Actualités : PROTECTION DES DONNÉES PERSONNELLES SUR INTERNET
L’Algérie à la traîne


L’Union européenne envisage de revoir la législation qui régit la protection des données personnelles mises en ligne sur Internet. En Algérie, où l’usage des réseaux sociaux est en plein essor, la protection des données n’est régie par aucun texte législatif. Viviane Reding, la commissaire européenne chargée de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, est fermement décidée à mettre de l’ordre dans la Toile.
Objectif : imposer une réglementation très stricte en matière de protection des informations des utilisateurs d’Internet. C’est que cette femme politique luxembourgeoise connaît parfaitement le dossier. Elle a été, durant 5 ans, à la tête de la commission chargée de la Société de l’information et des médias. Pour ce faire, elle envisage de revoir la directive européenne relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données. Adopté en 1995, ce texte a fini par devenir totalement désuet face au développement de l’internet. L’amendement de cette directive devrait permettre de réglementer l’accès de certaines informations personnelles, notamment celles mises en ligne sur les réseaux sociaux. Facebook, Twitter et autre Myspace seront les premières cibles de ces mesures. En fait, l’essentiel des profits réalisés par ces entités proviennent de la vente de données qui permettent le profilage des internautes à des fins publicitaires. Les nouvelles mesures devraient surtout sécuriser des données qui pourraient être utilisées à des fins criminelles. Il existe donc une réelle prise de conscience au niveau des Etats membres de l’Union européenne. Mais qu’en est-il pour l’Algérie ? La problématique se pose avec acuité, la communauté des internautes algériens ne cesse de prendre de l’ampleur ces dernières années. L’arsenal législatif en matière d’Internet est des plus pauvres. Il n’est composé que d’un seul et unique texte: la loi portant règles particulières relatives à la prévention et à la lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication. Entrée en vigueur en août 2009, cette loi comporte plutôt des dispositions restrictives pour les internautes. Elles visent avant tout à assurer une surveillance de l’ensemble des informations qui transitent sur la Toile. Le but principal est de lutter activement contre le cyberterrorisme. Mais à aucun moment il est fait mention du concept de «protection des données personnelles». Les utilisateurs algériens, véritables accros des réseaux sociaux, ne disposent d’aucune sécurité. En attendant une réelle prise de conscience du législateur, il est fortement conseillé d’éviter de publier des informations personnelles et confidentielles sur le web.
Tarek Hafid

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