Actualités : 133, BATAILLON 13, ALGÉRIENS, RÉSISTANTS, MORTS À GEMBLOUX, BELGIQUE
Silences mémoriels
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari


Résistants anti-nazis, 133 Algériens, aujourd’hui enterrés à Gembloux (Wallonie - Belgique), permettant les 14, 15 et 16 mai 1940, à la résistance de remporter la bataille de Limal. Un hommage leur a été rendu dimanche. Est-ce, sera-ce suffisant ?
Trop peu de politiques en France et/ou en Belgique en parlent, les historiens qui le proclament sont peu écoutés, et, pourtant, les 14, 15 et 16 mai 1940 à Limal, ce sont cent trente-trois Algériens, bataillon 13, qui ont permis aux résistants au nazisme dans cette Wallonie encore sous occupation, de repousser l'estocade finale. 133 Algériens, enrôlés dans les bataillons français, ont donné leurs vies pour que le nazisme ne passe pas. Pour autant, aucune cérémonie, ni mémorial, ni aucune reconnaissance officielle des Etats français ou belge, ne leur ont été jamais consacrés. C’est à cette défaillance historique ou cet oubli majeur qu’ont répondu, dimanche, à Gembloux (Charleroi-Sud de la Belgique - francophone), les organisateurs de la rencontre «Devoir de mémoire ». Le cérémonial a été sobre mais dense. Les participants dont le sociologue Rachid Bouamara, le consul d’Algérie en Belgique, A Naâmoune, plusieurs personnalités du monde politique et de la société civile belges, ont écouté, avec beaucoup d'émotion, l’histoire et le vécu de ces 133 résistants venus d’ailleurs. De Sétif, Akbou, Lafayette (Beni Ourtilane), Sidi-Aïch, Leghdir. De l'Algérie sous occupation coloniale française mais qui ont, cependant, même enrôlés pour la plupart de force, compris l’horreur nazie. Et de ce fait, ont compris, intuitivement, pour certains, objectivement pour d’autres, que la lutte contre le nazisme et le faschisme était des préalables historiques à l’indépendance de leur pays. 133 d’entre eux ont écrit l’épopée de la bataille de Limal. Durant trois nuits et donc trois jours, ces éléments du 13e bataillon, le 13, comme on l’appelait à l’époque, ont permis à la résistance de tenir, de repousser les assauts ennemis, de permettre l’espoir. C’était en 1940, année durant laquelle les armées hitleriennes étaient en confiance, gagnaient toutes les guerres en Europe. Dans son exposé, le Franco-Algérien Rachid Bouamara, auteur du livre Le silence tiraillé, a abordé, longuement, ces faits... Il est plus qu’évident qu’un mémorial leur soit consacré. A Gembloux, à Ottignies, à Charleroi, d’autres résistants algériens sont aussi tombés lors de la Seconde Guerre mondiale. Les 133 du 13e bataillon n’étaient pas les seuls du bled à mourir pour que le nazisme et le faschisme ne passent pas. La plupart d’entre eux, tirailleurs, sont aujourd’hui enterrés à Gembloux.
A. M.

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