Actualités : CRISE DANS LE MOYEN-ORIENT
L'Algérie peut jouer un rôle, selon un expert américain


“Les Etats-Unis d’Amérique peuvent bien coordonner leurs efforts avec l’Algérie pour réduire pas mal de crises dans le monde arabe”, telle est l’analyse faite hier par Clayton E. Swisher, directeur des programmes du Middle East Institute (MEI), l’un des plus anciens centres de recherche américains spécialisés dans les problèmes du Proche-Orient.
Lors de son passage au forum d’ El Moudjahid, cet expert du Proche-Orient, notamment sur le conflit palestino-israélien et le Liban, a déclaré qu’au-delà des conventions et relations bilatérales signées entre ces deux pays, il y a plusieurs points communs favorisant cette coopération dans le Moyen-Orient. “Tout comme l’Algérie, qui a connu une guerre de libération et une autre civile, les USA ont dû combattre pour avoir leur indépendance et une autre pour s’unir”, a affirmé cet expert. Ceci, avant d’ajouter plus loin que l’Algérie connaît “une coexistence entre l’Islam et la démocratie contrairement à ce qui a été galvaudé en Occident”. L'auteur de The Truth About Camp David, La Vérité au sujet de Camp David, (New York, Nation Books: 2004), estime que “les Etats-Unis d’Amérique et Israël offrent une image piteuse de la paix dans la région”. Pour cet expert, “l’ensemble des acteurs des conventions de Camp David ont fait en sorte de saboter le processus de paix. Ils se sont retournés contre Yasser Arafat après l’avoir présenté comme l’image du seul représentant du peuple palestinien. Mais finalement, il est aisé de noter qu’il n’y avait pas d’intentions réelles pour mener les négociations dans le sens de la paix”, a-t-il souligné. Tout en se disant qu’il n’est “pas optimiste” pour l’avenir du Moyen- Orient, Clayton E. Swisher estime que la complexité de la société libanaise et ses spécificités suscitent l’espoir. “Néanmoins, nous remarquons que la démocratie au Liban n’est pas stable”, a-t-il relevé. Ayant visité le Liban, ce directeur des programmes du Middle East Institute (MEI) a souligné les situations “désastreuses” dans le campement Aïn-El-Haloua. Clayton E. Swisher relève qu’il y a des points communs entre les évènements de Nahr Bared et la crise palestinienne en général. “J’ai également vu 40 000 réfugiés sans droits, ni travail, ni espoir dans le futur et même pas dans la vie”, a noté cet expert après son périple au Liban. Et de noter : “Les enfants palestiniens sont victimes de ces guerres successives et les subissent. Ils en sont imprégnés négativement. Dans les rues de Ghaza, on peut voir des enfants qui n’ont rien et même pas le droit de faire leurs études.” Pour ce directeur de programmes au MEI, les campements palestiniens sont “isolés du monde extérieur” et dans le même sillage, “il y a un embargo sur le pouvoir palestinien”. “Ce dernier n’a pas d’argent et il y a une crise humanitaire frappante dans ces campements”, a-t-il souligné. Le résultat de cette situation est que ces campements sont devenus un “champ d’apparition de mouvements radicaux et un climat de diffusion du salafisme et du radicalisme.”
M. O.

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