Vox populi : Ce qu'ont fait ma mère et mon père pour l'Algérie !

C'est la première fois que je m'adresse à un journal. En fait, je vous écris pour vous demander, à titre d'orientation, s'il me sera possible de publier une lettre ouverte à qui de droit pour la commémoration du cinquantième anniversaire du décès de mon père, tombé au champ d'honneur en avril 1958. Je souhaite vivement lui rendre hommage à ce père que je n'ai pas eu la chance de connaître.

Ma mère nous a toujours parlé de lui pour vanter sa participation active à la Révolution et les services qu'il a rendus à l'Algérie depuis le MTLD, et il a fait partie intégrante du «vaillant» FLN et était membre permanent de la glorieuse ALN jusqu'à la fin. Il était moussebel et s'occupait de la logistique, il se déplaçait en France pour les besoins du Front. Il y avait même un refuge chez nous où se réunissaient les moudjahidine. Ma mère a aussi participé de très près puisqu'elle faisait la cuisine avec d'autres femmes du village et déplaçait les munitions d'un endroit à un autre dans son panier en roseau qu'elle portait sur le dos, dissimulées dans le fumier pour aller au champ vaquer à ses occupations. Elle avait sept enfants, mais faute de soins, elle en a perdu quatre, et nous sommes les trois rescapés de la misère coloniale. Aujourd'hui, elle est encore toute fière de dire qu'elle portait mon frère sur son dos, emmailloté dans des billets de banque et passait devant les soldats français sans broncher. Mon but, aujourd'hui, est d'honorer mon défunt père et le réhabiliter dans son droit légitime et qu'il ne demeure plus dans l'anonymat (avec tout le respect que je dois aux chouhadas morts dans les mêmes circonstances pour que ce pays devienne libre et indépendant.) Je vous saurais gré de bien vouloir me répondre dans les plus brefs délais.
Mme Mestour
P. S. : Je voudrais attirer l'attention des autorités concernant l'état déplorable du monument des chouhadas du village qui relève de la commune de Tizi-Ouzou (à 3 km du chef-lieu) ainsi que l'emblème national qui flotte en lambeaux. Les tombes sont endommagées. Pourtant, des travaux de réfection ont été entrepris mais restés inachevés. Ce n'est pas un honneur à ce drapeau pour lequel ils ont sacrifié leurs vies.

Réponse
: adressez votre requête au ministère des Moudjahidine ou prenez directement contact avec la Direction des moudjahidine de Tizi-Ouzou. Quant à votre lettre ouverte, vous pouvez toujours nous l’envoyer avec des preuves de ce que vous avancez.
Bon courage !

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