Actualités : LES ENJEUX DU MARCHE BANCAIRE NATIONAL
Mise à niveau, sécurisation et assainissement du commerce extérieur


Les banques publiques algériennes ne sont pas encore au niveau, selon le directeur de l’Unité de gestion du programme Meda d’assistance à la réforme du secteur financier, Pierre Gueneau. Intervenant, hier, à l’hôtel Mercure, lors d’une rencontre-débat organisée par le magazine Algérie Entreprise sur les nouvelles donnes du marché financier, le représentant de cette UGP a estimé que les établissements bancaires doivent combler “le gap”qui les sépare des banques internationales et notamment européennes.
Selon cet expert européen, les banques algériennes doivent transcender la gestion “administrative”, où “le client n’existe”pour évoluer vers une gestion de banques “commerciales, de détail”. En ce sens, un programme d’assistance européenne a été entamé depuis 2001 et doit s’achever dès septembre 2007, un programme doté d’une enveloppe de 23 millions d’euros, couvrant à peine 10% des besoins des banques publiques, en vue de leur mise à niveau, réorganisation et amélioration de leurs performances. Ainsi, un travail de proximité a été lancé au niveau de quelques agences bancaires “pilotes”en vue notamment d’améliorer l’accueil de la clientèle, en mettant “le client au cœur de l’activité bancaire”et en séparant les fonctions administratives de celles commerciales. A ce propos, le représentant de l’UGP a adressé un satisfecit à l’action de la banque BDL où, selon lui, les choses avancent bien en matière d’amélioration de la politique des crédits bancaires. Justement, une politique des crédits, l’amélioration des moyens de paiement, la diversification des instruments financiers, l’expansion du réseau bancaire, l’ouverture du secteur et la sécurisation du marché financier notamment, dont les participants à cette rencontre-débat ont relevé et des avancées certaines mais aussi encore des insuffisances et la persistance de quelques dysfonctionnements. Cela étant, le délégué général de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (ABEF), Abderrahmane Benkhalfa, autre intervenant, a prévu que l’année 2010 sera celle du développement du ecommerce ou commerce électronique, après une période (second semestre 2007 et les années 2008-2009) qui aura vu l’achèvement du processus de modernisation des instruments de paiement, la réhabilitation du chèque et le développement du paiement électronique. Évoquant la sécurisation du marché financier, un enjeu d’actualité et dont la clientèle s’élève actuellement à quelque 21 millions de clients (clients postaux compris), le représentant de l’ABEF a considéré que “les fraudeurs bancaires sont une race en voie d’expansion”et que les enseignements ont été bien tirés, à la suite des “scandales bancaires et autres actes délictueux”, la place bancaire et les pouvoirs publics ayant renforcé, selon Abderrahmane Benkhalfa, les mécanismes d’alerte et de vigilance ne permettant plus à ces fraudeurs d’évoluer comme avant. Par ailleurs, le délégué général de l’ABEF a prôné la nécessité de développer le système de rating ou notation des entreprises en quête de crédits, par le biais de la mise en place d’une agence algérienne de rating, appuyée par trois grandes banques de réseau et ouverte aux organismes internationaux de rating. Comme il n’a pas manqué de mettre l’accent sur la nécessité de poursuivre la rénovation en cours de notre commerce extérieur, un débat étant engagé et impliquant tant l’ABEF, la Banque d’Algérie que les autres structures nationales. Soit en sécurisant les transactions commerciales, que ce soient les exportations ou les importations et en assainissant ce secteur qui pâtit de “retombées négatives”dont l’ensemble des acteurs de la chaîne sont responsables d’une manière ou d’une autre.
Chérif Bennaceur

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