Sports : FOOTBALL
RABAH DJENADI (EX-INTERNATIONAL ALGÉRIEN) AU SOIR D’ALGÉRIE :
«Il est préférable de penser à la Coupe du monde»


Installé à Aix-en-Provence depuis qu'il s'est reconverti en éducateur, l'international algérien de la grande DNC, équipe chère au colonel Aouchiche, Rabah Djenadi, dit Djamel, fait partie du staff technique du centre de formation d'Avignon, dans la région d’Aix-en-Provence. Après une carrière de footballeur professionnel bien remplie au sein notamment d'Istres, d'Avignon, de Rennes, de Saint-Malo et de Martigues, le détenteur du premier titre africain de la CAN des juniors en 1979 a intégré le centre de formation d'Avignon où il fait partie du staff technique.

Il s'occupe de la pré-formation des jeunes. Rabah, de son vrai prénom, suit régulièrement le championnat d'Algérie par le biais de la chaîne algérienne Canal Algérie. Il s'est marié à une Algérienne et est père de deux jolies petites filles. Il est employé dans une entreprise de transport privée rattachée à la mairie. Dans cet entretien, il nous raconte quelques souvenirs, notamment de sa participation à la Coupe du monde juniors au Japon en 1979 où les Verts, drivés par Cheikh Kermali, rencontraient l’Argentine de Diego Armando Maradona. Il garde un mauvais souvenir, par contre, de sa non-sélection au mondial espagnol de 1982, malgré sa participation à toute la campagne d'avant la phase finale.

Entretien réalisé à Paris par Mohamed Djadi

Le Soir d'Algérie : Rabah Djenadi est-il satisfait de son parcours sportif ?
Rabah Djenadi :
Très satisfait d'autant plus que je suis resté fidèle au milieu sportif qui m’a révélé au grand public. Durant mon parcours, j'ai décroché la première Coupe d'Afrique des nations juniors en 1979 en battant de surcroît le pays organisateur, la Guinée. Sacre qui a propulsé l’EN au Mondial juniors de 1979 au Japon où j'ai côtoyé les stars de la balle ronde à l'image de Maradona. J'ai également participé à l'accession de mon club, la DNC, en division une. Je garde, par ailleurs, un bon souvenir de ma participation à la CAN- 1982 en Libye où nous avons été éliminés par le Ghana du grand Abedi Pelé.
Suivez-vous le championnat d'Algérie ?
Certainement. Je suis régulièrement le championnat de mon pays par le biais de Canal Algérie. J'ai été frappé par l'affaire RCKFAF, une affaire qui ne devait pas dépasser nos frontières !
L'équipe d'Algérie étant qualifiée à la 3e phase des éliminatoires combinées CAN-CM 2010, pensez-vous qu’elle a des chances de se qualifier au moins à la CAN 2010 ?
Je dirais qu'elle a des chances d'aller au-delà de la CAN. Une qualification au Mondial dans ce groupe n'est pas impossible. Il suffit de se préparer convenablement. Au moment où je vous parle, nous avons encore un peu de temps. Je suis sûr que les pouvoirs publics ne ménageront aucun effort pour mettre à la disposition des Verts tous les moyens nécessaires pour une qualification au Mondial. Il suffit uniquement à la fédération de se prononcer et de se tracer un objectif réel qui est la Coupe du monde 2010. Car c'est tout un peuple qui attend depuis 27 ans de revoir l’Algérie réintégrer le concert des grandes nations du football.
Justement, l'ancien président de la Fédération, M. Haddadj, a déclaré que l'objectif de son instance serait la Coupe du monde pour se qualifier à la CAN.

Je suis désolé ! Tracer un objectif pour atteindre un autre est faux dans la mesure où si nous gagnons deux matches, nous serons présents en Angola. Aujourd'hui, on est dans l'obligation de se qualifier à la CM-2010. Nous sommes dans un groupe où chaque équipe a peur de l'autre. J’estime que les quatre sélections du groupe se valent sur le plan sportif.
Avons-nous réellement une équipe solide pour aller affronter le Rwanda et la Zambie chez eux ?
Comme je l'ai dit plus haut, nous avons le temps et les moyens d’affûter nos «armes». Pour aller jouer en Afrique, il nous faut des guerriers. Multiplier les matches amicaux avec des sparring-partners européens et africains de haut niveau serait l’idéal mais bon, les dates Fifa ne sont pas nombreuses pour réaliser un tel plan. Pour ce qui est de l'Egypte, il ne faut pas se focaliser uniquement sur cette confrontation. Actuellement, nos frères égyptiens possèdent une solide formation qui sort victorieuse de deux CAN consécutives. C'est un classique pour qui, certes, des millions de supporters des deux pays retiendront leur souffle, mais avant de faire des calculs sur cette confrontation, il faut battre les deux autres équipes. C'est valable autant pour l'Algérie que pour l'Egypte.
Revenons à vous, s’il vous plaît. Est-ce que la FAF vous a sollicité en votre qualité d'éducateur sportif pour apporter votre contribution au développement du sportroi en Algérie ?

Malheureusement, non ! Et je ne suis pas le seul dans cette situation paradoxale. D’autres compatriotes travaillent dans de grands centres de formation en France. Je cite Oudjani Chérif, le recruteur pour le centre de formation de Lille, les frères Sandjak qui dirigent un grand centre de formation à Noisy-le- Sec. Il y a aussi Ferhaoui à Montpellier, Korichi au Paris FC, Guedioura qui fait partie du collège des entraîneurs à Paris, sans oublier Benmabrouk et Bourrebou.
En tant qu'ancien joueur professionnel, pensez-vous qu'il existe de jeunes footballeurs d’origine algérienne qui souhaitent intégrer la sélection ?
Non seulement, ils existent mais ces jeunes sont même motivés pour intégrer les sélections de jeunes. Il y a aussi des entraîneurs qui peuvent intégrer les staffs de jeunes en Algérie. Puisque l'occasion m'est offerte pour m'exprimer à propos des sélections de jeunes, je voudrais attirer l'attention de notre ministère des Sports au sujet de l’existence effective de l'Association des sportifs algériens de France (ASAF). C’est un instrument de proximité qui permet à notre pays de récupérer tous ses petits enfants dont la majorité fait déjà partie des sélections françaises de jeunes. Il suffit au MJS de travailler en collaboration avec cette association pour que beaucoup de choses s'améliorent tant sur le plan de la préparation que sur celui de la motivation de ces jeunes envers leur pays d'origine.
Nous vous laissons le soin de conclure.
Tout d'abord, je remercie votre journal qui m'a ouvert ses colonnes pour m'exprimer. J’espère que nos responsables au sein des fédérations sportives feront quelque chose pour la jeunesse de l'émigration. Mes vœux les plus chers à tout le peuple algérien. Un souhait, la qualification de l’EN au Mondial 2010.
M. D.

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