Actualités : SELON KHELIL, LES PRIX DU PÉTROLE ATTEINDRAIENT LES 170 DOLLARS ET PLUS
Un fonds souverain algérien possible dans 5 ans


Un fonds souverain pour des financements à l’extérieur est possible d’ici 5 ans, selon Chakib Khelil. Le ministre de l’Energie et président de l’Opep prévoit des prix du pétrole oscillant entre 150 et 170 dollars, voire atteignant 200 dollars, et n’écarte pas l’augmentation de la production en cas de demande réelle.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Dans un entretien à la chaîne de télévision France 24, diffusé hier soir et repris par les sites d’information et des agences de presse, le ministre de l’Energie et des Mines et président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, Chakib Khelil, s’est exprimé sur la création d’un fonds souverain par notre pays. Les fonds souverains sont des fonds d'investissement créés par des Etats pour investir les revenus provenant de l'excédent de leurs balances des paiements. Outre la Chine et d'autres pays d'Asie, les Etats du Golfe ont mis sur pied ces fonds pour investir leurs immenses recettes pétrolières à travers le monde.
Les fonds souverains, option valable pour l’extérieur
«Il est fort possible que, dans quatre, cinq ans, nous aurons peut-être des possibilités de création de fonds souverains pour des activités à l'extérieur de L'Algérie», dira-t-il. Selon l’invité de l’émission «Talk de Paris» sur France 24, la création de cette catégorie de fonds de placement exigeait un profond examen. C’est une idée à laquelle il faut bien réfléchir car il faut avoir les moyens, les ressources humaines et faire éventuellement des partenariats pour essayer de décider où et comment investir, si on doit le faire à l'extérieur », relève-t-il. Pour le ministre de l’Energie, la création d’un Fonds souverain est une «option valable». Toutefois, il a estimé que «l’Algérie n’est pas comme les pays du Golfe car elle va avoir besoin de toutes ses ressources pour les investir à l'intérieur du pays». En relevant que «nous avons des possibilités d'investissement extraordinaires en Algérie, un programme de 150 milliards de dollars d'investissements. Nous allons avoir besoin de toutes ces ressources à l'intérieur du pays».
Le baril entre 150 et 170 dollars cet été

Par ailleurs, le président de l’OPEP prévoit «probablement des prix de pétrole de 150 à 170 dollars durant cet été», même s’il a estimé que «cela va peut-être décliner un peu vers la fin de l'année». Expliquant la flambée des prix pétroliers, Chakib Khelil a cité la crise des subprimes aux Etats-Unis, l’introduction du bioéthanol «qui a eu aussi un impact sur les prix du gasoil» ainsi que la spéculation, «une certitude » selon lui, même si le problème se pose de «l'étendue de l'impact de cette spéculation sur le marché». De même, la dévaluation du dollar par rapport à l'euro, «probablement de l'ordre de 1 ou 2%, ce qui générerait une augmentation du prix de pétrole de 8 dollars», et les risques géopolitiques sont, selon Chakib Khelil, les principales causes de la flambée des prix pétroliers.
L’Opep incapable de compenser un déficit iranien
Pour le président de l’Opep, si les menaces contre l’Iran «deviennent encore plus importantes, le prix du pétrole va encore augmenter durant cet été, ceci conjugué au fait que la demande en essence, en particulier aux Etats-Unis, sera encore plus importante». Faisant allusion aux 4 millions de barils par jour produits par l'Iran, 2e producteur de l'Opep, Chakib Khelil a jugé que «l'Opep n'a pas maintenant la capacité de remplacer plus de 3 millions de barils par jour. Ensuite, cela dépend du type de brut». En cas de grave crise sur les marchés pétroliers tel un arrêt de la production iranienne, Chakib Khelil a indiqué, mais sans certitude, que le prix de pétrole «peut monter jusqu'à 200, 300, 400 dollars. C'est possible».
L’Opep n’augmentera pas sa production à moins que…
Cela même si, réitérant ses convictions, le président de l’Opep a estimé que «dans tous les cas de figure, il n'y a pas de problème d'offre sur le marché pétrolier. Il n'y a pas vraiment de demandes non satisfaites actuellement sur le marché». Chakib Khelil a encore rappelé que l'Opep «a toujours satisfait les besoins du marché international» et que dans la situation actuelle, l’Organisation «ne voit pas la nécessité d’augmenter sa production». Cependant, s’il y a «une demande réelle sur le marché», l'Opep prendrait, selon lui, les mesures nécessaires pour satisfaire à cette demande.
C. B. /Agences

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