Actualités : RÉUNION HIER DU CONSEIL DES MINISTRES
Ce que veut réaliser Bouteflika


Abdelaziz Bouteflika a lancé, hier lundi, son fameux plan quinquennal 2010-2014 au cours d’une réunion du Conseil des ministres quasi exclusivement consacrée à ce que le communiqué de la présidence désigne par «le programme d’investissements publics pour la période allant de 2010 à 2014».
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Ce plan spécial, le troisième du genre, est un engagement électoral de Bouteflika. C’est en quelque sorte ce qu’il proposait comme programme pour son troisième mandat. Et cette fois, le montant financier mobilisé est un chiffre record : 286 milliards de dollars, l’équivalent de 21 214 milliards de dinars, soit, si l’on préfère le chiffre astronomique de 2 121 400 de milliards de centimes ! Ce programme comporte deux volets, comme le précise le communiqué du Conseil des ministres : «Le parachèvement des grands projets déjà entamés, notamment dans les secteurs du rail, des routes et de l’eau (130 milliards de dinars) et l’engagement de projets nouveaux pour un montant de 156 milliards de dinars». Le programme touchera tous les secteurs et l’on peut citer en termes concrets quelques chiffres contenus dans le communiqué de la présidence : 5 000 établissements pour l’éducation et l’enseignement supérieur, 1 500 infrastructures de santé, dont 172 hôpitaux, 2 millions de logements, 5 000 infrastructures pour le secteur de la jeunesse et des sports, dont 80 stades et 400 piscines. De même que le secteur des ressources en eau sera renforcé par 25 nouveaux barrages et d’importants autres projets pour les secteurs des travaux publics et des transports, des collectivités locales, de la justice, de l’emploi, des PME-PMI, de l’agriculture, etc. Bouteflika précisera, entre autres, lors de la réunion d’hier que «nulle période de renaissance économique ne serait irréversible si elle ne produisait les capacités de sa propre continuité». Pour lui, ces lourds investissements de l’État ne doivent être perçus que comme un moyen de création d’un environnement favorable à la croissance économique pour permettre au pays de se libérer de «sa dépendance des hydrocarbures qui sont éphémères». Dans le même communiqué, on notera d’autres phrases dont le «ton» est caractéristique de l’homme. «Chaque secteur, dira Bouteflika, rendra compte annuellement de l’exécution diligente de son propre programme et nous procéderons annuellement à l’appréciation de la situation financière du pays pour, le cas échéant, tenir compte de nos moyens financiers, car nous excluons par avance tout recours à l’endettement extérieur». Spontanément, l’on ne peut ne pas penser à la cascade de scandales de corruption qui ont «accompagné» les deux précédents plans quinquennaux dont les plus retentissants restent ceux qui ont éclaboussé les secteurs de l’agriculture, des travaux publics et, tout récemment encore, celui de l’énergie et des mines. Et d’ailleurs Bouteflika aussi ! «Nous accompagnerons ainsi cette importante dépense publique de développement avec la rigueur nécessaire pour bannir tout excès et surtout tout gaspillage dans le fonctionnement de l’État et des collectivités locales. Parallèlement, les mécanismes de contrôle devront jouer pleinement leur rôle comme je l’ai déjà ordonné dans ma récente directive. » Une manière à lui de faire «sienne» la campagne anti-corruption qui a déjà décimé la Sonatrach... Puis, le communiqué précisera : «Le président de la République a appelé les membres du gouvernement à s’atteler à une campagne d’exploitation du contenu de leur programme sectoriel à travers les médias et à l’occasion de leurs visites sur le terrain.» Là aussi, l’on ne peut s’empêcher de penser aux récurrentes rumeurs sur le remaniement du gouvernement. En donnant publiquement mission à l’exécutif, il apparaît clairement que Bouteflika ne compte nullement s’en séparer de sitôt. Des sources bien informées parlent, ceci étant, d’un léger «réaménagement » avec notamment «quelques permutations » qui devraient être rendues publiques, fort probablement le week-end prochain.
K. A.

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