Sports : FOOTBALL
CHAMPIONS LEAGUE D’EUROPE (3E JOURNÉE DES POULES, ACTE 2)
Rome en danger à Chelsea


Etrillée à domicile par l'Inter Milan en championnat dimanche dernier (4-0), l'AS Rome court un grand danger en se déplaçant sur la pelouse de Chelsea, impressionnant de puissance offensive depuis le début de la saison, mercredi lors de la 3e journée de la Ligue des champions.

Rien ne va plus pour les Giallorossi qui ont ainsi concédé leur 4e défaite en Serie A (en 7 journées). Mais plus que la litanie des revers, c'est l'ampleur du score qui jette une lumière crue sur le point noir de la formation romaine : la défense. Avec 12 buts encaissés sur la scène nationale et une claque retentissante au stade olympique contre les modestes Roumains de Cluj (1-2) en C1, la Roma fait peine à voir et risque de payer très cher ses défaillances récurrentes face à l'attaque de feu des Blues, libérée par la philosophie prônée par le nouveau technicien brésilien Luiz Felipe Scolari. Si l'entraîneur Luciano Spalleti attend beaucoup du retour de Philippe Mexès, suspendu contre l'Inter, dimanche, c'est surtout Francesco Totti qui doit dynamiter une équipe amorphe. Le capitaine romain, qui n'avait jusqu'ici disputé que des bouts de matches en raison d'un genou récalcitrant, a été l'unique joueur à se distinguer face aux Nerrazzuri.

«Mettre les choses au point»
Totti espère que le déplacement à Stamford Bridge pourra «être l'occasion de mettre les choses au point». «On va tout faire pour démontrer notre valeur, même si ce sera difficile », a-t-il estimé. Du côté de Chelsea, le baromètre est au contraire au beau fixe et les joueurs, sortis du carcan tactique de José Mourinho et d'Avram Grant, semblent déchaînés. Les quatre buts inscrits contre Bordeaux en Ligue des champions n'étaient pas seulement dus à la faiblesse du représentant de la Ligue 1 mais traduisaient plutôt le nouvel état d'esprit que tente d'insuffler le champion 2002 (à la tête du Brésil) au finaliste de la dernière édition. Leader de la Premier League avec 19 buts en 8 matches, auteur d'un bon départ en C1 (1 victoire, un nul en deux journées), Chelsea gère avec succès l'absence de plusieurs éléments clés, confinés à l'infirmerie (Didier Drogba, Michael Essien, Ashley Cole et Ricardo Carvalho). «Nous évoluons tellement en confiance en ce moment, avons une équipe tellement forte que nous arrivons à nous adapter à ces forfaits en cascade», explique le milieu de terrain Franck Lampard. Rien de bien rassurant pour la Roma.

 

 

BAYERN MUNICH
«La Viola», grand amour de Luca Toni

Moins de deux saisons après son départ pour le Bayern Munich, Luca Toni va retrouver la Fiorentina, en Ligue des champions de l'UEFA, club cher à son cœur où il avait réussi à faire oublier Gabriel Batistuta.

Puissant (1,94 m pour 90 kilos), collectif, loin de la finesse technique d'un Roberto Baggio ou de la roublardise d'un Filippo Inzaghi, le discret Luca Toni est un buteur italien atypique. Après sept années galères, sous six maillots, il a trouvé ses marques en Serie B à Palerme. C'est pourtant avec la Fiorentina qu'il s'est révélé, lors de la saison 2005/06, en inscrivant 31 buts en Serie A. Il en est devenu le premier buteur à avoir dépassé la barre des 30 réalisations en Italie depuis 1959, détrônant même deux icônes Viola, Kurt Hamrin et Gabriel Batistuta. Après un titre de champion du monde avec les Azzurri en 2006, il a réalisé une excellente première saison 2007/08 sous le maillot du Bayern Munich, inscrivant 24 buts en 31 matches. Pour ses débuts en Ligue des champions, alors qu'il traverse un passage à vide à l'image des Bavarois, il va se retrouver opposé à la Fiorentina. Même s'il s'est parfaitement adapté à la vie munichoise, où il forme un redoutable duo avec son ami Frank Ribery, Toni ne cache pas qu'il «porte toujours Florence dans le cœur. Le centre ville me manque, surtout le quartier historique de San Frediano qui respire l'art, la musique. En sortant de chez moi, je me retrouvais immédiatement devant mon restaurant préféré», se souvient Luca Toni à l'évocation de sa ville adoptive. Le buteur italien ne désespère pas de retourner un jour dans la capitale Toscane. «Le jour où je déciderai de revenir jouer en Italie pour essayer de passer le cap des cent buts en Serie A, mon premier coup de téléphone sera pour le Président Andrea della Valle avec qui je suis ami. Il est encore tôt pour penser au futur. La Fiorentina reste quelque chose de spécial mais j'ai un contrat avec le Bayern que j'entends respecter », avoue Toni, le troisième attaquant italien à décrocher un titre de meilleur buteur dans un championnat étranger. Auparavant, seuls Marco Negri, avec les Glasgow Rangers, et Christian Vieri, avec l'Atlético Madrid, avaient réussi cela lors de la saison 1997/98. Pourtant, il ne faut pas s'y tromper. L'ancien soulier d'or européen ne regrette absolument pas son départ vers le Bayern Munich même si ses débuts ont été délicats sur le plan humain. «En raison du problème de la langue, j'ai eu du mal à me faire comprendre. Sur le terrain, il n'y a eu aucun problème mais dans les vestiaires, ce n'était pas la même chose qu'à Florence. Mes plaisanteries tombaient à plat, il y avait juste un ou deux joueurs qui comprenaient », explique-t-il. Puis, au fil des semaines, une complicité est née surtout avec son premier pourvoyeur de ballons de but, le français Frank Ribery. Arrivé en même temps que lui, il le considère comme «le meilleur joueur que je n'ai jamais eu à mes côtés». Luca Toni envisage avec sérénité ses retrouvailles avec la Fiorentina. «Cela sera naturellement un match un peu spécial. Mais, à l'image du Bayern, j'ai besoin de remettre la machine en marche. Nous avons besoin de retrouver notre confiance et moi je dois retrouver le chemin du but, surtout que je n'ai jamais marqué en Ligue des champions », annonce l'Italien qui, cette saison, n'a inscrit que trois buts en neuf matches. Sa situation est encore plus délicate avec la Squada Azzurra, où il n'a pas encore trouvé le chemin des filets en 2008 en huit matches. Il se retrouve sous la pression de la montée en puissance d'Alberto Gilardino, son remplaçant à la Fiorentina. «Nous avons des caractéristiques différentes. Gilardino réussit à marquer des buts dans des positions incroyables. Nous avons joué ensemble des matches très importants, comme face à l'Allemagne en demi-finale de la coupe du Monde, et nous nous étions très bien entendus. Cela sera intéressant de le retrouver», reconnaît Toni. Le champion d'Allemagne, auteur la saison dernière d'un quadruplé en Coupe de l'UEFA contre l'Aris Salonique (6-0), ne craint pas la réaction des tifosi s'il inscrit un but. «Si j'arrive à inscrire mon premier but en Ligue des champions, je manifesterai naturellement ma joie. Je ne pense pas que l'on puisse interpréter cela comme un manque de respect. De toute façon, je n'en rajouterai pas. En fait, l'idéal serait que les tifosi m'accueillent avec des applaudissements, ne serait-ce que pour manifester leur reconnaissance. Ensuite, le match ne sera qu'une rencontre normale entre des rivaux», se prendil à rêver.

 

 

O MARSEILLE
Gerets, le PSV dans le cœur

Huit titres de champions des Pays-Bas, trois coupes néerlandaises, deux supercoupes des Pays-Bas et surtout une Coupe des champions (1988). En sept ans comme joueur (de 1985 à 1992) et trois saisons comme entraîneur (de 1999 à 2002), Eric Gerets a écrit les plus belles lignes de son palmarès avec le PSV Eindhoven. Alors mercredi (20h45) lors de la 3e journée du groupe D de la Ligue des champions, lorsque l'entraîneur marseillais pénétrera dans l'enceinte du Philips Stadion, une pointe d'émotion devrait s'emparer du Belge. «C'est du plaisir évidemment », reconnaît l'intéressé sur le site Internet de l'Olympique de Marseille. «Ça a été un passage extraordinaire et spécial pour moi. C'est pratiquement ridicule de gagner autant de choses (sourire)». 

«Gullit, le meilleur joueur avec lequel j'ai joué»
Durant ses dix ans au PSV Eindhoven, Eric Gerets a certes gagné de nombreux titres, mais il a également évolué aux côtés de grands joueurs comme Koeman, Romario... «Il y a eu en plus Rudd Gullit», complète le Belge. «C'était le meilleur joueur avec lequel j'ai joué. On pouvait le mettre arrière central, milieu défensif ou offensif voire avantcentre, et à chacun de ces postes, il était toujours le meilleur homme sur le terrain. C'était étonnant de voir ça, c'était fou.» L'ancien défenseur a aussi travaillé sous les ordres de Guus Hiddink et Bobby Robson, deux entraîneurs l'ont marqué, enfin «Guus, beaucoup plus que Bobby». 

«Notre dernière cartouche»
Mais Eric Gerets est surtout ravi de retrouver le Philips Stadion. «Un stade fantastique», estime-t-il. «C'est un vrai stade de football bien fermé comme je les adore. Il te donne envie de jouer au foot.» Et les retrouvailles avec les supporters du PSV ? «Ça fait quand même pas mal de temps que je ne suis plus là-bas. Et avec les années, ça baisse en intensité. Mais je crois que le respect, de mon côté et de celui du PSV, restera pour le reste de la vie». Si l'émotion sera rendez-vous aujourd’hui, le stress le sera également pour Eric Gerets, «car nous n'avons pas de point», comme le PSV Eindhoven. «Nous allons jouer notre dernière cartouche», poursuit l'entraîneur marseillais. «Alors, les émotions, les dix ans passés dans ce club, c'est bien et beau, mais le plus important reste notre situation en Champions league et nous devons ramener quelque chose d'Eindhoven.»

 

 

START (CE SOIR À 19H45)

Groupe A
Bordeaux -CFR Ecomax Cluj
Chelsea - AS Rome
Groupe B
Inter Milan- Anorthosis Famagouste
Panathinaikos - Werder Brême
Groupe C
Shakhtar Donetsk - Sporting Portugal
FC Bâle - FC Barcelone
Groupe D
Atlético Madrid -Liverpool
PSV Eindhoven – O. Marseille

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