Actualités : SONATRACH
La moins sociale des entreprises algériennes


Si elle dépense énormément à organiser le stretching au profit de ses cadres et employés, la Sonatrach, colosse économique, reste la moins sociale des entreprises algériennes. Elle ne peut prétendre, en tout cas, à quelque palme en matière de solidarité sociale.
Sofiane Aït-Iflis - Alger (Le Soir) - Certainement que la Sonatrach, de part la nature de ses activités, économique et commerciale, n’a pas senti le besoin de soigner son image par «la bonne action», le marketing en vogue auquel ont recours quasi systématiquement les entreprises toutes tailles confondues. Sonatrach se considère, peut-être, comme un label qui se suffit à lui-même, qui vit de l’éclat des torchères qui brûlent et du cours en hausse du brent sur les places boursières internationales. Sinon comment expliquer qu’une entreprise de la dimension de la Sonatrach soit restée à la traîne en matière de solidarité sociale, alors que, de tradition, les entreprises nationales intégraient cette dimension dans le schéma global de leurs activités. Du moins elles étaient présentes, chacune selon ses capacités, lorsque les situations l’exigeaient, comme lors des catastrophes naturelles. L’Algérie en a, malheureusement, connu deux de majeurs au cours de cette décennie : les inondations de Bab-El-Oued en 2001 et le séisme de Boumerdès en 2003 et la Sonatrach ne s’est pas illustrée dans un engagement solidaire, du moins à travers une implication qui vaut d’être notée. Ceci pendant que des entreprises de droit privé se sont rappelées le devoir de solidarité et ont agi. Des entreprises qui n’ont ni l’envergure ni la santé financière de la Sonatrach. L’entreprise sociale, aussi identité algérienne, a tendance à devenir l’apanage des entreprises et consortiums étrangers présents en Algérie. Ce sont plus, pour l’exemple, les opérateurs de téléphonie mobile Djezzy et Nedjma que Sonatrach qui se sont illustrés dans ce rôle, ces dernières années. Tel est le constat, même s’il est vrai que le rapport au marketing d’image diffère totalement entre ces deux fournisseurs de services et la Sonatrach. Mais, même si les attendus et les dividendes commerciaux calculés ne sont pas identiques, ceci ne devrait pas, dans l’absolu, empêcher cette dernière de jouer le même rôle social. Ceci est valable pour le sponsoring sportif où la Sonatrach n’est pas particulièrement agressive. Il est donné surtout de noter qu’elle n’a pas été un sponsor de l’équipe nationale de football qui, cette année, a réussi la performance de participer à deux tournois finaux, la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde. Ce sont toujours Djezzy et Nedjma qui se sont disputés cet honneur de sponsoriser les Verts. Et ça ne convaincra personne de dire que la Sonatrach est restée en retrait pour cause de difficultés de trésorerie. D’aucuns savent que l’entreprise a une bonne assise financière. Bonne, en dépit des scandales qui l’éclaboussent. Alors la question de savoir pourquoi la Sonatrach est restée timorée sur le problème de la solidarité sociale et le sponsoring sportif pendant que des entités économiques moins importantes y sont allées avec panache se pose ? Son peu d’entrain à s’engager sur ces deux vecteurs ne l’a pas soustraite aux feux de la rampe. Les scandales l’y ont bien propulser au devant… l’image bien ternie.
S. A. I.

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