Régions : ORAN
L’UGEA monte au créneau


L’organisation patronale, UGEA, a tenu la semaine dernière à l’hôtel Royal d’Oran une rencontre extraordinaire regroupant les fédérations de l’Ouest.
Au menu de ce rendez-vous plusieurs questions liées à la situation du BTPH, des difficultés rencontrées par les entreprises du secteur ainsi que le projet de loi concernant la promotion immobilière. Le président de l’UGEA, M. Dennouni, ne manquera pas de s’exprimer dans le détail sur ces questions en tenant une conférence de presse durant laquelle il sera très critique envers les entreprises étrangères à qui ont été confiés de grands projets. L’orateur n’ira pas par quatre chemins pour dénoncer ces entreprises et tous les avantages mis en place pour elles. «Les entreprises algériennes connaissent beaucoup de contraintes parce qu’elles subissent une concurrence déloyale ! La priorité est donnée aux entreprises étrangères que ce soit pour les prix bien plus avantageux que ceux accordés aux entreprises algériennes, pour l’approvisionnement en ciment et autres... Alors que les sociétés algériennes attendent parfois 6 mois pour se faire payer, elles, elles le sont immédiatement…» Et à l’intervenant de poursuivre : «C’est un bilan négatif qu’ont apporté ces entreprises étrangères, nous n’avons pas besoin d’elles pour construire et réaliser les projets.» M. Dennouni argumentera en expliquant que dans tous les chantiers et projets, ces entreprises étrangères sous-traitent toutes avec des sociétés algériennes, ce sont ces dernières qui réalisent ; en fait, les étrangers se contentent de ramener un ingénieur chef de projet et d’avancer des chiffres. «6 % des projets sont donnés à ces sociétés étrangères de 2005 à 2009. Elles ont gagné 23 à 24 milliards de dollars et 12 milliards pour les bureaux d’études étrangers ; de plus, cet argent elles le rapatrient à l’étrangers. Pour le projet de l’autoroute qui a coûté jusqu’ici 12 milliards de dollars, ce sont seulement 1000 ingénieurs algériens qui ont été formés.» L’orateur exigera dans cette situation un changement de la loi et de revendiquer une politique économique patriotique avec encore un autre argument : tant que nous n’avons pas adhéré à l’OMC, nous devons appliquer une protection de l’économie nationale et de souhaiter voir l’Etat renforcer son rôle dans la régulation du secteur et contrôler. Pour ce qui est des critiques souvent formulées contre les entreprises algériennes du BTPH, mauvaise qualité des travaux, savoir-faire, etc., le patron de l’UGEA s’emporte en disant : «C’est un discours qui ne tient plus la route, il y a eu des efforts faits dans ce sens par les entreprises algériennes.» En ce qui concerne le projet de loi sur les promotions immobilières, là aussi la critique est franche au sein de l’UGEA puisque ces derniers rejettent totalement le projet tel que prévu. «C’est un code pénal, nous ne voulons pas de ce texte, ce n’est pas comme cela que les problèmes vont se régler ; s’il y a des promoteurs voyous véreux, il ne faut pas nous mettre tous dans le même sac…» L’UGEA doit d’ailleurs organiser très prochainement ses assises nationales où seront débattus tous ces problèmes.
Fayçal M.

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