Samedi 05 Mai 2007
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions Centre
Régions Est
Régions Ouest
Sports
Femme magazine
Chronique du jour
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Culture
Monde
 
 
Nos archives en HTML
Nos archives en PDF
 

VIVEMENT DIMANCHE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

«Belkhadem a été interviewé par le quotidien français Le Monde .»

Une preuve que le plan
Vigie Pirate n’est pas infaillible !

C’est tout de même dingue ! Demandez à chaque coin carré de rue au quidam et il vous répondra : «Ségo avait bien démarré. Sûre d’elle. Pleine de maîtrise. Et puis, elle a pété un plomb, elle s’est emportée et a dérapé. Tapi dans un coin du ring, Sarko n’avait plus qu’à la cueillir avec un uppercut.» Changez de coin de rue, allez sur une place de village tout autant hérissée de paraboles, et vous tomberez sur un autre quidam qui vous narrera avec force détails «cet index pointé par la candidate socialiste en direction de son rival de l’UMP». Un autre quidam aura noté la petite larme de fureur que n’a pu réprimer Madame Royal lorsque le sujet des handicapés a été perfidement abordé par M. Sarkozy. Dans n’importe quel café de n’importe quelle ville du pays, on ne cachera pas une petite pointe de fierté en soulignant les origines maghrébines de Rachida Dati, la porte-parole du candidat de la droite. Sa capacité à rabattre le caquet de vieux routiers de la politique pourtant rodés aux shows des débats et aux plateaux télé. En un mot comme en cent, nous sommes imbattables en matière d’élections présidentielles françaises. Maintenant, repartez vers le même coin de rue que tout à l’heure, dans les mêmes cafés ou sur les mêmes places de village et demandez aux quidams de passage de vous parler de leurs candidats pour la législative algérienne du 17 mai prochain. Un vide sidéral. Presque aussi sidéral que ce blanc des panneaux que les autorités se sont empressées de monter et qui demeurent pour la plupart vides d’affiches, ne servant, dans le meilleur des cas, que perchoirs à oiseaux déprimés ou de paniers pour le basket de rue. Le plus cocasse dans cette affaire, c’est que le régime de bananes qui nous gouverne tant mal que mal nous engueulerait presque pour notre désintérêt. Encore quelques heures, et il va nous taxer de mauvais citoyens. M’enfin ! Faites en sorte que l’acte de voter retrouve son sens, libérez les urnes et les unes des journaux publics, arrêtez le blanchiment de résultats le vendredi et là, nous nous intéresserons enfin à une élection chez nous, nous vous décrirons avec minutie l’index sévère de Louisa pointé en direction d'un Ouyahia imperturbable, la parfaite maîtrise du dossier iranien par Belkhadem, le sang-froid tueur de Sadi lorsqu’il rappelle à Soltani que la bonne gouvernance ne s’apprend pas dans une boule de cristal et ne se transmet pas à travers les fumées de «b’khour». En attendant que vous le fassiez (ha ! ha ! ho ! ho ! hi ! hi !) demain, de mon petit village, agrippé comme un enragé à ma parabole rouillée par l’humidité et le mauvais œil, je me délecterai d’une nouvelle nuit blanche électorale. Tout en fumant du thé pour rester éveillé au cauchemar qui continue.
H. L.

Nombre de lecture : 3894

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site