Actualités : CE MONDE QUI BOUGE
Guerre nucléaire limitée sur l’Iran !
Par Hassane Zerrouky


A lire les déclarations de ses dirigeants, le régime iranien donne l’impression d’avoir intégré la possibilité d’une attaque militaire américaine. En effet, les Iraniens ont quelque raison de s’inquiéter. Les informations en provenance de Washington font craindre une attaque à l’aide de minibombes nucléaires, dénommées «mini-nukes », contre les installations industrielles et nucléaires iraniennes.
La B61-11, nom de cette bombinette, est une arme nucléaire tactique pesant 315 kg, d’une puissance de 300 kilotonnes, moins puissante, affirme-t-on, que celle larguée en 1945 sur Hiroshima. Elle est destinée à détruire des infrastructures souterraines, situées à six mètres de profondeur. Imaginée par les nucléocrates du Pentagone, la «mini-nuke» fait désormais partie de la nouvelle génération d’armes nucléaires tactiques américaines à la puissance limitée. Certes, pour l’heure, le président George Bush privilégie la diplomatie pour contraindre l’Iran à renoncer à son programme d’enrichissement d’uranium. Mais, il a à maintes reprises répété que «toutes les options sont sur la table». Parvenus à la conclusion que les sanctions onusiennes ne feront pas plier l’Iran, les faucons de la Maison Blanche estiment que seule une guerre éclair arrêtera le programme nucléaire iranien. Tirant les leçons de la guerre d’Irak, l’administration Bush a écarté l’idée d’une guerre classique trop coûteuse humainement pour ses soldats parce qu’elle serait jugée inacceptable par une opinion américaine de plus en plus hostile aux plans guerriers du locataire de la Maison Blanche. Pour ce faire, les faucons américains ont mis au point un plan, connu sous le code de «Tirrannt» (Theatre Iran Near Term), plan comportant une série de frappes nucléaires contre une centaine ou plus de sites en territoire iranien. Toutefois, conscient qu’il lui faudra trouver un prétexte convaincant pour justifier cette guerre, Washington n’écarte pas l’idée d’une «provocation iranienne» pour actionner sa machine de guerre. Et dans cet ordre d’idées, l’audition de Zbignew Brzezinski, l’ancien conseiller à la Sécurité nationale du président Carter, est on ne peut plus édifiante. Le 1er février, intervenant devant la Commission des affaires étrangères du Sénat, il a averti qu’il n’excluait pas «un acte terroriste sur le sol américain dont l’Iran serait rendu responsable». Ajoutant : «Ceci pourrait culminer avec une action défensive contre l’Iran qui plongerait une Amérique isolée dans un bourbier englobant l’Iran, l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan.» Faisant fi de cet avertissement, Washington a déjà mis en route la machine de guerre informationnelle afin de mettre sous pression l’opinion publique. Des tribunes signées par des personnalités et intellectuels généralement proches des thèses israéliennes sont publiées dans la presse anglo-saxonne et française. En France, six salles de cinéma diffusent un spot publicitaire intitulé «Soyons ferme avec l’Iran». Cette campagne de désinformation exploite habilement les déclarations du président Ahmadinejad appelant à «rayer Israël de la carte», et ce, sans tenir compte du fait que ce dernier est de plus en plus contesté en Iran même. Pire : le 7 février, intervenant devant le Congrès, le nouveau chef du Pentagone, Robert Gates, a indiqué que son pays devrait se préparer à une confrontation militaire avec la Russie ! Cette soudaine agressivité américaine vient en droite ligne de cette thèse en vogue dans les milieux néoconservateurs américains de «situation de chaos contrôlée», et selon laquelle on peut mener une guerre localisée comportant des dommages collatéraux raisonnables sans risque d’un conflit nucléaire majeur. Reste que cette stratégie est en train d’attiser les tensions internationales. Vladimir Poutine, qui a révélé que son pays mettait au point des armes de «nouvelle génération», a déclaré qu’il ne laisserait pas Washington décider seul de la guerre et de la paix !
H. Z.

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable