Sports : AU COURS D’UNE RENCONTRE AVEC SES PARTENAIRES
Djezzy renouvelle son attachement au football


Le financement du sport, du football en particulier, a toujours obéit, en Algérie, à des règles commerciales opaques. Les supports de ce segment très porteur dans des pays en avance dans les performances économique et sportive ont souvent fonctionné suivant des paramètres connus et reconnus, juridiquement parlant. En Algérie, l’idée de sponsoring a fait son petit bonhomme de chemin même s’il faut reconnaître que la route est encore longue pour atteindre le vrai professionnalisme.
En termes des comportements sportifs et commerciaux s’entend. La dernière affaire qui a défrayé la chronique et a failli mettre en péril le déroulement de l’épreuve populaire dont l’image est désormais exclusivement associée à l’opérateur de téléphonie mobile, Nedjma, est venue remettre sur le tapis la nécessité de rediscuter, redéfinir et, peut-être, réinventer le lien entre le monde des sports et celui de l’économie. Si fair-play aidant, Djezzy n’avait pas concédé à dispenser ses partenaires de l’obligation de porter son logo à l’occasion de cette 48e édition de l’épreuve Dr Mohand Maouche, on en serait peut-être dans un engrenage tel que la famille du football en pâtirait certainement et pour longtemps de ces atermoiements vis-à-vis de ce dossier sensible et brûlant. Lundi, à l’hôtel Hilton d’Alger, le DG d’OTA, Tamer Al Mahdi, est, entouré des présidents de l’ESS, l’USMA, la JSK, le MCO, le MCA et de l’ASO Chlef, a tenu, une nouvelle fois, à expliquer le geste de clémence de son entreprise. Le chairman de Djezzy, premier opérateur de téléphonie mobile à investir le monde du football au moment où le Championnat algérien ne dégageait que désolations et humiliations, dira d’abord que «notre entreprise n’est pas concernée ni de plus ni de loin par ce qui s’est passé ces derniers temps. C’est dommage qu’un match de football sorte de son cadre naturel. A Djezzy, nous avons toujours pensé que les relations avec le partenaire algérien ne doivent pas souffrir des aléas du temps, des hommes et des structures. Ce sont des liens solides basés sur la confiance mutuelle et le respect. Quand en 2002, on s’est lancé dans ce créneau, notre intention n’était pas de simplement vendre nos produits. Notre vision était tournée vers l’avenir et c’est pour cela que les contrats qu’on a signés avec nos différents partenaires étaient de longue durée. Nous n’avons pas conditionné nos relations avec un quelconque souci d’obligation de résultats. Nous nous sommes engagés avec ces clubs pour le meilleur et pour le pire», dira le responsable de Djezzy qui précisera que l’entreprise occupe actuellement le 8e rang dans le classement des opérateurs mondiaux de téléphonie mobile. «Il fallait qu’on définisse des bases et des valeurs humaines pour établir nos liens dans un pays où, personnellement, je ne me sens comme un étranger. Je ne dis pas ça parce que j’ai peur de perdre mes affaires, mais parce que c’est la réalité.» Invité à parler de la décision de Djezzy d’autoriser ses partenaires à enfiler un logo d’un des concurrents, M. Al Mahdi répondra : «Nous avons senti qu’il y’avait une réelle tension. Nous avons considéré que les problèmes peuvent s’aggraver si l’on persistait à faire respecter nos droits. Nous avons privilégié la sagesse et le fair-play car nous ne voulions pas priver les fans de ces grands clubs d’assister à du spectacle. Nous pensons que le football est le seul moyen qui peut donner de la joie à tout un peuple. Djezzy a choisi de soutenir le football par conviction, non pas pour véhiculer son image. Mais certains me reprochent de ne pas avoir joué la carte de la justice et là je dirai que l’Algérie est un pays de droit mais que Djezzy a choisi cette voie par souci de garantir la sérénité qui règne dans le monde du football afin de perpétuer les joies du peuple algérien. C’était facile d’aller aux tribunaux. Or ce n’est pas dans nos habitudes de faire du tapage sur des questions qui peuvent se régler par la raison et le bon sens.» Pour les présidents des clubs sponsorisés par Djezzy, le geste mérite d’être salué. Kacem Elimam, le boss du MCO, était ravi de témoigner. «Vous savez, Djezzy était le premier opérateur économique qui est venu à Oran pour nous soutenir. Le MCO est descendu en D2 et la logique voudrait qu’un sponsor se retire. Or, Djezzy est venu nous accompagner dans les pires moments traversés par le club. Cet acte nous a conforté à garder nos liens profonds et respecter nos engagements jusqu’au bout», dira-t-il. Le président de l’USMA, Saïd Allik, rappellera, quant à lui, la genèse de cette affaire et les obligations contractuelles entre les six clubs et Djezzy avant d’enchaîner : «Nous avons appelé à la sagesse. On n’avait pas l’intention de boycotter la coupe d’Algérie qui est la propriété exclusive de la FAF. Seulement, cette épreuve a démontré la grandeur des gens de Djezzy qui a agi en seigneur.» Et de poursuivre : «J’espère qu’on restera avec au-delà de 2013 et que d’autres clubs viendront renforcer notre famille. » Le boss de la JSK, Moh- Chérif Hannachi, axera son intervention sur le respect du contrat liant son club à Djezzy. Et de convenir : «La JSK restera fidèle à Djezzy. Nous envisageons même de renforcer ses liens pour parvenir à un partenariat durable et solide», ajoutera-t-il. Pour le président de l’ESS, Abdelhakim Serrar, celui qui a failli «trahir» son engagement avec Djezzy, le geste de Djezzy prouve beaucoup de choses. «On s’est précipité en optant pour un autre opérateur. Je l’ai fait pour l’intérêt de l’ESS. Je pense néanmoins que j’ai trahi la confiance de notre partenaire qui a su nous accompagner durant les moments difficiles. Djezzy a sponsorisé l’Entente alors qu’elle était au bas de l’échelle. Aujourd’hui qu’on est au sommet, il ne fallait pas se dérober de nos engagements et c’est pour cela que je suis revenu à la raison en reprenant le contrat avec cet opérateur, toujours dans l’intérêt de l’ESS. Je reconnais ma faute et je dis merci Djezzy». Serrar précisera dans son intervention que le contrat avec Nedjma est «un faux» du moment que l’ESS est liée jusqu’en 2013 avec Djezzy. «Je n’étais pas parti pour avoir plus d’argent», rappelle-t-il. Les présidents de l’ASO et du MCA ? MM. Medouar et Amrous ont été plus percutants dans leurs propos. Le premier déclarera que «si c’était à refaire, nous le referons», en référence à la menace de boycotter de la coupe d’Algérie tandis que le président du leader actuel du championnat estimera que «c’est triste d’en arriver là. Les présidents des clubs n’ont pas accepté le despotisme. On est avec Djezzy corps et âme. Heureusement que la sagesse a primé grâce à un gentleman nommé Al Mahdi». La soirée se terminera par un débat assez riche et contradictoire durant lequel chaque intervenant a mis en exergue la sincérité de l’opérateur égyptien à servir la cause du football algérien.
M. B.

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