Régions : TIZI-OUZOU
Colloque sur la vie et le combat de Chikh Seddik Benarab à Tizi-Rached


La commune de Tizi-Rached et le village Icharaiwen ont organisé ce week-end un colloque sur la vie et le combat de Chikh Seddik Benarab dont la naissance est située entre 1 812 et 1 815. Un personnage très alerte au fait religieux et notamment hostile à l’invasion française au point d’incarner une résistance d’autant plus courageuse que la violence extrême opérée par le Maréchal Randon et consorts pour venir à bout des Ath Irathen.
A juste titre, ce dernier disait de lui qu’il «est la tête et le bras des Aït Irathen». Le futur président des Français, Mac-Mahon, alors Maréchal avait accepté l’impensable décision celle de servir sous les ordres d’un autre Maréchal, Randon en l’occurrence, pour participer aux expéditions contre Chikh Seddik Benarab afin d’obtenir réparation des humiliations subies auparavant. A travers leurs communications, les chercheurs et historiens présents, tout en s’appuyant sur une bibliographie d’historiens, d’anthropologues et sociologues français, n’ont pas cessé de confronter les écrits aux données empiriques et au travail de recherche sur la terrain. Les intervenants tels Adli, Ferrad, Belaïd, Kerdja, kacimi, Chouitten et Allili se sont appliqués à définir un certain nombre de concepts opératoires pour situer le personnage dans son contexte familial, religieux, historique et surtout dans l’organisation sociologique des aârch. Par ailleurs, ils ne se sont pas empêchés d’évoquer d’autres natifs du même village comme le rebelle et poète Si Mohand u M’hand, ou le nationaliste invétéré Laïchèche. Chikh Seddik Benarab, descendant d’une lignée qui avait pris attache avec la haute Kabylie vers 1732, son aïeul portant le même nom avait fondé une zaouïa dans l’actuel village Ichariwen dans la commune de Tizi- Rached à une trentaine de kilomètres à l’est de Tizi-Ouzou, entre 1735 et 1740. Akham n’Chikh Benarab, nom consacré dans la localité à la lignée de ces ulémas ayant pour vocation essentielle le fait religieux par l’enseignement du Coran, s’avère être intimement lié au processus de transformation dans l’organisation sociologique des tribus kabyles, mais surtout vecteur primordial de la résistance contre l’occupation française. Les historiens concéderont à son grand père Chikh Seddik Benarab sa participation à l’introduction de la jurisprudence Sidi Khelil (Chraâ Sidi Khelil), ou encore la formation de futurs fondateurs de la Tariqa Rahmania, mais aussi, à son père, Chikh El Houssine Benarab, bien forgé par les batailles livrées aux côtés de El Hadj Zammoum en 1837, son alliance avec Emir Abdelkader qu’il a rencontré en mars 1846 à Boghni, en Kabylie, pour décider de l’organisation d’une résistance commune contre le colon français. A plus d’un titre, la famille était au cœur des luttes pour des causes justes, on notera entre autres celle menée à l’encontre des exactions du bey du Tittery Mohammed Eddebbah en 1750 Chikh Seddik Benarab aurait pu se contenter de respecter la fetwa l’autorisant lui et sa famille à quitter le pays vers le Moyen-Orient sans que personne n’y trouve à redire, ou encore respecter scrupuleusement les recommandations de la lettre du gouverneur de l’Algérie, le Maréchal Randon, leur cédant la gestion des dechras et des tribus selon leur coutumes et usages et laisser l’autorité suprême aux Français, bien au contraire il s’associe avec Lalla Fadhma n’ Soumeur et Si El Hadj Amar pour devenir le symbole de la lutte contre l’invasion française. En 1857, il conduit la bataille d’Icherriden, référence de la résistance contre une expédition jamais égalée.
F. B.

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