Régions : BOUIRA
Le Syrpalac III tarde à voir le jour


Présenté comme un modèle de réussite, après les deux expériences précédentes, le Syrpalac (système de régulation des produits agricoles de large consommation), que les producteurs de pomme de terre de la wilaya de Bouira croyaient être acquis, tarde à voir le jour.
En attendant la concrétisation d’un partenariat avec le SGP/Proda, filiale de l’Onab, qui a réussi à redonner de l’espoir aux agriculteurs maraîchers de la wilaya de Bouira lors de la précédente campagne, en leur achetant toute la marchandise, ceux-ci sont en train, actuellement, de stocker la pomme de terre au niveau de hangars de fortune. De son côté, la wilaya, afin de combattre la hausse des prix de ce tubercule au niveau du marché local, a octroyé aux producteurs de pomme de terre des stands au niveau des marchés couverts pour écouler leurs marchandises à un prix raisonnable. Il y a quelques jours, nous avons effectué une virée du côté du marché couvert de la gare routière et, là, nous avons trouvé effectivement un stand où la pomme de terre de terre est cédée à 30 DA le kilogramme alors que chez tous les autres marchands, le prix était fixé à 35 DA le kg. Cela étant, d’après les producteurs que nous avons rencontrés sur le terrain, au niveau du plateau d’El- Esnam, où 800 hectares sont consacrés à la culture de la pomme de terre, aux côtés du plateau des Aribs à Aïn Bessem avec 1 200 hectares cultivés lors de l’arrière-saison, le retard mis dans le lancement du Syrpalac III par les responsables de Proda, qui avaient pris le produit en été dernier, porte un préjudice à leur activité. En effet, selon Boudhane Laid, l’un des leaders dans la production du tubercule, même si les producteurs arrivent pour le moment à écouler une certaine quantité directement, il reste que si le SGP/Proda ne se manifeste pas pour acheter le gros de la production, ce sera la campagne de la saison qui sera compromise, puisque les producteurs qui ont investi leur argent dans l’arrière-saison ne pourront plus s’engager dans la nouvelle campagne de saison tant qu’ils n’auront pas empoché l’argent déjà dépensé. En définitive, le seul perdant dans l’affaire sera incontestablement le consommateur, puisque le producteur qui ne pourra pas se lancer dans la campagne de saison se verra tout au plus dans l’obligation d’étaler la vente de son produit stocké à son niveau sur plusieurs mois et à un prix élevé. Cela étant, rappelons que la semaine dernière, les responsables de SGP/Proda se sont réunis avec les représentants de producteurs de la pomme de terre au niveau de la wilaya de Bouira. A l’issue de cette réunion, les producteurs avaient exigé le maintien du prix de 24 DA, alors que ceux de Proda avaient souhaité le voir à la baisse. La réunion s’est achevée sans parvenir à un accord définitif et les producteurs sont en train de stocker leurs tubercules chez eux. Signalons, également, que d’après Rabah Cheddani, l’un des représentants des producteurs de pomme de terre que nous avons rencontrés au niveau du plateau d’El-Esnam, d’autres groupes spécialisés dans l’agroalimentaire à l’image du groupe Soummam de Béjaïa avaient manifesté un certain intérêt pour l’achat de la pomme de terre, mais, jusqu’à présent, aucun accord sur le prix n’a été trouvé. Selon le directeur des services agricoles, M. Morsli Rachid, la production attendue avoisinera les 600 000 quintaux, soit une moyenne de 300 quintaux par hectare.
Y. Y.

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