Actualités : INTEMPÉRIES
Béjaïa révèle ses tares


Un orage de grêle, aussi puissant que surprenant, s’est abattu tôt dans la matinée d’hier sur la ville de Béjaïa.
En quelques minutes, le mont de Yemma Gouraya et plusieurs quartiers de la ville, à la Haute-Ville, Sidi- Ahmed ou encore El- Khemis se sont retrouvés envahis par une épaisse couche de grêle. Les rues étaient recouvertes par un tapis blanc comme s’il avait neigé, au grand bonheur des enfants, agréablement impressionnés par le décor qui s’offrait à leur regard. Du jamais vu dans la cité des Hammadites, témoigne un habitant de la place Gueydon. La circulation automobile fut, de longues heures durant dans la matinée, très difficile sur l’ensemble des axes routiers de cette partie de la ville. En d’autres endroits du cheflieu de wilaya, des pluies torrentielles se sont abattues. C’est le cas notamment à la cité Tobal, Aâmri, Sidi-Ali-Labhar, la gare, Dwaâdji, Ighil Ouazoug, Ihaddaden, l’Université, où des inondations ont été encore enregistrées, entraînant aussi une très forte perturbation de la circulation automobile. Dans les quartiers de l’arrièreport, les Quatre-Chemins, la cité Lota, les mêmes images de désolation sont observées. L’état des voies de communication, au niveau des quartiers situés au porte de la capitale des Hammadites, renseignent sur la politique d’abandon des responsables communaux et de la wilaya. En effet, ces chemins en état de délabrement avancé ressemblent à un champ de patates. Des cratères sont observés en plusieurs endroits de ces routes alors que quelques sacs de ciment, à défaut de bitume, pourraient les rendre un tant soit peu praticables. A croire que les responsables locaux n'empruntent jamais ces voies de communication, s’indignent des citoyens. Hier encore, à l’occasion des fortes pluies qui sont tombées à Béjaïa, les automobilistes avaient l’impression de traverser une rivière. A l'intérieur de la wilaya, si les RN 12 et 19 qui ont été, pour rappel, totalement fermées à la circulation lors des intempéries enregistrées il y a moins d’une dizaine de jours dans la région furent épargnées par les fortes précipitations de ces dernières vingtquatre heures, certaines voies de communication menant vers les communes rurales de Bouandes, Kendira, Ighil Ali, Béni M’likeche ont été bloquées par la neige. C’est le cas aussi de la RN 26 A reliant la wilaya de Béjaïa à la région de Tizi-Ouzou en passant par Bouzeguène (Aït Ziki), et de la RN 159 entre Chellata et Ouzellaguène. Des travaux de déneigement sont en cours pour dégager les axes routiers en question, annonce un communiqué de la wilaya de Béjaïa. Le même document, qui parle de l’installation d’une cellule de crise au niveau de l’administration de wilaya pour «superviser et coordonner les interventions des différents services de l’Etat», signale par la même occasion qu’«aucune perte humaine, ni dégât matériel grave n’ont été enregistrés à travers le territoire de la wilaya» et que la première autorité de la wilaya était sur le terrain pour suivre l’évolution de la situation. Les mêmes services de la wilaya, en collaboration avec les daïras, communes et l’APW, effectuent le recensement des dégâts occasionnés par les intempéries, et ce, afin de réclamer les crédits nécessaires pour leur prise en charge, informent les autorités dans un communiqué de presse. Gageons seulement que la «cellule de crise» en question ne connaîtra pas le même sort que les précédentes, mises sur pied lors des graves inondations de 2003, notamment lorsque les plus hautes autorités de l’Etat par la voix du ministre de l’Intérieur, M. Zerhouni, dépêchées au niveau de la capitale des Hammadites, avaient, pour rappel, annoncé un plan spécial d’urgence pour la wilaya. Un plan d’urgence qui n’a jamais vu le jour, puisque les mêmes problèmes se sont encore posés cette année et aux mêmes endroits durement affectés à chaque pluie sur la RN 12 à hauteur du sens unique d’El-Kseur et au niveau de la RN 9. A l’intérieur de la wilaya, des dégâts occasionnés par les graves intempéries de 2003 n’ont, à ce jour, connu aucune prise en charge réelle sur le terrain, témoignent des villageois. C’est le cas, à titre d’exemple, d’un gigantesque glissement de terrain sur le CW 173, qui menace des dizaines d’habitations à Birmatou, dans la commune de Tinebdar, selon une source locale. Des exemples similaires sont nombreux dans la wilaya où on a tendance à bouger qu’après les catastrophes. L’exemple de Derguina, Taskiriout, Chemini sont autant d’indices révélateurs que la juste devise «gouverner c’est prévoir» est visiblement loin d’être de mise à Béjaïa.
A. Kersani

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