Périscoop : BAZOOKA
La bonne et la mauvaise question
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr.


C’est quand même curieux ! Les partis au pouvoir et quelques autres posent toujours les mêmes questions sur les délais de forclusion de la charte pour la réconciliation nationale et la loi de concorde civile.
Il faut encore prolonger, toujours prolonger. La décision appartient au pouvoir et à lui seul. Après toute la campagne et le bruit sur cette charte-miracle, il n’y a vraiment plus rien à dire. Car si la parole et la réflexion peuvent être utiles, elles devaient être entendues avant le référendum. Et il semble difficile de corriger quoi que ce soit à l’heure et dans les circonstances actuelles. Cette charte a transformé le problème de la paix et de la sécurité en face-à- face entre le pouvoir et les terroristes. Ce n’est plus l’affaire de la société et du pays écartés du débat depuis l’annonce de l’idée. La question que le pouvoir ne peut plus poser bien qu’elle soit capitale et la seule intéressante est la suivante : pourquoi des jeunes continuent à monter au maquis ? Pourquoi les sources de recrutement restent abondantes ? Qu’est-ce qui pousse des jeunes qui n’ont pas connu le FIS ni les années d’agitation politique à choisir ce mode de vie ? Le renouvellement permanent des maquis signifie que les mêmes facteurs, les mêmes raisons, les mêmes motivations restent actifs et, malheureusement, féconds. Ils doivent être nombreux et complexes, difficiles à cerner en totalité et dans leur interaction. Mais une chose est sûre : le pouvoir n’a pas mené les réformes ni les actions susceptibles de juguler le fléau à ses sources idéologique, culturelle, éducative, sociale et politique. Il n’a surtout pas réussi à faire de l’identité nationale, l’identité algérienne, la valeur suprême des Algériens seule façon d’empêcher les autres composantes de notre identité de devenir des facteurs de division meurtrière. Il n’est certainement pas trop tard pour le faire mais la nature de ce pouvoir et des groupes sociaux qu’il représente le rend incapable de le faire. La patrie est si loin de leurs soucis. M. B.

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