Monde : RENOUVELLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN
Le noir, le vert et la rose fanée
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari


Le PSE, rassemblement au niveau européen des partis socialistes, l’un des grands blocs du Parlement européen, est sorti laminé du scrutin d’avant-hier.
En perdant presque 70 sièges — c’est énorme —, le socialisme à l’européenne ne fait plus recette. Défaits, humiliés, écrasés, les partis socialistes se voient, désormais, contraints de constater que les grands rivaux verts sont devenus le repère à gauche. Pourtant, ce n’est pas, là, l’essentiel des enseignements à tirer de la votation du 7 juin. C’est la montée en flèche des partis anti-européens, les nonistes (en référence au non au traité constitutionnel appelé, alors, la Constitution Giscard d’Estaing). C’est aussi, et surtout, l’encrage de l’extrême droite au parloir de l’UE. L’on peut, d’ores et déjà, parler d’un vote historique en ce sens qu’il a bouleversé le rapport de force. Tant au niveau de l’Europe qu’au sein des Etatsnations. L’Europe est désormais autre. Frileuse, recroquevillée sur elle-même, prise à la gorge par des courants ténébreux et dont la colonne vertébrale de gauche, les socialistes, est cassée... La donne en Europe a changé, c’est évident. Le plus prestigieux Parlement au monde sera l’un des porte-voix de l'obscurantisme, de l’intolérance et de l’exclusion. Ajoutons encore le taux épouvantable de l’abstention et la corde est autour du cou des démocrates du Vieux- Continent.
A. M.

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