Le Soir Auto : Les essais du Soir Auto

NOUVELLE PEUGEOT 207CC
Le coupé cabriolet revu et corrigé
Une année après le lancement de la berline, la Peugeot 207 s’offre une deuxième pétale à travers une nouvelle déclinaison en coupé cabriolet. Un style relancé avec la 206, peaufiné et retravaillé avec 207.
Avec 367 000 ventes, sa devancière a investi avec succès un créneau nouveau et où les acteurs se font de plus en plus nombreux. Ce dernier modèle de Peugeot a été tout récemment soumis aux essais de la presse internationale dans la pittoresque Andalousie au sud-est de l’Espagne. Des routes escarpées et sinueuses qui ont permis de mettre à rude épreuve le véhicule. D’emblée, nous nous devons de relever une meilleure et, du reste, très perceptible, maîtrise de la cinématique du toit. Une maturité qui profite à la bonne réputation du véhicule et le positionne correctement dans cette niche. Le souci évident des techniciens de Peugeot a été d’améliorer les performances et le confort du véhicule tout en renforçant sa construction et la rigidité de sa structure en la dotant d’un lot impressionnant d’éléments de renfort, sur le tunnel central, les longerons, les pieds de montant de baie, la traversée arrière et les tirants croisés sous la caisse. Un dispositif rendu nécessaire pour que la structure de la 207 cc ne souffre d’aucune défaillance. Le résultat est en effet on ne peut plus édifiant. Le véhicule absorbe avec souplesse les inégalités de la chaussée et autres ralentisseurs, pourtant assez prononcés. Aucun bruit ou craquement particulier ne se fait entendre en dépit de la complexité du toit et des différents éléments de sa structure. Il est utile de signaler que le toit escamotable précédemment conçu chez un sous-traitant français est désormais réalisé dans les ateliers de Peugeot qui a réussi à en maîtriser et améliorer la fabrication. Entièrement automatisé, à partir d’un bouton situé sur le bas de la console centrale, ce toit se plie ou se déplie durant 25 secondes grâce à six vérins et 11 capteurs. La hauteur du toit de la 207 cc s’est vue réduite de 75 mm par rapport à la 206 cc, ce qui améliore, certes, l’aérodynamisme de la voiture mais qui génère toutefois une certaine gêne pour le conducteur et son passager, en raison des montants de pare-brise sensiblement abaissés notamment en version cabriolet. Il va sans dire que ce nouveau dimensionnement en hauteur a entraîné une révision tout aussi à la baisse de la position de conduite avec en prime un volant réglable en profondeur. De même que l’habitacle en position coupé bénéficie d’une insonorisation plus qu’appréciable. Peu de bruit vient effectivement perturber la quiétude. En revanche, et une fois le toit escamoté et les cheveux emportés par le vent, il n’est plus permis d’appuyer profondément sur le champignon de crainte de voir les tourbillons et autres bruits rendre inaudibles les conversations entre passagers ou la musique diffusée par l’autoradio. Il est vrai que le plaisir du cabriolet c’est de rouler dans une plage de vitesse très raisonnable. A l’intérieur de l’habitacle, on est frappé par le style plaisant et épuré de la planche de bord tout de cuir vêtue. L’instrumentation ergonomique évoque inévitablement la sportivité que Peugeot a tenu à imprimer sur l’ensemble de ce coupé cabriolet. On y relève notamment un volant et un pommeau de levier de vitesse en cuir, des cadrans ronds cernés de chrome à fond noir ou blanc, des sièges sport bien enveloppant… et naturellement la position de conduite abaissée qui rappelle les bolides de course. A l’arrière et en fait de places “d’appoint”, il ne s’agit en définitive que d’un appoint au coffre à bagage qui perd de sa valeur une fois le toit recroquevillé sur lui-même et occupant une bonne partie de l’espace de chargement. En utilisation pleine (en coupé), le coffre offre, en revanche, un volume global de l’ordre de 370 dm3, soit 100 dm3 en plus que la berline 207. Côté sécurité, la 207 cc a bénéficié d’une attention particulière de la part de ses concepteurs qui ont tenu compte de ses spécificités. Il en est ainsi des arceaux actifs situés juste derrière les deux sièges arrière qui se libèrent en quelques millisecondes dès que le capteur d’angle et la vitesse de rotation détectent une situation critique, et ce, grâce à son système pyrotechnique. La 207 cc est équipée d’une multitude d’airbags et d’une panoplie d’aide à la conduite comme le limiteur de vitesse variable, couplé au régulateur, le détecteur de sous-gonflage, l’aide au stationnement, l’ABS, l’ESP, etc. C’est dire surtout que la conception de la 207 cc devrait répondre à un cahier des charges très contraignant pour le constructeur, mais très rassurant pour le client qui devra ressentir un niveau de sécurité supérieur. Dommage, toutefois, que des petits détails peuvent parfois échapper aux techniciens à l’image d’une poignée d’appui pour le passager et dont nous avions ressenti cruellement l’absence notamment tout au long de virage en véritable bouche de cheveu. Sous le capot de la 207 coupé cabriolet, nous retrouvons deux blocs essence issus de la coopération entre le groupe PSA Peugeot Citroën et BMW, le 1.6l 16V de 120 ch de puissance réelle et un couple de 160 nm à 4 250 tr/mn, et le 1.6 l 16V. THP (très haute pression) développant pas moins de 150 ch avec un couple impressionnant de l’ordre de 240 nm disponible à 1400 tr/mn. Une performance propre habituellement aux moteurs diesel. De même que la dernière 207 dispose d’un moteur diesel connu déjà dans la gamme du constructeur français, le 1.6 l HDi 16V avec filtre à particules d’une puissance maxi de 110 ch et un couple de 240 nm à 1750 tr/mn, ou 260 nm avec “Overboost”. Notre “médaille du mérite” est réservée sans aucun conteste au moteur 1.6 l ess THP avec son aisance surprenante sur tout type de route et particulièrement les côtes grâce surtout à son couple très respectable qui insuffle au véhicule un air de petit bolide. Le HDi, pour sa part, et sans trop démériter, suscite souvent auprès du conducteur l’effet d’aller chercher de la puissance dans les rapports inférieurs. Ceci étant, la nouvelle Peugeot 207 cc fait une entrée remarquée dans ce club encore réservé à quelques marques, en apportant des améliorations sensibles à ce concept et où Peugeot a déjà brillé en 1931 avec la mythique 401 Eclipse qui avait constitué en son époque une innovation technologique majeure dans l’industrie automobile encore à ses premiers balbutiements. Si la commercialisation de la 207 cc, qui remplace définitivement la 206 cc, a déjà débuté en Europe, elle ne le sera chez nous que dans quelque temps. Les passionnés d’autos algériens pourront en attendant l’apprécier dans le stand de Peugeot au prochain Salon d’Alger.
B. Bellil

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