Régions : RÉHABILITATION DE LA PLACE DES MARTYRS À TIARET
Quand architecture rime avec sauvegarde de la mémoire


C’est une véritable métamorphose qu’a subie la célèbre place des Martyrs à Tiaret où fut pendu, à l’un de ses majestueux platanes, l’artiste combattant Ali Maâchi en 1958.
Lors de son inauguration à l'occasion du 5 juillet dernier, une foule immense est venue satisfaire sa curiosité et admirer de près le nouvel espace, cet endroit ô combien apprécié par les retraités. Ces derniers tout étant attirés par la fraîcheur que leur procurent les platanes et autres palmiers y viennent quotidiennement sombrer dans les réminiscences et savourer de vrais moments de détente. L’idée de réhabiliter la place des Martyrs datait en fait de quelques années, plus précisément à l’orée de l’an 2001. Plusieurs propositions liées à l’étude du projet étaient alors faites, mais il fallait retenir celle qui tenait compte de tous les aspects «spécifiques», notamment ceux inhérents à la sauvegarde de la mémoire d’autant que le 27 août 1958, les Tiaretis étaient pris à témoin pour assister à l'assassinai du chahid Ali Maâchi par la plus cruelle des manières. Les enfants de leur côté ne peuvent se retenir de s’adonner à toutes sortes de loisirs. Profitant de l’immensité de l’espace et fuyant la canicule, les bambins se donnent le mot pour s’y regrouper à chaque fin d’après-midi. Les uns préfèrent s’agglutiner autour des jets d’eau pour admirer de près leur forme et leur conception – nouvelle version – alors que les autres optent plutôt pour les jeux, histoire de rompre avec la monotonie qui façonne leur quotidien. Ce qui semble impressionner d’emblée le visiteur est sans conteste cette boule de 2,40 mètres de diamètre remplaçant l’ancien bassin. Alimentée à partir de la célèbre fontaine publique Aïn Djenane implantée de l’autre côté de la chaussée, cette dernière évacue le précieux liquide grâce à ses 120 ajutages pour assurer ainsi une fraîcheur certaine. L’autre aspect par lequel s’est distingué le projet est le fait que l’architecte ait conservé la valeur historique du fameux platane témoin du sacrifice du chahid Ali Maâchi, en lui créant un espace spécifique s’apparentant à une petite île accessible à travers trois passerelles lui conférant un caractère solennel et majestueux. La nouveauté de ce projet consiste aussi en l’utilisation de matériaux nobles, l’éclairage adapté grâce à des lampadaires colorés et l’implantation de bancs au pied de chaque arbre. Cela dit, la réalisation de ce type d’équipements, Tiaret en avait grandement besoin. Reste à savoir si l’entretien et la préservation suivent…
Mourad Benameur

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