Vox populi : L'ÉDITO DE LA SEMAINE
Pleure ô mon foot bien-aimé !


Eh oui ! Il fut un temps où on avait un sport de masse. Un des nombreux bienfaits du socialisme. Chaque club avait des sections omnisports : foot, hand, basket, athlétisme, etc. Tout le monde était amateur. Le foot particulièrement était d'un niveau exceptionnel (au moins par rapport à l'Afrique). En témoigne la renommée des joueurs algériens. Les rues ne désemplissaient pas de gosses qui jouaient au foot (et autres sports).

J'étais parmi eux. Les moyens étaient tellement dérisoires que le simple octroi d'un survêtement et d'une paire de baskets était synonyme de réussite. On avait une équipe de chez nous qui jouait au foot de chez nous (passes courtes, guiss guiss comme on dit)... Et qui avait des tenues de chez nous (oh qu'elles étaient belles les tenues Sonitex !). Qui peut oublier le match retour contre la Tunisie en 1986 (qu’on avait battue 4 à 1 à El Menzah). Aujourd’hui, avec l'intronisation du professionnalisme (lire introduction de l'argent et destruction totale de l'éthique formatrice), on a des joueurs qui signent, gagnent des primes de signature d’un milliard alors qu'ils ont juste le niveau national. Combien alors pour un Belloumi, Madjer, Alilou, Dahleb, Guedioura, Lounici, Safsafi et Djefdjef, entre autres ? Voir l'équipe égyptienne jouer comme elle le fait avec des joueurs locaux (même leurs joueurs exilés ont été formés at home) force l'admiration. Comparons cela à notre équipe qui recrute des quatre coins du monde, des jeunes qui, bien qu’extrêmement patriotes, n'ont pas le niveau (même si j'espère que mes enfants représenteront l'Algérie un jour). Même les entraîneurs ne sont pas mieux (comparons Cavalli à Henri Michel et Lemerre). Même si par miracle notre EN avait du succès, il ne serait pas le nôtre car ces joueurs ont été formés et cajolés sous d'autres cieux (politique de l'arbre qui cache la forêt). Finalement, je n'ai que des souvenirs... je vais sur dailymotion. com. J'écris «el bahara» ou «épopée Algérie foot» et je suis transporté dans un monde où tout va bien, où on gagne et où les seuls anagrammes qui font la Une sont MCA, MCO, JSK, USMAn, ESG et pas FIS, GIA, GSPC, etc. Vous devriez y faire un tour. Ça met du baume au cœur.
Hamid
P. S. : Bon ou mauvais, on a fait le choix qu'on a fait. On est ou on n’est pas. Faut juste aller de l'avant. L'Algérien n'a pas de juste milieu (c'est ce qui fait sa qualité et son défaut). On est capable du meilleur comme du pire (la Révolution, le terrorisme). Faut juste faire en sorte que le meilleur arrive plus souvent que le pire. Avec l'aide de tout le monde, on y arrivera. Après tout, c'est nous les rois du «taghenanet».

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