Actualités : ROMANO PRODI ATTENDU A ALGER EN NOVEMBRE
Officiellement, l’Italie ne craint aucun «cartel» du gaz


Le président du Conseil italien, Romano Prodi, est attendu à Alger au mois de novembre prochain. Auparavant, le ministre algérien des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui, sera l’hôte en septembre du gouvernement italien.
Deux déplacements évoqués par le vice-ministre italien aux Affaires étrangères, chargé de la Méditerranée et du Moyen-Orient, Ugo Intini, en visite de travail dans notre pays pendant quatre jours. Celui-ci avait, jeudi dernier, au siège du ministère algérien des Finances, coparrainé avec Mourad Medelci, ainsi qu’avec le ministre délégué à la Coopération et aux Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, la signature de l’accord bilatéral de remboursement par anticipation de la totalité de la dette algérienne contractée envers l’Italie et «au montant important» de plus de 1,7 milliard de dollars. En fait, ce chassé-croisé diplomatique participe de la dynamique commune aux deux pays de développer «un partenariat stratégique » entre l’Algérie et l’Italie, voire un «partenariat exemplaire entre le nord et le sud de la Méditerranée». Soit, la volonté commune d’aller de l’avant et «approfondir» de manière globale la coopération économique, dans les secteurs des travaux publics, des transports, de la PME, des ressources en eau, et de l’énergie (projet du gazoduc GALSI notamment). Concernant le domaine énergétique, l’Algérie fournissant 50% des besoins de l’Italie en gaz naturel, la visite de l’officiel italien qui s’inscrit dans le cadre du mécanisme de coopération bilatéral a permis d’impulser un élan nouveau. Voire un déplacement voulu aider à dissiper d’éventuels malentendus entre les deux pays concernant l’énergie même si le responsable italien, qui sera reçu demain par le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, n’a pu rencontrer le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, en «vacances», dira Ugo Intini. Cela étant, le vice-ministre italien a réfuté que son pays nourrisse des craintes quant à la création d’un «cartel» algéro-russe du gaz, voire d’une OPEP du gaz, dans le futur. Selon Ugo Intini, officiellement et «en l’état actuel des choses», «il n’y a pas de préoccupations ou d’inquiétudes du gouvernement italien concernant ce cartel qui n’existe pas». En fait, de telles appréhensions, selon lui, sont uniquement du fait de la presse, «très sensible à tout ce qui concerne l’énergie », et de l’opérateur énergétique italien ENI. A rappeler que ces appréhensions sont nées suite à la conclusion la semaine dernière d’un accord de coopération gazière entre l’opérateur algérien Sonatrach et deux compagnies russes Loukoil et Gazprom. Cela même si les observateurs peuvent noter une discordance de ton entre ce vice-ministre et son supérieur hiérarchique et président du conseil. Pour le vice-ministre, ce faisant, l’Algérie et la Russie sont les fournisseurs essentiels en gaz de l’Italie et «ses partenaires stratégiques». En fait, l’Italie est certes un pays «importateur d’énergie» mais elle est aussi un pays «exportateur de travail» vers ces destinations. Et «notre objectif est d'exporter du travail et importer du gaz et c’est un objectif pour lequel il faut intensifier les rapports économiques et politiques. Je suis ici pour cela», a affirmé Ugo Intini. Une manière adroite de signifier que son pays ne craint pas les pressions d’un éventuel cartel de pays où il compte nombre d’investissements. Chérif Bennaceur

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