Actualités : LE MARCHÉ DUBAÏ D’EL-EULMA
Des magasins devenus des musées


A l’heure où la crise financière mondiale se transforme petit à petit en une réelle récession, frappant de plein fouet plusieurs secteurs, comme en témoignent la débâcle de l’automobile américaine et la déprime de plusieurs secteurs à travers le monde, les craintes de retombées de cette crise sur l’Algérie s’accentuent jour après jour.
Le souk de Dubaï d’El-Eulma, dans la wilaya de Sétif, n’échappe pas à cette règle. Ce bazar, le plus actif et le plus attractif du pays, fait l’objet d’interrogations quant à la pérennité de sa croissance à l’avenir. Ce véritable pôle régional, voire national, du commerce en tout genre, attirait quotidiennement plus de 10 000 visiteurs qui venaient de tout le territoire et même de l’étranger, particulièrement de Tunisie, s’approvisionner et faire du négoce au marché Dubaï. De colossales sommes d’argent transitaient par ce marché. Certaines sources avançaient la somme de 30 000 milliards de centimes qui transitent chaque année dans ce lieu. Le souk Dubaï d’El-Eulma est une véritable grotte d’Ali Baba où l’on trouve de tout à des prix nettement plus bas qu’ailleurs. Les visiteurs y affluaient quotidiennement pour découvrir ce lieu équivoque, désuet qui contient, mine de rien, des occasions à ne pas rater : des produits d’imitation et autres de marque, tous à des prix très tentants. Aujourd’hui, ce bazar, qui a toujours drainé la grande foule, semble ces derniers temps perdre de son aura et les choses tournent mal pour les commerçant à cause de cette fameuse crise économique. Hier, aux alentours de 11h30 du matin, l’ambiance dans ce marché, fief du commerce informel, ne rassemblait en rien à ce que les habitués des lieux ont coutume de voir et de vivre. Il est vrai que le souk Dubaï n’a jamais cessé de drainer la foule en raison de la diversité de sa marchandise et surtout des prix très compétitifs pratiqués. Etrangement, depuis quelques mois, cet espace manque de dynamisme et les ventes se font de plus en plus rarissimes. Ce qui est sûr, c’est que le nombre de visiteurs a remarquablement diminué. Devant les dizaines de boutiques d’électroménager, d’appareils électroniques et de divers autres produits et accessoires, ce sont les marchands locataires du lieu qui essaient, en vain, de mettre un peu d’ambiance dans cet endroit. «Cela fait maintenant presque des mois que l’activité vire vers la monotonie», explique Samir, un des marchands qui activent dans le souk. Assis derrière son comptoir, notre interlocuteur explique que «les visiteurs sont devenus très réticents. Nos magazins ressemblent à des musées. Le client visite, admire puis s’en va», dit-il. Les produits qu’on trouve au marché Dubaï ont toujours jouit d’une réputation hors pair auprès d’une frange très large de nos concitoyens. Le secret ? Ce sont tout d’abord des prix imbattables qui défient toute concurrence. Il y a ensuite la multiplicité et la panoplie des produits et appareils pour tous les usages. La crise économique et la baisse du pouvoir d’achat semblent être l’une des causes qui ont fait que les clients deviennent réticents et quittent les lieux les mains vides. L’inquiétude règne dans ce souk, haut lieu du commerce formel et informel. Les commerçants ne cachent plus leurs craintes et leur scepticisme. «Le souk n’est vraiment plus comme avant. La demande est en baisse. Le client n’a plus les moyens d’acheter nos produits. Pour l’Algérien, maintenant, la priorité est de remplir son couffin. Sérieusement, on a très peur pour notre avenir. Si les choses ne s’améliorent pas dans les semaines ou les mois qui viennent, nous risquons fortement de fermer boutique. Ça serait une véritable catastrophe pour la région et pour les milliers de familles qui vivent grâce à ce marché», conclut D. Abdelkader, un des commerçants de ce grand bazar.
Imed Sellami

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable