LE SOIR NUMÉRIQUE & SAT : Les différents systèmes de cryptage

Depuis l’avènement du satellite, les opérateurs de télévision se sont évertués à créer des systèmes de cryptage, toujours de plus en plus compliqués pour faire face au piratage. De ce fait, nous avons assisté à la naissance de plusieurs systèmes de cryptage et aussi à leur disparition. Nous allons essayer de faire connaissance avec les systèmes utilisés de nos jours et leur fiabilité face à la montée en puissance du piratage, vu les moyens techniques et technologiques dont disposent aujourd’hui les pirates.
Les différents systèmes sont :
Irdeto1, Irdeto2, BetaCrypt, Viaccess, Viaccess2, Viaccess3, CryptWorks, Conax, Power vu, Nagravision, MediaGuard /Seca et Videoguard. Il existe aussi un système appelé SimulCrypt / Multicrypt qui n’est pas un système de cryptage proprement dit, mais une technique qui crypte simplement un programme TV avec deux ou plusieurs systèmes simultanément.
Irdeto et BetaCrypt

L'Irdeto a été mis au point par Nethold, avant son rachat par Canal +. Il est maintenant contrôlé par le groupe sud-africain Naspers. L’Irdeto est considéré comme le système le plus utilisé au monde. Plusieurs opérateurs utilisent ce système de cryptage, notamment «Premiere-Allemagne» et «Canal+- Hollande». On pensait à tort que ce système était inviolable, mais les pirates l’on «craqué», la riposte fut la naissance du BetaCrypt (qui était notamment utilisé par les groupes allemands Premiere World, Media Vision et ORF l’Autrichien), une copie révisée de l’Irdeto qui fut très vite mis à mal par les «cyberdélinquants ». A partir de là, les opérateurs commencent à rechercher un cryptage plus fiable d’où la naissance de l’Irdeto2, utilisé aujourd’hui par ART et Showtime sur Nilesat et Nova (Grèce) sur Hotbird. Ce système est aussi une copie revisitée de son prédécesseur mais avec un nouvel algorithme, ce qui a mis en difficulté, et pour quelque temps seulement, les pirates. Aujourd’hui, ce système n’est pas complètement craqué car aucune carte pirate n’est sur le marché, mais on peut y accéder à travers des petits programmes qui sont installés sur les récepteurs et on peut ajouter les clés avec une télécommande.
Viaccess

Le Viaccess est développé par France Télécom, et c’est une version numérique de l'Eurocrypt (D2MAC). Cinq versions Viaccess (PC2.3, PC2.4, PC2.5, PC2.6 et Viaccess 3.0 et 4.0 sont en service. La première version Viaccess 1 et les trois générations suivantes ont été regroupées sous l'appellation Viaccess 2. Ayant été piratée, la première génération de Viaccess a depuis été remplacée par le «Access 3», laquelle n'a pas été craquée jusqu'à ce jour. Sauf que la semaine dernière, une nouvelle du craquage de ce système est tombée. Reste à vérifier ! Le Viaccess 3.0 souffre du partage, appelé sharing, un procédé utilisé par des récepteurs numériques tournant sous linux, comme les Dreambox, qui connectés sur Internet envoient les codes à tous les autres terminaux reliés aussi sur la Toile. C'est le bouquet suisse SSR SRG qui le premier a ouvert les hostilités en changeant de système en allant vers le Viaccess 4.0. A ce jour, aucun récepteur pirate ne parvient à partager les cartes en Viaccess 4.0, mais cela ne veut pas dire que les choses n’évolueront pas (du côté des pirates) et resteront ainsi indéfiniment. Même le bouquet Canal+ se met de la partie et décide de basculer vers le Viaccess 4.0. CryptWorks Le Cryptoworks a été mis au point par Philips qui l'a revendu à Irdeto en avril 2006. Réputé être le système le plus fiable et le plus sûr (à sa sortie), il est finalement tombé sous les coups de boutoir des pirates. Ce système est très peu utilisé sur les satellites et pratiquement et exclusivement utilisé dans le câble et quelques pays d’Europe centrale. Le Cryptoworks est utilisé par Digiturk, UPC Direct, ITV Partner de l'ORF et JSTV.
Conax

