Actualités : ALORS QUE L’ANNÉE SCOLAIRE A ÉTÉ COURTE ET BÂCLÉE
Les parents d’élèves entre résignation et inquiétude


L’année scolaire s’achève en queue de poisson. Elle aura été l’une des plus courtes de l’histoire de l’Algérie en raison des larges mouvements de grève qui l’ont jalonnée, au grand dam des parents d’élèves qui redoutent, avant tout, que leurs enfants en pâtissent. Ceci d’autant que la Coupe du monde, l’événement planétaire qui se déroulera au mois de juin prochain, imposera l’achèvement des cours prématurément à la fin du mois de mai.
F.-Zohra B. - Alger (Le Soir) - Dès le début de l’année scolaire, les syndicats autonomes ont annoncé la couleur en entamant une grève qui s’est étalée sur 21 jours, provoquant le courroux des associations des parents d’élèves. Les grèves et journées de protestation se sont poursuivies par la suite, paralysant les cours et obligeant la tutelle et les responsables des établissements à établir dans l’urgence un programme de rattrapage en vue d’achever le programme. Mais le stress rattrape les parents d’élèves à l’approche des examens de fin d’année. Et si certains d’entre eux affichent une attitude calme, arguant que les sujets d’examens ne porteront que sur les leçons reçues, d’autres paniquent du fait que leurs enfants n’ont pas assimilé tous les cours. Pour A. Mohamed, père d’une collégienne, la situation est préoccupante. Pire, dira-t-il, elle est désespérée, puisque, selon lui, sa fille, perturbée pas la série de grèves, a vu son niveau baisser. «Nous sommes inquiets et aurions préféré que cette année soit déclarée blanche. Il ne sert à rien de se voiler la face en voulant à tout prix nous rassurer que les sujets ne porteront que sur les cours dispensés », a déclaré le parent d’élève. Mme Lamia D. abondera dans le même sens en confiant qu’elle consacrera les vacances scolaires de ses enfants aux cours de soutien intensifiés. «J’ai trois enfants scolarisés dans les différents paliers et on ne se résout pas à partir en vacances car nous avons remarqué une baisse de leur niveau et il faut qu’ils se rattrapent en prévision de l’année prochaine. Il est sûr que les cours de rattrapage ne leur ont pas suffi pour assimiler les cours ratés», s’indigne cette maman. Faisant référence, par ailleurs, à la Coupe du monde qui implique que l’année scolaire sera impérativement bouclée à la fin du mois de mai, d’autres parents ont insisté sur le fait qu’aucun événement ne nécessite que l’année soit «bâclée» et le programme pédagogique sérieusement amputé. «Nos enfants ont déjà souffert des séries de grèves, ils n’ont pas assimilé tous les cours et devront, en sus, terminer les cours et les examens le 25 mai. Cette situation est inquiétante, et la tutelle aurait mieux fait de proclamer l’année blanche», explique une autre parente d’élève. Mais ces avis ne sont pas partagés par tous les parents puisque certains d’entre eux s’estiment satisfaits du fait que leurs enfants ne seront examinés que sur les cours dispensés au cours de l’année. Ils voient ainsi une possibilité pour leur progéniture de ne réviser qu’un nombre réduit de cours et d’avoir un maximum de chances de passer en classe supérieure. «Mes enfants ont pu terminer le programme de rattrapage au niveau de leurs établissements scolaires, et franchement, nous préférons être optimistes et aborder les examens de fin d’année dans la sérénité. Ainsi, ils n’auront à réviser qu’un nombre réduit de cours, ceux qu’ils auront terminés d’ici la mi-mai», explique un parent d’élève. Si les avis des parents divergent, il n’en demeure pas moins que les élèves, en dépit de l’intensification des cours de rattrapage et de la limitation des sujets d’examen, subiront inévitablement les effets d’une année scolaire menée tambour battant et interrompue par des grèves cycliques.
F.-Z. B.



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