Actualités : PROCES DE L'AFFAIRE DITE SCANDALE D'ALGERIE TELECOM
De lourdes peines requises contre l'ex-PDG et ses collaborateurs


Des peines maximales ont été requises hier, par le représentant du ministère public à l’encontre des prévenus poursuivis dans l’affaire dite «scandale d’Algérie Télécom», dont le procès se tient depuis avant-hier au niveau du tribunal correctionnel d’El-Harrach. Ainsi, après avoir entendu les témoins et la plaidoirie de la partie civile, le procureur général prononce le réquisitoire et demande de lourdes peines. Des demandes qui ont provoqué un malaise au sein de l’assistance, mais surtout chez les robes noires qui les ont qualifiées de «très lourdes».
A ce titre, quatre prévenus dont les trois entrepreneurs, en l’occurrence Fodhili, Bousahoua, Kaoula et Farouk Ouahab ont vu le ministère public demander à leur encontre dix années de prison ferme et un million de dinars de dommages et intérêts, alors que les sept autres, dont l’ex-Pdg d’Algérie Télécom, le représentant du ministère public a requis à leur encontre huit années de prison ferme et 500 000 DA d’amende. Selon les avocats de la défense, les demandes formulées par le parquet général ont surpris plus d’un, «du fait que les charges retenues contre les uns sont totalement différentes de celles retenues contre d’autres». Mais il n’en demeure pas moins que ce deuxième jour d’audience a été notamment marqué par la poursuite des autres prévenus, mais également des témoins, dont l’ex-sous-directeur financier d’Algérie Télécom. Selon M. Benkahla, «plusieurs rapports ont été adressés à l’ex-directeur général d’Algérie Télécom sur la manière dont se préparaient les rapports des contrats et la dépense financière qui suivait les différentes opérations». Or, la personne concernée, selon ses dires, a eu comme réaction un changement de son poste de sous-directeur financier, notamment au lendemain de la publication par la presse de ce sandale. Il dira également au président du tribunal qu’«une copie de ce rapport a été adressée à l’actuel ministre de la Poste et des Technologies de l’information M. Boudjemaa Haïchour. Des propos qui ont provoqué la réaction de l’avocat de l’ex-Pdg d’Algérie Télécom qui a indiqué que M. Benkahla «n’a pas été relevé de son poste suite à cette affaire». Des propos que confirme le prévenu Brahim Ouarets en déclarant au tribunal que «ce changement s’est inscrit dans la cadre d’un mouvement interne à l’entreprise et que M. Benkahla a été maintenu à la même catégorie et avec les mêmes avantages financiers ». Toutefois, le principal témoin dans cette affaire a tenu à indiquer en marge de son témoignage, qu’«en adressant une copie du rapport au ministre de tutelle en avril 2005, ce dernier ne pouvait intervenir du fait qu’il ne dispose pas d’un pouvoir sur Algérie Télécom». Cela dit, les faits marquants de cette seconde journée du procès sont notamment ceux relatifs aux auditions du receveur de la poste de Ben-Aknoun qui avait occupé par ailleurs le poste de receveur de la poste de Chéraga et de l’entrepreneur Fodhili. Ainsi, l’ex-receveur, M. Farouk Ouahab, n’a pu trouver des réponses appropriées aux questions soulevées tant par le juge que par le représentant du ministère public. Chaque fois, il se limitait à répéter «qu’il a agi en bonne foi», ce qui a provoqué la colère du parquet et du président du tribunal lui signifiant, qu’«il n’ y a pas de bonne foi dans ce genre d’affaire». En effet, le tribunal reproche à l’ex-receveur d’avoir procédé à des encaissements de chèques endossés à des tierces personnes au profit de l’entrepreneur Fodhili. «Vous avez outrepassé la réglementation. Vous n’avez aucun droit de procéder de la sorte. C’est une violation flagrante de la loi», assène à son adresse le président du tribunal. Pour sa part, le représentant du ministère public a tenté de justifier la relation qu’entretient l’ex-receveur avec l’entrepreneur Fodhili. Une relation que ce dernier a qualifiée de «professionnelle», ce qui a contraint le président du tribunal correctionnel à revenir en rappelant tant à Farouk Ouahab qu’à Fodhili que «la relation entre les deux hommes existe depuis longtemps et que plusieurs chèques non endossés pour Fodhili ont été encaissés par Farouk Ouahab». Les plaidoiries des avocats de la défense qui ont commencé à 17h se poursuivront ainsi toute la soirée. Mais une demi-heure avant, l’avocat de la partie civile a plaidé pour «le rétablissement du préjudice subi par Algérie Télécom qui est de 22 milliards de centimes», tout en portant à la connaissance du tribunal que «la cause principale de cette situation trouve son origine au fait qu’à cette époque, il n’y avait pas d’ordre au sein de l’opérateur historique et que les responsabilités n’étaient pas définies par une réglementation bien précise.»
Abder Bettache
youcefabder@hotmail.com

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