Actualités : VISITE DE JUAN CARLOS EN ALGERIE
Bouteflika appelle l'Espagne à aider le peuple sahraoui


Le roi d’Espagne, Juan Carlos 1er, est arrivé hier matin à Alger, accompagné de la reine Sofia et d’une forte délégation. Sitôt arrivé dans la capitale algérienne et après une escale au carré des Martyrs à El Alia où il a déposé une gerbe de fleurs à la mémoire des martyrs de la Révolution, le roi a été reçu par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour un entretien en tête-à-tête d’abord, élargi ensuite aux membres des deux délégations. Bouteflika et Juan Carlos 1er n’auraient pas seulement satisfait des exigences protocolaires, considérant ce que l’actualité leur soumet comme dossiers et questions à passer en revue.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Si le roi d’Espagne honore, à travers cette visite d’Etat de trois jours, une invitation que le président Bouteflika lui a adressée par le passé, il n’en reste pas moins qu’il ne pouvait se soustraire aux préoccupations du moment et se résumer à consommer un séjour protocolaire. Sa visite intervient, en effet, à un moment où l’Algérie décide d’aligner les prix de son gaz vendu à l’Espagne sur la réalité du marché international. La décision est annoncée par le ministre algérien de l’Energie, Chakib Khelil, pendant que, du côté espagnol, il a été confirmé l’ouverture de négociations autour du dossier. L’augmentation du prix de gaz vendu à l’Espagne procéderait plus d’un pragmatisme économique et commercial que d’une forme de pression sur le partenaire, comme certains se sont allés à le supposer. Car, même s’il demeure vrai qu’un léger froid diplomatique a soufflé sur la relation algéro-espagnole après l’alignement du gouvernement espagnol sur la position marocaine par rapport à la question du Sahara occidental, ce n’est pas au point d’altérer la relation commerciale entre les deux pays. Notamment en matière énergique où l’échange entre l’Algérie et l’Espagne projette d’atteindre un volume encore plus prépondérant avec le grand projet MedGaz. L’Algérie, aujourd’hui, satisfait les besoins de l’Espagne en énergie à hauteur de 60%, ce qui n’est pas rien. Par ailleurs, les Espagnols n’ont montré aucun signe à même de déduire à une irritation de leur part quant à cette volonté algérienne de leur faire payer plus cher le gaz. Un porte-parole de la compagnie de gaz espagnole, Gas Natural, cité avant-hier par l’AFP, évoque une révision de contrat d’importation de gaz signé par le passé avec Sonatrach. L’intensité de la relation entre les deux pays a, au demeurant, été, confirmé par la signature, hier, à Alger, de six accords de coopération économique, diplomatique et parlementaire, à l'occasion de la visite d'Etat du roi d'Espagne Juan Carlos 1er en Algérie. Ces accords ont été paraphés, lors d'une cérémonie au siège de la présidence de la République, en présence du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, du roi Juan Carlos 1er et de son épouse, la reine Sofia, ainsi que des membres des délégations des deux pays. Le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, M. Mohamed Bedjaoui, et son homologue espagnol, M. Miguel Angel Moratinos, ont signé un accord portant sur le transport aérien, un deuxième sur la coopération parlementaire et deux dans le domaine maritime. Les accords maritimes consistent en un "plan d'intervention algéro-espagnol en cas de catastrophe en Méditerranée" et un "mémorandum d'entente sur la coopération technique dans le domaine de la recherche et du sauvetage en mer et de la lutte contre la pollution maritime et sa prévention". Le sixième accord algéro-espagnol signé hier est un mémorandum d'entente entre le ministère des Finances algérien et le ministère de l'Industrie, du Tourisme et du Commerce espagnol. Il a été signé, côté algérien, par le ministre des Finances, M. Mourad Medelci, et le secrétaire d'Etat espagnol au Tourisme et au Commerce, M. Pedro Mejia.
L’Espagne appelée à assumer sa responsabilité par rapport au Polisario

Le président Bouteflika a, dans un entretien livré par le quotidien espagnol El Mundo, rappelé la position algérienne par rapport à la question du Sahara occidental. Il a affirmé, en effet, qu’«aucune solution unilatérale ne peut être viable» et que «seule la reconnaissance du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est de nature à résoudre le problème». Pour le président de la République, qui s’est entretenu le même jour à Alger avec le roi d’Espagne, «seule est viable une solution pacifique par l’organisation sous l’égide de l’ONU d’un référendum d’autodétermination ». Dans le même entretien, il a soutenu que «les Espagnols ont tout à gagner à assumer leur responsabilité morale et historique sur cette question», appelant au passage «l’Espagne à contribuer activement à rétablir le peuple sahraoui dans son droit légitime à décider démocratiquement de son destin». Et dans un toast levé en l’honneur du roi Carlos, Bouteflika a mis l’accent sur l’excellence des relations entre l’Algérie et l’Espagne, liées depuis 2002 par un traité d’amitié.
S. A. I.

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