Culture : Patrimoine
ALGER, UN LIEU, UNE HISTOIRE
Dessine-moi Alger en néomauresque


Au début du XXe siècle, un cachet oriental est donné au paysage urbain d’Alger. La tendance est alors à l’architecture néomauresque insufflée par le gouverneur Charles Célestin Jonnard qui désire concilier culture française et arabo-islamique. Il est soutenu par une association dirigée par H. Klein : le comité du vieil Alger. Une série de monuments édifiés avec cette touche orientale verra le jour tels que La Préfecture d’Alger, La Grande-Poste , Le siège de la Dépêche d’Alger, la Medersa Taâlibia , Les Galeries de France ...A noter que ce style architectural dit Jonnard sera abandonné dans les années 1930.
Le siège de la Dépêche d’Alger
Situé à l’intersection du Boulevard Khemisti (ex-Laferrière) et l’Avenue Pasteur, cet édifice de style néomauresque avec son minaret quadrangulaire conçu par Henri Petit fut inauguré en 1905. La Dépêche d’Alger abrita la rédaction de l’Echo d’Alger, puis celle d’Alger Républicain,interdit en 1955.
La Medersa Thaâlibia
Implantée à la rue Marengo, cette medersa domine Bab-El-Oued. Destinée à l’enseignement supérieur des jeunes Algériens que l'administration coloniale appelait alors indigènes, cette école signée M. Petit fut inaugurée en octobre 1904 par le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Ce jour-là, elle abrita une exposition sur l’art musulman. Par ailleurs, le congrès des Orientalistes y organisa sa quatorzième session internationale. Aujourd’hui, cette medersa est le siège de l’Onefd (l’Office national d’enseignement à distance).
La Grande-Poste
La réalisation de ce monument dédié au PTT (poste, télégraphe et téléphone) fut confiée aux architectes Jules Voinot et Marius Toudoire. La construction a duré trois ans (1910- 1913). Les ingrédients de l’art musulman y sont en force. La façade principale est constituée de trois arcs et d’une galerie à colonnes jumelées donnant sur trois magnifiques portes taillées dans du bois précieux. A l’intérieur des colonnes, arcs, stalactites, stucs et inscriptions religieuses sans oublier les deux faux minarets qui coiffent ce joyau architectural.
La préfecture d’Alger
Dans les années 1860, la préfecture d’Alger se trouvait à la rue de Chartres. En 1909, ses services déménagent à la rue de Constantine (Asselah-Hocine) dans les bâtiments désaffectés de la gendarmerie. Les locaux connaîtront une expansion et une transformation sous la houlette de l’architecte Jules Voinot qui réalisa la partie néomauresque sur le boulevard Carnot (Zighout-Youcef). La préfecture fut inaugurée le 4 novembre 1913. Aujourd’hui, il est le siège de la wilaya d’Alger.
Les galeries de France
Ces galeries de luxe furent réalisées en 1914 à la rue d’Isly (Ben M’hidi) par l’architecte Henri Petit. En 1962, à l’indépendance de notre pays, elles furent rebaptisées Les Galeries algériennes. Après avoir subi des réaménagements, ces ex-galeries abritent aujourd’hui le musée d’art moderne (Mama).
Sabrinal
(Sabrinal—lesoir@yahoo.fr)



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2009/03/28/article.php?sid=81193&cid=16