatre ans, après la victoire des “auriverde”, s'affichait avec un t-shirt “Jesus loves you”. Chez les joueurs issus de pays très catholiques, comme le Brésil, l'Italie ou l'Espagne, il est courant que des joueurs se signent en entrant sur le terrain. Les Portugais, eux, ont carrément installé leur quartier général à proximité immédiate du magnifique monastère médiéval de Marienfeld (ouest). Le matin, alors que ses joueurs dorment encore, leur entraîneur brésilien Luis Felipe Scolari s'y rend pour méditer. Pour les très religieux “Fils du désert” saoudiens, la prière est évidemment de mise pendant la compétition. Mais, au lieu des cinq prières quotidiennes, les joueurs se contentent de trois, exigences sportives obligent. Dans leur hôtel de Bad Nauheim (centre-ouest), des auto-collants indiquant la direction de La Mecque ont été installés aux plafonds ou sur le mobilier. La direction de l'établissement a également pensé à remiser aux placards les bibles qu'elle met habituellement à disposition des clients dans les chambres. Leurs coreligionnaires iraniens qui, tout comme les Saoudiens, n'ont pas dépassé le premier tour, disposaient également d'espaces de prière installés spécialement à leur intention dans leur quartier général de Friedrichshafen (sud-ouest), à la demande expresse des autorités de Téhéran. Mais la prière peut aussi se pratiquer directement dans les enceintes sportives. Les stades de Berlin et de Gelsenkirchen sont ainsi équipés d'une chapelle, où les joueurs peuvent venir se recueillir à l'abri de la ferveur de leurs supporteurs. Lesdites chapelles ont d'ailleurs provoqué cette semaine un début de polémique, la Fédération internationale de football (Fifa) ayant décidé la semaine dernière de les fermer, afin de ne pas heurter la susceptibilité des joueurs se réclamant d'une autre religion que le christianisme. “On peut appeler ça de la prudence excessive, mais nous ne voulons pas mettre en avant une religion particulière”, avait expliqué le vice-président du comité d'organisation du Mondial, Wolfgang Niersbach. Devant les protestations des Eglises chrétiennes, qui avaient argué que ces chapelles pouvaient servir de lieux de recueillement à tous les croyants, quelle que soit leur foi, la Fifa a finalement fait machine arrière vendredi et rouvert les locaux aux fidèles en crampons.

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