Le Soir Auto : M. SERGE GURVIL, DG DE DIAMAL :
«La progression actuelle du marché est artificielle»


La société algérofrançaise Diamal qui entame sa 10e année de présence dans notre pays ne cesse de voir ses activités évoluer d’une manière significative.
Représentant exclusif des marques du géant américain General Motors, elle a réussi à trôner durablement parmi les quatre premiers constructeurs en Algérie. 14% de taux de pénétration du marché, 108 000 véhicules vendus, 30 milliards de DA de chiffre d’affaires en 2008, 8 succursales et 34 distributeurs agréés, Aveo la voiture la plus vendue en 2007 et 2008, 100 000 m2 d’espace de stockage de véhicules, autant de paramètres favorables qui confortent cette entreprise dans ses ambitions de pérennisation en Algérie et d’intensifier son programme d’investissement pour demeurer à la hauteur de la confiance de la clientèle locale. Le patron de Diamal, M. Serge Gurvil, cumule une longue et riche carrière au sein du groupe CFAO où il avait exercé dès 1978 comme directeur commercial et du marketing. Maîtrisant les techniques modernes de gestion, il a ainsi mis tout son savoir-faire dans la réussite de sa mission en Algérie et a permis à Diamal de s’imposer quelque temps après comme distributeur incontournable dans le paysage automobile national. Il aime à répéter qu’il a «trouvé dans les opportunités du marché l’environnement culturel et humain du pays, les raisons d’une ambition et d’une aventure entrepreneuriale exemplaires ». Au cours d’une discussion à bâtons rompus, il a bien voulu nous livrer ses appréciations sur un certain nombre de points liés à l’activité de son entreprise et à la situation du marché. Sujet d’actualité, la récente décision de General Motors de déposer le bilan et de passer sous le giron de l’Etat américain a naturellement suscité l’intérêt de M. Gurvil qui estime d’emblée que «GM est le fleuron de l’industrie automobile américaine, il est l’une des étoiles du drapeau US. Ce sont des centaines de milliers d’emplois et des infrastructures industrielles importantes. C’est surtout une activité internationale marquée par une avancée considérable et qui n’est nullement concernée par la crise qui secoue le marché national américain. Ainsi, la marque Chevrolet est à l’abri de ces soubresauts et sa branche sud-coréenne a même enregistré des ventes record pour une progression globale de 22%. C’est vous dire que le client algérien se doit d’être rassuré quant à l’avenir de la marque Chevrolet en Algérie». Il ajoutera également que le programme de renouvellement de la gamme se poursuit normalement et que les nouveautés annoncées arriveront selon un échéancier déjà arrêté avec le constructeur. On cite la Cruze qui viendra dès juillet compléter l’offre de la marque à l’étoile ainsi que de nouveaux produits destinés aux bourses moyennes dans le segment de Spark et Aveo avec un positionnement prix plus attractif.
La voiture, un besoin incontournable
Abordant l’évolution exceptionnelle du marché local en 2009, le DG de Diamal considère que «cette progression artificielle est appelée à s’estomper soit d’une manière naturelle, compte tenu de la situation financière des entreprises, soit sous la pression des multiples contraintes réglementaires que les pouvoirs publics ont mises et mettront éventuellement en place pour justement freiner le développement du secteur de l’automobile : entrée en vigueur du cahier des charges, problème d’homologation, suspension du crédit… Il est même attendu que les autorités décideraient peut-être d’imposer le système des quotas comme seul moyen pour réduire la facture des importations». Pour lui, le marché dégage actuellement une impression de dopage et d’excitation qui ne tarderont pas à laisser place à des paramètres plus raisonnables. «Néanmoins, renchérira-t-il, cette affolement circonstanciel ne justifie nullement la réaction démesurée des autorités. En décidant d’arrêter le crédit, les autorités n’ont pas empêché pour autant les Algériens d’acquérir encore des véhicules neufs et en les payant cash. Souvent, ils s’endettent auprès de la famille ou de connaissances ou vendent des biens pour s’offrir ce moyen de mobilité important et s’exposent ainsi à plus de précarité financière dans l’avenir immédiat. Les autorités devraient plutôt relancer le crédit tout en instituant un système de régulation et de sélection. Car il y a un véritable besoin du véhicule tant au niveau des particuliers que chez les entreprises en raison des nombreux et grands projets initiés à travers l’Algérie. Autant de besoins qui doivent être satisfaits et pour lesquels il serait préférable d’engager des discussions avec les concessionnaires et parvenir ensemble à des solutions qui prennent en compte les intérêts des uns et des autres.» En guise de conclusion, le premier responsable de Diamal rappelle que son entreprise s’acquitte annuellement d’un montant qui a atteint en 2008 la somme de 4,5 milliards de droits et taxes, qu’elle a créé des centaines d’emplois directs et indirects, des investissements importants et des transferts technologiques et de savoir-faire dans l’architecture, la réparation automobile et les différents domaines de la gestion des affaires. Nous signalons, d’autre part, que Diamal vient d’obtenir la représentation de la marque hollandaise de camion DAF qui propose, dans une première phase, une gamme de véhicules de différents tonnages et d’une puissance de 410 CV.
B. Bellil

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