Actualités : SANTÉ PUBLIQUE
Vers la grève des praticiens psychologues


Comme prévu, les psychologues praticiens de la santé publique ont tenu, hier, deux sit-in, de 10 h à 11 h devant le siège de la Direction générale de la fonction publique et de 13 h à 14 h devant celui du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière (MSPRH).
Lyas Hallas - Alger (Le Soir)- «Ça suffit ! On en a marre des promesses !», «Rendez-nous notre dignité», «Ouvrez les portes au dialogue » ou autre «Au secours Bouteflika». Les psychologues en colère, en majorité des femmes, n’ont pas manqué de créativité et ont scandé, à satiété, des slogans hostiles au département de Saïd Barkat, devant les regards médusés des policiers mobilisés. Plusieurs véhicules des URS étaient en effet stationnés devant les deux immeubles publics pour quadriller le lieu de protestation. Si le DG de la fonction publique s’est entretenu avec les délégués de ces praticiens protestataires, en revanche aucun responsable du MSPRH n’a daigné les recevoir. Ces derniers, qui se sont dispersés sans bruit, ont néanmoins promis de revenir à la charge et de tenir, en blouse cette fois-ci, un autre sit-in, le 20 janvier. Ceci en attendant l’organisation d’une assemblée générale extraordinaire pour décider de la prochaine démarche à entreprendre. «Notre but aujourd’hui n’est pas de rencontrer les responsables de la tutelle mais d’attirer l’attention du président de la République et son Premier ministre sur l’échec qu’a connu la révision du statut général de la fonction publique. La preuve, cette vague de protestation qui secoue la plupart des secteurs concernés», affirmera M. Khaled Keddad, président du Syndicat national algérien des psychologues (SNAPSY), lequel dirigeait la manifestation. Le syndicaliste a révélé que le DG de la fonction publique aurait, selon ses termes, donné, hier même, instruction afin que des «propositions lui soient faites en vue de créer un mécanisme juridique permettant l’intégration des psychologues ayant exercé pendant cinq ans et plus dans le grade supérieur ». Il indiquera qu’une délégation du SNAPSY a été reçue, dimanche dernier, pour une réunion au niveau du MSPRH, à laquelle ont pris part l’«inspecteur général auprès du ministère, le directeur des ressources humaines et le directeur des services de santé». «Ils nous ont assuré que des postes budgétaires seraient ouverts courant 2010 pour permettre la promotion des psychologues dans le cadre du recrutement interne, mais nous ne leur faisons pas confiance. D’abord, ils n’ont même pas consigné cela sur un PV minute comme le prévoient les règles d’usage et encore, qu’est-ce qui nous garantit que le ministère des Finances acceptera cette mesure ?», s’interrogera-t-il. Pour lui, «seul un dialogue associant toutes les parties concernées, à savoir le ministère de la Santé, le ministère des Finances, la Direction de la fonction publique et le syndicat pourrait déboucher sur quelque chose de tangible». Parce que, affirmera-t-il, « chacun rejette la balle dans le camp de l’autre et nous, nous ne savons plus à quel saint nous vouer ». Bref, les revendications des psychologues consistent en la révision du statut particulier promulgué en juillet dernier, surtout dans ses clauses relatives aux mesures transitoires d’intégration, et l’installation de la commission ad hoc, chargée de l’élaboration du régime indemnitaire. Faute de quoi, ils vont rejoindre, avertira M. Keddad, les autres praticiens de la santé publique (spécialistes, généralistes, dentistes et pharmaciens) pour élargir le mouvement de grève dans le secteur.
L. H.

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