Régions : SIDI-BEL-ABBÈS
L’activité commerciale impose son appellation aux rues


Les rues du nom des chouhadas, des scientifiques, des hommes de lettres et de l’histoire ne sont connues le plus souvent que du facteur et des habitants de l’artère même dans la ville de Sidi-Bel-Abbès.
Imperceptiblement, les rues et avenues dans le chef-lieu se sont trouvées l’appellation qui leur sied le mieux, c’est le nom de l’activité dominante de l’artère. Ainsi vous guiderez mieux un visiteur à la recherche d’une adresse en ignorant les noms propres de la rue et en lui citant «Trig l’article», une rue piétonnière au centre-ville qui, grâce à sa résistance aux autorités, est devenue un véritable souk où les articles de tous genres traînent sur les tréteaux ou à même le sol. D'ailleurs, ils se comptent sur les doigts d’une main ceux qui connaissent le nom propre de cette artère. Une autre rue tout aussi importante dans le centre-ville, plus précisément dans le vieux faubourg El-Graba, celle de «Trig siagha», une artère de plus de 700 m où presque la totalité des bijouteries ont pignon sur rue. Toutes ses vitrines scintillent avec leurs étalages de bijoux. Descendez plus bas, en perpendiculaire, vous êtes à «Trig khardaya» là où s’alignent des dizaines de commerces de vieux meubles et de brocante. «Trig choua» se trouve à quelque 500 m plus exactement sur le boulevard Zabana qui a troqué son nom contre celui de son activité. Les rôtisseries se sont donnés rendez-vous dans cette importante avenue où il est difficile de résister aux effluves du poulet rôti. «Trig farina» se trouve dans le vieux quartier Filage Rih (Point du jour). Il a suffi qu’un commerçant achalande son local de sacs de farine, pour que d’autres le suivent et bientôt, le nom de l’artère est dicté. «Trig faïence» s’est substituée au nom de l’avenue qui est réellement Abane-Ramdane. Sur cette artère en pente, tous les marchands de faïence, dalle de sol, plinthes... se sont donné le mot. «Trig hrour», ce n’est pas du tout du nom de son activité mais pour d’autres raisons, car dans cette rue située à quelques mètres de la cour de Sidi-Bel-Abbès, on n’a jamais vendu du poivre. D’autres artères de la ville portent des noms populaires. Trig naâ naâ, (menthe), Trig Laâskri, Trig lefaâ, Trig rekaba, Trig el-kbour, et bien d’autres noms. Le visiteur n’a pas intérêt à circuler avec une carte de la ville pour trouver son chemin...
A. M.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2009/03/16/article.php?sid=80709&cid=4