Ce système, développé par le norvégien Telenor, est utilisé seulement en Scandinavie, où Canal + l'utilise. Ce système est en partie piraté. Mais il ne tardera pas à l’être totalement, exactement comme les autres systèmes. La première version de ce système était largement piratée.
Power vu

Le PowerVu, mis au point par Scientific Atlanta, est surtout utilisé pour les diffusions professionnelles. Scientific Atlanta est maintenant une filiale de Cisco depuis le premier trimestre 2006. Il est utilisé pour la diffusion professionnelle, notamment par Retevision, Bloomberg Television, Discovery Channel, AFRTS et les forces américaines Network. Il est également utilisé par les entreprises de câblodistribution. PowerVu est considéré comme très sûr et n’est pas piraté du moins pas à notre connaissance.
Nagravision

Le Nagravision est développé par la société suisse Nagra-Kudelski. Il ne figure pas parmi les systèmes les plus couramment utilisés. Ce système est notamment utilisé par l’opérateur espagnol Digital+ et le Polonais Cyfra, et il est à sa version 3. Largement piraté, il tend à disparaître. Gageons que d’ici quelque temps, ce système verra un remaniement complet de son algorithme.
MediaGuard /Seca

Le Mediaguard, communément appelé SECA, est un système développé par la SECA (Société européenne de contrôle d'accès), et rebaptisée ensuite Canal + Technologies SA, une filiale du groupe Canal +, cédée à Thomson. Puis Canal + Technologies SA a été divisée en deux sociétés par Thomson en 2003, le Mediaguard vendu à Nagra France et le MediaHighway à NDS France. Le Mediaguard a été mis sur le marché européen en 1996. Il est également utilisé au Moyen-Orient et en Asie. Le Mediaguard est surtout utilisé par Canal +. Le système original Mediaguard a été piraté en masse à la fin des années 1990, apparemment par un groupe rival, NDS. Il est aujourd’hui à sa version 3, qui est très peu piraté («sharing»). Avec le Viaccess et l’Irdeto, c’est l'un des systèmes les plus utilisés aujourd’hui par les opérateurs de TV. Au départ, Canal+ a misé sur un système propriétaire embarqué sur leurs récepteurs (Goldbox), le Seca. Mais l'inattendu s'est produit : le fabricant français de matériel satellite Aston, à sa tête un Algérien (Nacer Kabouya), développe une CAM compatible, ce module appelé au départ Aston Seca puis AstonCrypt. La compatibilité, avec les cartes Médiaguard, n'est pas totale mais ceci pousse quand même SECA à ester Aston en justice et par la suite abandonner définitivement ses rêves de monopole.
Videoguard

Le Videoguard développé par NDS, société filiale de NewsCorp appartenant à Rupert Murdoch. Ce système a été utilisé par BSkyB pour le bouquet numérique Sky, et aujourd'hui il y a plusieurs fournisseurs qui l'utilisent. VideoGuard (parfois simplement appelée NDS), produit par NDS, est un système de cryptage numérique. Il est utilisée presque exclusivement par BSkyB's Sky Digital au Royaume-Uni et l'Irlande et DirecTV aux Etats-Unis. Plusieurs autres diffuseurs à travers le monde utilisent le système VideoGuard, y compris Viasat (Scandinavie), Sky Italia (Italie), Sky Television Network (New Zealand), Foxtel (Australie), Tata Sky & Hathway (DVB-C) (Inde), Astro, D Smart (Turquie), TotalTV (Balkans), ONO (Espagne), la Canadian Broadcasting Corporation (Canada), China Central Television (Chine) et Telewizja Polska (Pologne). Puisque la majorité des contenus fournis par des sociétés comme BSkyB exige un abonnement, VideoGuard protège que le contenu en cryptant les deux canaux d'abonnement standard et le payper- view (payement à la séance). Déjà en service en Amérique depuis 1997, le système VideoGuard a été introduit au Royaume-Uni par NDS en 1998 avec le lancement de Sky Digital, le remplacement du système VideoCrypt en usage sur la radiodiffusion analogique Sky. A ce jour, malgré le piratage généralisé du service DirecTV aux Etats-Unis entre 1997 et 2002, au Royaume- Uni, ce piratage est inexistant. En résumé, nous avons essayé de vous décrire les systèmes de cryptage utilisés et nous espérons avoir réussi.
Nacer Aouadi



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2010/01/23/article.php?sid=94637&cid=46